Osman Jérôme

Haïti, l’échantillon d’une transition démocratique en perdition

Michel Martelly et Jean-Claude Duvalier/Crédit photo : www.haitilibre.com
Michel Martelly et Jean-Claude Duvalier/Crédit photo : www.haitilibre.com

Les sociétés démocratiques ne sont pas tombées du ciel. Elles y parviennent au prix de longues luttes. L’apprentissage démocratique est un processus complexe et fragile. Il exige des sacrifices énormes.

Le début des années 80 marque un tournant historique dans la vie politique en Haïti. Après 27 ans d’une dictature impitoyable, sanglante…, des mobilisations musclées ont fini par mettre fin au long pouvoir corrosif des Duvalier (père et fils).

Dans cette euphorie populaire qui accapara le pays, ce fut la rentrée triomphale d’Haïti dans une transition, dite DÉMOCRATIQUE, disait-on. Mais, le pays, a-t-il profité de ce revirement politique ?

Des débuts difficiles…

En effet, devant les membres de la communauté internationale, témoins et superviseurs, le pays est divorcé d’un système arbitraire pour se fiancer cette fois-ci avec une nouvelle pratique politique, dont tout le monde serait bénéficiaire.

Néanmoins, ce changement qu’on a voulu être pacifique, va rencontrer des grandes difficultés, notamment avec des persécutions acharnées contre les proches du régime déchu.  Des véritables « dechoukay » (chasse à l’homme) ont gagné les principales villes du pays.

D’un autre côté, il fallut redéfinir le concept de l’État qui, durant le règne duvaliériste, était plutôt un culte à la personnalité du Président. Quelles sont les nouvelles directives à prendre pour orienter une République fraichement sortie d’un régime totalitarisme criant ? Comment cicatriser les plaies d’une société qui porte encore les marques des « koko makak » (coups de bâton) des « tontons macoutes »? Comment poser les premières bases d’un nouveau système politique d’une nation déchiquetée, torturée, traumatisée par un long régime tyrannique ayant implanté une psychose de peur dans la pensée de tous les Haïtiens d’Haïti et d’ailleurs ?

En effet madame, monsieur, sur le plan général, l’immédiat de l’après Baby Doc n’était pas facile.

En 1990, le pays a fait expérience de ses premières élections démocratiques. De cette grande première, Jean-Bertrand Aristide est arrivé à la tête du pouvoir.

Après seulement 7 mois de gouvernance, l’ancien prêtre de Saint-Jean Bosco est renversé par un coup d’État militaire le 30 septembre 1991. Et depuis, c’est une crise politique à ne jamais finir.  Le pays patauge dans une transition démocratique jamais effective.

Processus démocratique, où en est Haïti ?

À bientôt 30 ans de la chute dictatoriale, seul René Garcia Préval a eu le mérite de boucler ses deux mandats sans un quelconque renversement. Il est digne d’un fauteuil en or celui-là.

Aujourd’hui, Michel Martelly qui, lors de sa campagne électorale a promis de rompre avec les mauvaises pratiques léguées par ses prédécesseurs, ne peut pas s’empêcher de commettre les mêmes bavures. Voire même aller trop loin dans ses frasques. À tel point que son départ est réclamé. L’État de droit qu’il a prôné avant son arrivée au pouvoir reste encore à l’oral.

Par conséquent, malgré le poids des ans, les cicatrices des crises, le prix de l’indépendance, le pays semble encore être très loin à atteindre  la maturité démocratique. Il y a toujours une paralysie quelque part. Les mêmes démons causent toujours les mêmes blocages.

Et alors…

Le concept de la démocratie,  pris dans le sens large du terme, n’est pas seulement l’absence de la dictature, ou le fait de pouvoir aller aux urnes, jeter un bulletin. C’est beaucoup plus  profond.

La démocratie demande entre autres ; une maturité politique, une dépendance économique, un équilibre social pour le bien-être de tous. Donc, le pouvoir du peuple, par le peuple et pour le peuple.

En effet, la démocratie qui se veut être sans farce,  a pour  finalité ; procurer la satisfaction de tous ; avec justice, droit et liberté. Et ce, dans tous les aspects de la vie nationale. D’ailleurs, c’est  la façon équitable d’organiser le pouvoir dans une société.

Maintenant, en vertu de cette complexité qui entoure l’établissement de la démocratie. Et, parallèlement à ce qui fait actuellement en Haïti, sans vouloir voir le verre à moitié vide, la première République noire indépendante du monde a encore du chemin à parcourir pour atteindre cette équité sociale. Surtout en ce qui concerne les services publics. Car, aucun pays ne peut pas se vanter d’être démocratique sans le droit à la santé, à la justice et à l’éducation.

En fait, pour parvenir à ce but [rentrer dans la démocratie], tout d’abord, la conscience collective du peuple doit être réactivée. Que les forces vives de la nation reconnaissent cette nécessité de changement du pouvoir public. Le pays a déjà trop enduré, trop perdu de cette ingérence politique qui parait de jour en jour sans issue.

Ensuite, il faut une vraie solidarité nationale et internationale sans les duperies et les rhétoriques auxquelles nous sommes trop fatigués. En lieu et place de ces « millions démagogiques », le pays a plutôt besoin d’une série de plan viable, qui se tourne autour des programmes de développement.

À bien regarder depuis quelque temps, les appuis financiers de la communauté internationale sont loin  de favoriser un vrai processus démocratique en Haïti. Les aides servent rarement aux causes qu’elles ont été destinées. Donc, « Des aides qui n’aident pas ». Une véritable « Assistance mortelle », pour reprendre Raoul Peck.

Il est évident, à court ou à long terme, le pays aura toujours besoin du soutien de la communauté internationale pour son émancipation, notamment sur le plan démocratique.

Cependant,  il revient à l’Haïtien de faire le premier pas. De se réveiller de cette léthargie inquiétante. Bâtir son propre destin en tant que peuple. Sinon, cet état de droit, cette transition démocratique  ne sera que de l’utopie.

Osman Jérôme


Aux autorités haïtiennes et dominicaines

Danilo Medina et Michel Martelly. Crédit photo: https://www.holapolitica.com/
Danilo Medina et Michel Martelly. Crédit photo: https://www.holapolitica.com/

Médusé par ce qui se passe actuellement entre Haïti et République dominicaine, psychologiquement, je suis plutôt désamorcé dans mes pensées. Tout s’enlise dans mon esprit.

Pendant quatre ans de résidence ici en République dominicaine, malgré des petites scènes de raciste dont j’ai été déjà victime,  je n’ai jamais été aussi alarmé quant aux rapports entre les deux nations

Les derniers incidents diplomatiques, semblent avoir gain de cause de mon optimisme, au point même d’écrire ce papier, qui se veut un appel à un franc dialogue entre les dirigeants des deux États.

Géographiquement, Haïti et République dominicaine partagent la même île.  Séparés par des frontières, pourtant, les relations politico-diplomatiques ne sont pas toujours très bonnes entre Port-au-Prince et Saint Domingue. Il y a toujours des contentieux qui créent des troubles entre les deux peuples.

La récente décision de la Cour constitutionnelle dominicaine de déchoir la nationalité dominicaine à des milliers immigrants pour la plupart d’origine haïtienne, les récentes brimades suivies de déportations massives des Haïtiens à Neyba, viennent fragiliser des rapports déjà souffreteux entre les deux républiques voisines.

En fait, il faut tout de même reconnaître que, au point de vue historique, les relations entre Haïti et République dominicaine sont marquées par des conflits politiques et diplomatiques. Tantôt commercial ou migratoire, y a toujours des faits pour légitimer les tensions récurrentes entre les deux pays.

Et voilà depuis déjà quelques semaines, Haïti et République dominicaine retiennent les attentions au niveau de la région. Et pour une autre fois, ce n’est ni pour un équilibre commercial entre les deux pays, encore moins une harmonisation dans les relations diplomatiques des deux Etats qui sont appelés à vivre ensemble. Au contraire.

Au milieu de ces scandales, qualifiés d’anomalie diplomatique par certains observateurs, les émotions atteignent leur point d’ébullition des deux côtés de la frontière. Les populations se laissent transcender par leurs sentiments nationalistes. Des Dominicains demandent l’expulsion des Haïtiens de leur territoire. Des intellectuels haïtiens signent une pétition pour demander à la population de boycotter les produits dominicains. Tout est dit dans la plus nudité des choses.

Étudiants, professionnels, travailleurs, peu importe son statut migratoire, aujourd’hui, aucun, aucun haïtien a la vie tranquille en République dominicaine. Voire que les rumeurs sont porteuses de toutes les infos accablantes.

Les violons ne s’accordent plus entre Haïti et République dominicaine. Depuis quelques jours, l’orchestration diplomatique est cacophonique. Personne ne peut l’ignorer. Une situation qui ne peut pas être motif de joie pour aucun des deux pays condamnés à vivre comme amis.

Appel 

Aux dirigeants dominicains et haïtiens, il est temps de jeter les vieux contentieux historiques. L’heure doit être plutôt aux francs dialogues. Développer des projets bilatéraux qui seront profitables à tous.

Le monde change, les sociétés évoluent messieurs. Les attitudes revanchardes ne vous conduiront nulle part, sinon aux conséquences économiques désastreuses pour les deux peuples. Pensez plutôt maintenant à l’harmonisation des deux républiques qui forment une seule terre.

Aujourd’hui, plus que jamais, il est temps de créer un climat de confiance pour une bonne harmonisation diplomatique, commerciale entre les deux nations. Donc, que personne ne se sente pas lésée.

À vous, chères autorités haïtiennes ; je suis conscient que la tâche est difficile. Il s’agit d’un projet à long terme; commencez par créer des conditions de travail en Haïti. Je vous assure que ça va réduire le flux migratoire des Haïtiens qui ruent quotidiennement vers la république voisine, même au péril de leur vie. C’est vrai que la muraille de Jéricho n’a pas tombé dans un jour, mais la volonté y était pour faire les sept tours.

À vous, honorables dirigeants dominicaines ; je ne viens pas vous faire la loi. D’ailleurs, je n’ai pas ce droit.  Nous sommes en 2013; comment est-il possible que vous continuez à nourrir cette vieille et stupide campagne anti-haïtienne ? Si   le tyran Rafael Trujillo a construit cette idéologie raciste dans la mentalité dominicaine, aujourd’hui, vous, les intellectuels dominicains,  vous n’êtes pas à appeler à cautionner cette bêtise humaine, ayant conduit au triste massacre de plusieurs milliers citoyens d’Haïtienne. Car, Pour une raison ou une autre, République Dominicaine a besoin d’Haïti, comme Haïti a besoin d’elle aussi.

Et c’est au prix de ce respect mutuel, cette franche harmonisation diplomatique, cet équilibre commercial, que les deux États finiront par s’entendre pour le développement de l’île d’Haïti, dont les deux pays partagent les frontières.

Osman Jérôme


Haïti: l’homme est un « loup » pour l’environnement

Haïti-Environnement : Crédit photo Osman Jérôme
Haïti-Environnement : Crédit photo Osman Jérôme

Nous devons protéger la nature pour nous protéger nous-mêmes : « D’abord c’est l’arbre qui meurt, ensuite c’est l’homme ».

Cette réflexion est tirée du succulent ouvrage « qui suis-je, et si je suis, combien ? Voyage en philosophie », de l’imminent philosophe allemand Richard David PRECHT.

Un environnement hygiénique est profitable à la croissance physico-émotionnelle de l’homme. C’est un facteur de longévité pour l’espèce humaine.

La nature est belle quand elle est saine. Mais, on peut aussi faire l’expérience de sa cruauté quand elle n’est pas protégée.

La problématique de l’environnement est d’ordre mondial. Presqu’aucun pays n’y échappe. Toutefois, il existe des coins où la plaie est plus béante.

Haïti et la vulnérabilité écologique

Au regard de ce rapport désintéressé  que développe l’homme haïtien avec son milieu, écologiquement, la République devient faible. Et cette fragilité a déjà fait trop dégâts. Glissements de terrain, inondations, séismes, le bilan des préjudices est lourd, très lourd.

Et malgré tout, on dirait que ça ne dit rien à personne. Les gens agissent, construisent comme bon leur semble. Peu importe le suicide collectif que cela entraîne.

De gouvernement en gouvernement, la question de la protection de l’environnement n’est jamais abordée de manière sérieuse. Ce n’est que toujours de la politique de l’urgence, surtout quand il y a des inondations, des catastrophes et autres.

Déforestation alarmante

« Avant l’occupation américaine (1934), la couverture forestière représentait 60% de la superficie totale d’Haïti. Après l’occupation américaine, en 1945, la couverture forestière est réduite à 21%. En 1985, elle a décliné jusqu’à 8 à 9% en 1954″. Et en 2009, elle a chuté jusqu’à 1,5 %.

Durant ces dernières années, de manière effrénée, le déboisement a connu une triste célèbre popularité en Haïti. La coupe anarchique des arbres, devient comme par obligation, une source de revenus économiques pour les paysans.

Par ailleurs, jusqu’à présent, l’utilisation du charbon de bois reste une pratique très en vogue pour la cuisson dans la famille haïtienne. Et n’en parlons même pas de certaines entreprises (restaurants, boulangeries, blanchisseries) qui, pour être fonctionnelles, encouragent donc le pillage de nos forêts.

Constructions anarchiques

La terre et tout ce qu’elle renferme est à Dieu, à l’homme aussi. Souvent, l’homme haïtien en a fait un usage chaotique.

Et d’ailleurs, comment ne pas sombrer dans le marasme environnemental, quand les normes de construction ne sont pas toujours respectées dans un pays exposé à des catastrophes naturelles ?

Avant l’apocalypse du 12 janvier 2010, Haïti, vieux de plus de deux siècles d’indépendance, ne posséda pas encore son propre Code de construction pour le bâtiment. Pas de drame hein. On se sert du Code des autres.

Après le séisme cataclysmique, des experts étrangers et haïtiens ont élaboré un guide relatif aux règles de construction de bâtiment en Haïti. Jusqu’à présent, si ce document est prêt, n’est pas toujours populaire.

En Haïti, notamment dans les milieux urbains, toute partielle de terre est bonne à construire.  Concentration massive. Bidonvilisation croissante. Surpopulation insupportable. Donc, l’environnement devient forcement hideux.

La problématique des déchets plastiques

L’Haïtien de ma génération, semble perdre de jour en jour le goût de la propreté. Tout ce qui est bon pour la poubelle est plutôt éparpillé dans les coins des rues.

Les produits emballés en plastique envahissent agressivement le marché local. Ils viennent sous toutes formes. Très souvent après consommation, ces assiettes, bidons, sachets et autres sont tirés par terre.

Par conséquent, à défaut d’une bonne politique d’assainissement, les déchets plastiques ont souvent gain de cause des égouts, des carnivores. Ils les obstruent la circulation des eaux. Donc, à moindres averses, les rues sont devenues laides.

Ces détritus, non biodégradables, représentent donc un sérieux  danger pour la santé de la population.

Rarement recyclés, ces déchets plastiques contribuent à la popularité d’un phénomène d’insalubrité déjà insupportable dans certaines régions du pays.

Et, bizarre que cela puisse paraître, certains gros tas d’immondices  servent désormais pour indiquer des adresses. « Delmas 32, Rue Z, tout juste après la grosse pile de fatras qui est au coin », m’a fièrement indiqué un ami, à qui je devrais rendre visite récemment. Mais quelle commodité hein 🙂

Responsabilités de l’État

Nous ne pourrons pas dans un seul billet, vous énumérer les diverses formes de violence que subit l’environnement en Haïti. Néanmoins, au regard de certaines nouvelles stratégies entreprises par le nouveau gouvernement, y a de quoi à espérer un aller mieux pour l’écosystème haïtien.

Cette année de 2013 qui s’achève, a été décrétée « Année environnementale à Haïti ». L’objectif des autorités est de planter 150 millions d’arbres d’ici 2016.

En effet, contenu de la fragilité du pays à des érosions et de toutes autres formes de désastres naturels, cette initiative, est plus que louable. Bravo !

D’autre part, « A l’instar de Cuba, Haïti va être soumis à de nouvelles expériences dans le domaine du reboisement forestier ». « A partir de l’année prochaine, les experts cubains utiliseront un système d’aspersion aérienne de semence afin de reboiser les villes du pays enclins aux catastrophes naturelles ». L’objectif de cette démarche, est d’augmenter la couverture végétale du pays de 5%, a fait savoir Jean François Thomas, le ministre de l’Environnement.

Devoirs citoyens

À force de s’habituer aux drames, l’Haïtien devient insensible face à certaines situations. Et mène désormais une vie de résilience. Tout ce qui arrive, arrive. Et la vie continue 🙂

En effet, pour ce qui est de la protection de l’environnement, l’homme haïtien est appelé à changer de conduite. Car, le danger est bien là.

En fait, pas besoin d’être écologiste, pour comprendre que, entre l’homme et l’environnement, il existe un lien intime. Un rapport causal.

Cependant, au lieu d’être son protecteur, d’une forme ou une autre, l’homme n’a cessé de contribuer à la dégradation systématique de son milieu. Désormais, nous sommes face à une situation critique qui exige la conscience collective et la collaboration de tous pour éviter le pire.

Cela dit, dans un dynamisme de proximité, l’homme (l’Haïtien) doit dorénavant garder une relation éloquente avec son environnement, pour que ce dernier ne devienne pas son pire ennemi.

D’ailleurs, la meilleure façon de renforcer notre capacité à vivre dans notre environnement, est de le protéger de manière durable.

À bon entendeur, salut !

Osman Jérôme 


Haïti, dans l’impasse d’une politique fantaisiste

Michel Martelly, Jean Tholbert Alexis et Desras Simon Dieuseul (présidents des deux chambres). Source : Le Nouvelliste
Michel Martelly, Jean Tholbert Alexis et Desras Simon Dieuseul (présidents des deux chambres) (Source : Le Nouvelliste)

Liberté-Égalité-Fraternité: Haïti, République des politicards.

Dans toutes sociétés plus ou moins évoluées, la politique, prise comme « Art et pratique du gouvernement des sociétés humaines » [Le Petit Robert de la langue française, version 2006],  est un outil de développement. Un garant de paix et de sécurité (sociale et économique). Mais non une espèce de rétorsion.

Œuvre du désir, du sentiment, de l’émotion, de la connaissance de l’homme, aucun système politique du monde n’est parfait. Certains sont plus corrompus, plus ridicules que d’autres.

Comme dans les autres pays du monde, nous autres en Haïti, nous avons notre propre façon de faire la politique. Oui, une manière traditionnelle, fortement estampillée par le sceau du risible. En fait, une politique fantaisiste depuis quelque temps.

 Des éternels opposants

Dépendamment de la société, les motifs d’une carrière en politique sont divers : se mettre au service de sa communauté, participer à l’émergence de son pays, donner corps à une nouvelle aventure, entre autres.

Cependant, loin de toutes ces raisons, ici en Haïti, il y a aussi ceux qui se versent dans la politique pour faire fortune et/ou assouvir leur mégalomanie excessive. Derrière chaque homme politique, se cache une ambition. Même si ce n’est pas toujours la bonne.

Donc, une fois au pouvoir, ces politicards font des acquis de l’État, leurs biens privés. Ils ne veulent surtout pas se séparer de leur titre honorifique et bénéfique. Le pouvoir politique en Haïti est une obsession. Tout le monde veut y accéder. Pour faire quoi ?

Dans « Regards sur le monde actuel« , Paul Valéry avait raison de dire que : « La politique consiste dans la volonté de conquête et de conservation du pouvoir ; elle exige, par conséquent, une action de contrainte ou d’illusion sur les esprits, qui sont la matière de tout pouvoir. »

En effet, pour contrecarrer tout régime qui veut ériger le totalitarisme, gouverner dans le désordre institutionnel, de 1985 à aujourd’hui, Haïti a connu plusieurs soulèvements historiques.

Entre-temps, il y a des noms, des familles qui deviennent tout simplement des célébrités de la politique haïtienne. Tantôt pour, tantôt contre, ils sont au cœur de tous les mouvements. D’ailleurs, l’important c’est d’être là ?

Je vous fais donc pitié de citer des noms, mais la scène politique haïtienne de ces dernières années, a toujours connu les mêmes visages, les mêmes acteurs. Et presque toujours avec le même statut d’opposant.

En fait, parallèlement à ces éternels opposants, il existe aussi un groupe qui se laisse toujours porter par le courant politique du moment. Adversaires d’hier, partisans d’aujourd’hui. Il n’a rien à perdre. D’ailleurs, le ridicule ne tue pas.

 À l’ère de Michel Martelly

Ancien chanteur (populaire, controversé), devenu Président de la République, Michel Joseph Martelly incarne, ce que certains qualifieraient d’échec de la classe politique haïtienne, trop usitée, trop moribonde.

En effet, comme pour respecter le rituel, au lendemain même de sa prestation de nouveau locataire du palais national, l’ancien homme fort du Champ-de-Mars,  était déjà dans le collimateur de l’opposition politique.

Et depuis, c’est une opposition farouche qui profite de chaque dérive du nouveau gouvernement pour exprimer ses griefs.

Opposants politiques ou personnels ? Peu importe, mais aux yeux de certains observateurs, cette opposition est plutôt clinquante dans ses démarches. On se souvient encore de la question de la double nationalité du premier mandataire de la nation. Bof 🙂

Les principaux leaders de l’opposition, véritables victimes des invectives répétées du chef de État, ne vont pas par quatre chemins ; ils réclament désormais la démission de l’homme « tèt kale » (crane rasé).

Frustration, émotion, les écarts de langage, ponctués parfois de menaces virulentes entre le Président du pays et certains membres de l’opposition politique, dont des parlementaires, rappellent étrangement les années de gloire de « Sweet Micky », quand il était président du Compas.

Depuis quelque temps, pour diverses causes, c’est le bras de fer entre le pouvoir exécutif et législatif. Les échanges entre les deux pouvoirs sont plus grivois que politiques. L’arrogance a souvent eu gain de cause sur la raison.

Provocations gratuites, propos obscènes, les insultes viennent de part et d’autre. Le comble de l’hystérie !

Aujourd’hui, on est face à une situation où les valeurs et les idéologies politiques sont foulées aux pieds d’une ignorance sans cesse grandissante et avilissante.

La politique est un jeu à grandes conséquences, rares sont les politiciens haïtiens qui s’en rendent compte vraiment.  Leurs comportements irresponsables en disent long. Et voilà aujourd’hui, presqu’aucune figure politique n’est digne de confiance en Haïti.

Et voilà à quelle politique propagandiste on assiste ces derniers temps au pays de Jean-Jacques Dessalines. Et vous savez, le hic dans tout ça, c’est qu’il faut attendre que le peuple paye encore, paye toujours les conséquences des inconséquences des hommes politiques. Malheureusement !

Osman Jérôme 


Tabou Combo, 45 ans de phénomène musical

Tabou Combo sur scène (C)Osman
Tabou Combo sur scène (C)Osman

Contrairement aux autres catégories, nous devons l’admettre que, la musique est peu représentée sur cet espace. Nonobstant, quand on s’y met, les sujets valent bien de l’intérêt.  Ainsi, dans ce nouveau billet, nous allons parler, non sans un morceau de fierté, de Tabou Combo ; groupe mythique de la musique haïtienne. Pourquoi pas celle du monde entier? D’ailleurs, Tabou a presque fait les cinq continents.

En effet, dans cette courte réflexion, il ne sera pas question de présenter ou de faire l’historicité du groupe, dont la qualité musicale n’est plus à tester, la popularité n’est plus à faire. Cette note se veut plutôt un hommage aux superstars de Tabou Combo qui, aujourd’hui encore, après 45 ans d’existence, font les délices des mélomanes.

Tabou de qualité 

Tropicana d’Haïti, Septentrional, Magnum Band, DP Express, Coupé Cloué…, la musique haïtienne, le Compas Direct en particulier a connu des orchestres qui demeurent légendaires. Des groupes et des musiciens qui existent, au tant qu’on peut toujours fredonner DO RE MI FA SOL LA SI DO. Tabou Combo appartient à cet ordre bien spécial.

Dès la genèse de sa fondation, Tabou Combo a été destiné pour voguer sur les vagues du succès. Articulée, percutante, engagée…sa musique a traversé les frontières et a toujours séduit les tympans avisés. Le refrain est connu de tous, du moins de ceux qui apprécient de la bonne musique ; « Tabou est un phénomène ».

Déjà en Haïti, Tabou c’est plus qu’un nom ;  c’est une institution, une génération, un patrimoine, une marque. Albert Chancy, Hermane Neau, Yves Joseph (Fanfan Tibòt), Roger Eugène (Shoubou) doivent être fiers d’avoir créé un tel orchestre, dont le passé reste un défi, un projet pour beaucoup d’autres.

En fait, si 45 ans après, Tabou Combo reste ce qu’il est, c’est que le groupe n’a jamais misé sur le superficiel et la facilité. Les musiciens sont exigeants. Ils ont le sens du travail bien fait.

D’ailleurs, si aujourd’hui, le groupe est entré par la grande porte dans le panthéon de la musique du monde, celle des Antilles notamment, c’est grâce à la bonne qualité de sa texture musicale, toujours bien soignée et entraînante.

Avec une magie, dont eux seuls maîtrisent le truc, « les Mascarons de la machine infernale » comme on les appelle, parviennent à faire un délectable alliage de rythmes (Compas, Merengue, Funky, Saoul, Rap…), pour se créer une identité qui leur est propre durant plus de quatre décennies. Tabou, c’est de l’éclectisme rythmique au profit de la bonne musique.

Les superstars de Tabou Combo dans deux émissions de Couleurs Tropicales de RFI :

https://soundcloud.com/j-rome-osman-bco/tabou-combo-dans-couleurs

Tabou, une école 

À bientôt 50 ans, Tabou a connu plusieurs générations de musiciens. La virtuosité musicale reste toujours presque la même. Voire que Shoubou, Fanfan, figures créatrices du groupe sont encore de service.

Véritable archétype de la réussite musicale, Tabou Combo est un modèle pour beaucoup d’autres orchestres. En Haïti comme dans le reste des Antilles françaises, d’autres formations musicales s’inspirent de la musique de Tabou Combo pour se créer un nom. D’ailleurs, on a même attribué la naissance du fameux « Kassav » aux prouesses musicales du phénomène Tabou.

L’immortel Tabou 

Des concerts un peu partout sur les grandes scènes du monde, en 45 ans d’existence, les musiciens de Tabou ont su vendre avec panache, la culture haïtienne par le biais de leurs musiques percutantes. Des véritables ambassadeurs.

Une trentaine de disques les uns plus connus que les autres. Des chansons qui ont franchi des frontières, Tabou n’a plus rien à prouver. « Leur rythme enflammé, un mélange ingénieux du Compas avec la Soul et le Funky, s’est retrouvé sur les platines des plus grands DJs de la planète. Leur single ‘’New City’’, vendu  à plus d’un million d’exemplaires, a déjà caracolé en tête de l’hitparade européen en 1974 », a fait remarquer Jhonny Celicourt.

Malgré le poids des ans, le groupe n’a presque rien perdu de son énergie et de son charisme légendaire. La musique de Tabou est immortelle. Ainsi, son succès musical est écrit avec un stylet d’honneur, une pointe de fierté, et gravé dans le cœur des mélomanes.

Qualité, discipline, voilà entre autres ce qui fait la réussite et surtout la longévité de cette formation musicale née dans les hauteurs de Pétion-Ville.

Entre-temps, à bientôt un demi-siècle, la question de la célébrité n’est plus au centre des préoccupations de cet orchestre mythique, l’intérêt est plutôt porté sur le comment  assurer la relève. Car Tabou ne doit pas mourir. Tabou ne mourra jamais. Go Tabou !!!

Osman Jérôme


« Palito de coco » ou l’exemple de la créativité haïtienne en République dominicaine

Si vous êtes en Amérique, vous avez sûrement déjà entendu parler de « Palito de coco » ? Cette « musique » d’un jeune vendeur ambulant haïtien résidé en république dominicaine, sujet d’une véritable prouesse sur la toile, sur les réseaux sociaux en particulier. L’auteur est désormais célèbre. D’ailleurs, on compare déjà sa popularité à celle de Justin Bieber.

En effet, madame, monsieur, « Palito de coco » sert donc de prétexte à notre réflexion, qui se veut un regard sur la vie créative que mènent les Haïtiens dans les rues dominicaines.

République Dominicaine, Eldorado de toujours 

Séparée géographiquement d’Haïti par des frontières, la République Dominicaine est, depuis des lustres, une sorte d’«Eldorado» pour certains Haïtiens. Le mot n’est pas trop fort hein. Légalement ou clandestinement, l’Haïtien y arrive par tous les moyens. Quel que soit le prix. D’ailleurs, peu importe leurs conditions de vie ici, certains immigrés haïtiens y préfèrent croupir au lieu de retourner à leur pays.

Travailleurs, commerçants, hommes d’affaires, étudiants, ici, les Haïtiens sont nombreux. Ils sont partout. Ils participent activement à la vie socio-économique du pays. Voire que la main d’œuvre haïtienne est presque gratuite ici.

Après s’être installé, celui qui y vient pour travailler, se dépouille de toute sa complexité à l’haïtienne et se donne à toutes sortes d’activités aux rentrées économiques : marchands détaillants, cireurs de bottes, femme de ménage… Il n’y a pas de sot métier.

La majorité des hommes se concentre sur les chantiers des constructions. D’ailleurs, dans ce secteur, ils font bien parler leurs compétences. Si certaines femmes se font des places dans les marchés publics, d’autres préfèrent arpenter  les rues avec une cuvette sur la tête. Fruits,  articles de toilettes ou  accessoires de beauté, elles promènent presque tout sous le soleil tropical du pays voisin.

Parallèlement à ces activités, la présence haïtienne est fortement remarquée aussi dans d’autres secteurs de la vie nationale : hôpitaux, complexes touristiques, Call center, enseignement, art, etc. L’Haïtien est actif.

La détente est un droit sacré. Pour se divertir, les Haïtiens s’organisent parfois entre eux-mêmes pour s’offrir des ambiances à l’haïtienne. Par exemple, ici à Puerto Plata, ils organisent des tournois de foot, des soirées dansantes, des journées de mer pour se donner un peu de loisir.

Et le phénomène « Palito de coco »

Entre l’utopie et la réalité de la vie en République Dominicaine, parfois certains se sont trompés, ils deviennent frustrés. Cependant, une fois arrivés, malgré la dure réalité, nombreux sont ceux qui y restent pour affronter leur destin. Résilience avouée.

Roman Dorlean, l’auteur du fameux « Palito de coco » appartient à ces Haïtiens, ayant atteint de manière irrégulière le sol de la république voisine. Il est résidé ici depuis déjà deux ans. Comme beaucoup de ses paires, il est à la recherche de cette source de miel et de lait qu’on croit couler au pays de Danilo Medina.

Pour gagner sa vie, tout d’abord le jeune homme commence à sillonner les rues en tant que vendeur de papiers hygiéniques. Ensuite, il côtoie les chantiers de construction, s’essaie aux guidons des motocyclettes. Les recettes tardent encore à faire sourire celui qui, du jour au lendemain va devenir l’icône de tout un pays.

Après ces tentatives peu fructueuses, l’homme de 32 ans se tourne vers « Palito de coco » (sorte de sucrerie faite à base de coco). Pourvu qu’il ne soit pas seul dans ce petit commerce informel, le type s’invente un aria pour attirer le regard des clients. Preuve d’intelligence.

https://soundcloud.com/j-rome-osman-bco/palito-de-coco-version

De la rue aux studios

N’a-t-on pas toujours dit que chacun a son étoile ? Et les étoiles n’ont pas toutes la même luminosité. D’un soleil à un autre, du simple vendeur de rue, désormais Roman épouse la célébrité. Et devient un artiste avec des projets concrets. Tout ceci, grâce à la magie de l’internet, notamment les réseaux sociaux.

Un jour, un client décide de filmer le vendeur en pleine activité et poster la vidéo sur YouTube. Et c’est le début d’un succès phénoménal. À la minute de la publication ce billet, une version de « Palito de coco » a déjà dépassé la barre d’un million de vue sur YouTube. Sensationnel !

https://soundcloud.com/j-rome-osman-bco/palito-de-coco

Actuellement, Rumai, pour l’appeler désormais par son nom d’artiste, est une voix très sollicitée pour des collabos. Sa musique défraie la chronique sur les ondes, et dans les discothèques. Dieu seul sait combien de remix déjà réalisés avec le hit du moment.

En effet, si certains observateurs parlent d’un bon coup du hasard dans ce succès, d’autres y voient plutôt la concrétisation d’un talent artistique. En tout cas, peu importe les opinions, l’artiste a déjà son producteur. Cinq titres sont en préparation.

« Palito de coco » vient de confirmer, ce qui est depuis longtemps une réalité ; l’Haïtien de la République Dominicaine est actif et créatif.

Bonne chance Rumai. Ya tu saves !!!


Quand des portables sont insupportables

iPhone (C) pixabay.com
iPhone (C) pixabay.com

Pour le meilleur et pour le prix, les nouvelles technologies de l’information et de la communication ont métamorphosé nos vies. Désormais, l’Internet est sur soi. Smartphones, tablettes électroniques, ordinateurs portatifs, le monde est portable. Et pour respecter la théorie dualiste, cette portabilité arrive avec tous ses avantages et inconvénients. Ce n’est pas moi qui vous l’apprends hein !

Sur les autels des églises, sur les bancs des écoles, sur les sièges des autobus, les gens n’ont ni lieux, ni heures pour s’exhiber avec leurs perles technologiques. Ce, pendant qu’ils enfreignent assez souvent le droit intime des autres.

Personnellement, j’ai déjà fait plusieurs expériences inélégantes avec des personnes qui ne reconnaissent pas les limites de l’utilisation de leurs appareils. L’homme moderne, n’est-il pas devenu trop dépendant des nouvelles technologies ?

Réseaux sociaux aux cultes d’adoration

Comme dit tantôt, certains accros aux Tics, n’ont ni lieux, ni heures pour se donner à leurs activités favorites.

Week-end dernier, j’ai été visiter une église. En tout cas, pas celle « Des veillées de prière pas trop spirituelles ». Encore moins celle « Des offrandes qui enrichissent et qui appauvrissent ». C’est une autre, technologiquement branchée.

Un temple avec toute la commodité d’un sanctuaire terrestre. Salle climatisée, sièges confortables, espace aéré, y a de quoi interpeller la présence de Dieu. Si tout le monde était venu vraiment pour ça :). Passons.

Physiquement, c’est une assemblée « Up date ». De l’exercice des chants jusqu’à la prédication, presque tout se fait sur des supports technologiques.

Tablette ou Smartphone en main, un claquement par-ci, un flash par-là, les capteurs d’image ne veulent rien manquer. Certains frères et sœurs cherchent à immortaliser chaque moment du programme. [legliz la resan wi 🙂]

Dans ma rangée, au moins trois sœurs ne s’occupent que des touches de leurs appareils. La face bleue de Facebook et les petites ailes de Twitter sont bien visibles dans certains écrans. Je veux bien croire que, ces membres partagent le programme d’adoration avec leurs amis sur les réseaux sociaux ? En tout cas !

Du haut de la chair, le décor n’est pas si différent. En pleine séance d’annonces, le directeur de la communication a dû couper bêtement son allocution pour fermer son BBM en train de sonner. Déconcentration complète.

Mais, comme si rien n’était. L’assemblée semble déjà s’accommoder avec. Mais, moi je suis presque nul face à ce spectacle où la présence de Steve Jobs et les autres inventeurs des grandes marques technologiques sont plus présentes que celle du Saint-Esprit. Ce jour-là, la sanctification était partout, sauf dans ce temple. Du moins que c’est mon opinion.

Des smartphones qui perturbent les classes

Les nouveaux outils technologiques sont capables de toutes les bonnes choses. Mais, crétiniser l’homme aussi. Comment imaginez-vous un étudiant de l’université, qui ne se prépare pas, mais comptant sur son smartphone pour passer des examens ? Suivez mon regard !

Récemment, j’ai failli d’être asphyxié de colère. Nous assistons paisiblement à une classe de « Modification de comportements ». Des cours qui exigent une certaine motivation et concentration pour bien appréhender certaines terminologies.

Silence désertique. Concentration maximale. Le prof parle sur les diverses caractéristiques de la conduite. Toute la classe est attentive et réceptive à cet intéressant exposé. Sauf cette étudiante, dont les bips de son BBM a fini par nous importuner. Conséquence : la classe a été renvoyée. Car, l’utilisation des téléphones était déjà interdite durant les cours. Toute la salle a été sidérée par la conduite pernicieuse de la collègue. Frustration au taux du jour.

Désolé de le dire, mais certains comportements, stimulés par l’utilisation outrance des portables, sont socialement répugnants. Tout simplement.

En effet, si l’arrivée des Tics c’est pour nous faciliter certaines tâches de nos vies quotidiennes, néanmoins, leurs utilisations obsessives laissent à désirer. Car parfois, l’exubérance va trop loin.

Osman Jérôme 


10 principes pour séduire une femme haïtienne

(C) pixabay.com
(C) pixabay.com

S’il est de tout droit naturel à chacun d’avoir quelqu’un dans sa vie, il n’est pas permis à tout le monde d’être séducteur. La séduction est un art, un jeu. Donc, il faut être à la hauteur.

Rendez-moi fol ou sage, draguer [une femme] exige une certaine manière de faire. Une spécialité que l’on s’acquiert surtout avec de l’expérience.  D’ailleurs, l’expérience fait la différence. Bref !

Différences individuelles, moments inopportuns, plusieurs facteurs peuvent expliquer un échec auprès d’une femme [haïtienne]. Mais comment y parvenir ?

D’une culture à une autre, les rituels de séduction peuvent être variés, mais certains restent pour le moins universels. Voyons rapidement 10 trucs importants à tenir en compte dans la chasse au cœur d’une demoiselle haïtienne :

1- Etre élégant. L’élégance, voilà un aspect fondamental à ne pas négliger quand on aborde une femme haïtienne. D’ailleurs, c’est votre première carte d’identité. Elle peut vous ouvrir certaines portes. Il faut savoir vendre l’aspect physique de votre personne messieurs. De l’élégance, non seulement dans votre parure, mais notamment dans votre façon d’être, de parler, de comporter, de votre spontanéité.

2- Ne dites pas tout de suite votre zone de provenance. Pour défauts comme pour qualités, l’Haïtien est souvent classé par ville de provenance. Et suivant la zone, cela peut retarder l’échéance.

Dans notre sociologie de peuple, les gars du Nord sont reprochés d’être jaloux. Ils ont la main trop leste pour frapper leurs conjointes. Tandis que nos amis du Sud (Aux Cayes) sont plutôt célèbres pour leur côté mesquin au foyer. Tout ce qui est dans la maison leur appartient. Les mauvaises langues vont jusqu’à dire que, tous les meubles de la maison sont cloués au mur. Donc, si la femme décide de partir aujourd’hui, qu’elle s’en aille avec son panier vide :).

3- Abstenez-vous de toutes propagandes économiques. Au début, soyez prudent de ne pas trop vanter votre bonne cote financière. Même si elle est nécessiteuse, la femme haïtienne déteste qu’on vienne l’acheter comme du bétail au marché.

4-Être venu pour le mariage. Avoir toujours un plan de mariage en poche. La femme haïtienne aime parler du lien conjugal. Un rêve dont elle veut toujours concrétiser. Peu importe ce qui s’en suit. L’important est de porter l’alliance ? Donc, préparez-vous en conséquence.

5- Avoir des projets. La femme haïtienne de ma génération ne va pas s’embarrasser avec un « rien à faire ». Donc, même si ce sont des projets inventés pour la circonstance, accompagnez-vous en quand même. Vous ne savez jamais.

6- Si vous mentez, soyez très professionnel. La femme haïtienne adore qu’on lui joue parfois un petit tour, pour qu’elle vienne ensuite vous tirer les oreilles. Racontez-lui une quelconque vérité. Et c’est fait. Et là, croyez-moi, elles adorent ça hein.

7-Avoir un niveau académique. Qu’elle soit lettrée ou illettrée, la jeune femme haïtienne apprécie vanter le niveau académique de son homme. Les mérites intellectuels comptent beaucoup pour certaines. Même si les diplômes ne valent pas trop ces temps-ci. Mais vous savez, socialement ça rassure hein.

D’autre part, si vous vous exprimez en français, prenez soin de bien le faire. Car, quand vous vous amusez à prononcer « Je » pour « J’ai », vous risquez d’être ridiculisé par nos filles très « pointues ».

8-Être patient.  Un des piliers de la séduction est la patience. La séduction demande du temps et de l’espérance. Les femmes adorent quand vous faites le pied de grue. Et à ce stade, elles se sentent femmes plus que jamais. D’ailleurs, aucune conquête n’est jamais facile, soupirent-elles. Donc, il faut être patient pour faire tomber le mur de Berlin.

9-Être attentionné. Même si elle tire encore sur le cordon, montrez-lui que vous tenez beaucoup à elle. Appelez-lui pour savoir si elle a déjà mangé, comment elle va, où est-elle en ce moment, comment a été la nuit ou la journée. Au tant de petits trucs bien simples, mais lourds de sens et de signification. Voire que nos sœurs haïtiennes adorent être chouchoutées. Même si elles ne sont pas danger, elles veulent toujours se sentir sécurisées.

10-Être confiant. D’ailleurs, c’est une marque de personnalité. Assurez-vous d’être bien à la hauteur de votre démarche. C’est une preuve de maturité. Sinon votre discours ne vaudra pas la rubrique du chien écrasé dans la rue.

Attention :Tous ces 10 principes ne sont pas obligatoirement applicables pour faire tomber la gazelle. Les filles ne sont pas toutes les mêmes. Leurs exigences non plus.

Ce sont des hypothèses; ça peut bien marcher ou non. Par ailleurs, ça dépend de votre charme, et aussi de la femme en question. Donc messieurs, c’est à vous de bien jouer.

Si vous connaissez aussi d’autres trucs que je n’ai pas mentionnés, vous pouvez les lister dans vos commentaires. Cela servira bien à d’autres.

En attendant, bonne conquête !

Osman Jérôme


Un « enfant de chœur », pas trop catholique

Chapelle (C) Osman
Chapelle (C) Osman

Pour une raison ou une autre, émotionnellement, je veux croire que, ce récit ne vous laissera pas indifférent. Vous en rirez ou vous en pleurerez. Car, si cette histoire n’est pas tragique, elle n’est comique non plus.

Depuis quelque temps déjà, la santé morale de l’Église catholique est fragile. Scandales sexuels, tentions internes, démission du pape, récurrence des crises. Les mêmes inquiétudes.

Le nouveau pape tente de soigner le corps souffrant de son Église. Des réformes sont entreprises. Mais, d’autres membres de la corporation font leurs affaires.

Ainsi, mon cousin, « enfant de chœur », se trouve dans une situation pour le moins embarrassante. Mais en réalité, c’est la moisson même de son profil de coureur de jupon né.

Nous sommes dans le département de l’Artibonite. La scène se déroule dans un arrondissement bien connu. César est le nom prêté à mon cher cousin de 18 ans. Contrairement à une bonne partie de la famille, qui est plutôt de confession religieuse protestante, lui, il a été élevé selon les principes de l’Église catholique.

A cet âge, le jeune homme est encore un zélé « servant de l’autel ». Ses activités dans la paroisse, ses prises de position, son dévouement dans l’œuvre, c’est un petit prêtre en gestation. D’ailleurs, il s’est fait même surnommé Ti pè a (petit prêtre). Jésus-Marie-Josèphe ! Que Dieu ait pitié de lui.

 Le scandale 

En effet, à l’image même de certains aînés, ce petit prêtre aux discours charmants, au style branché, mène une vie loin des règles de sa religion. L’Haïtien taquin vous dirait qu’il est plutôt « catho-libre ». Pas catholique.

Tout a commencé par une rumeur. Rumeur qui n’a pas tardé à être confirmée comme information. C’est quoi l’affaire alors ? Une jeune fille de l’assemblée est tombée enceinte de César. Indignation complète !

Au départ, certains sceptiques ont du mal à croire. Comme pour ne pas oser mettre en doute la conduite des deux jeunes « chrétiens ». Heureusement que, les concernés aillent eux-mêmes se confesser.

Ce n’est pas la fin du monde, ce sont des choses qui arrivent tous les jours. Oui, c’est vrai. Mais, loin de tout ce qui a été dit dans les sacristies paroissiales et devant les membres des deux familles, mon cousin est venu à moi, me conter certains faits qui, cruellement, sont loin de faire honneur à sa réputation de jeune chrétien fervent, dont il veut se faire montre. Apparence trompeuse !

Il sort au moins avec trois des plus jolies filles de la paroisse. Singulier que cela puisse paraître, il est jaloux de toutes. La tête courbée comme un jonc, il avoue que deux ont été déjà tombées enceintes, puis avortées par la suite. De manière volontaire s’il vous plaît. Faits divers, faits d’angoisse.

Moins volubile que je le connais avant, le type devient fébrile. Il paraît perdre de son courage herculéen à affronter cette nouvelle situation ? Il emmêle dans sa pensée à trouver les justes mots pour expliquer l’incident. En moins de 10 minutes de communication, il devient aphone. Il pense que cela peut triturer son avenir. Surtout il doit faire face au regard déçu de maman. Papa ne serait pas fier de lui s’il était encore vivant.

Cependant, loin de toute apologie, le futur séminariste assume son acte de fornication. Maintenant, que fera-t-il des deux autres amantes qui le réclament encore ? Se mariera-t-il avec celle qui porte son enfant ? Trêve de plaisanterie, il va désormais apprendre à vivre sans être esclave des jupons.

A suivre….

Jérôme Osman

 


Haïti : entre l’enclume et la crise politique

Manif antigouvernementale. Crédit photo: omegaworldnews
Manif antigouvernementale. Crédit photo :  omegaworldnews.

Partant d’une simple observation de la conjoncture actuelle, on a droit d’exprimer des réserves quant à l’avenir politique d’Haïti. D’ailleurs, point n’est besoin d’être expert pour comprendre qu’on s’achemine vers une salle crise sociopolitique dans le pays. En tout cas, on n’est pas encore là. Et, on espère ne pas y arriver non plus. Ce serait de trop.

L’incertitude plane encore sur la réalisation des prochaines élections. Les manifs s’intensifient pour réclamer le départ du chef de l’État. La République « rose » devient  plus fragile de jour en jour.

Toujours les élections 

Depuis quelque temps, la question des élections retient les débats. Y en aura ou y en aura pas à la fin de l’année ? C’est le doute général. Pourtant, des incrédules y croient encore.

À rappeler que, selon la loi électorale de 2008, l’autre tiers du Sénat de la République devrait partir le deuxième lundi du mois de janvier 2014. N’y a-t-il pas urgence à organiser les scrutins afin d’éviter une possible caducité de l’Assemblée nationale ?

Imaginez-vous Haïti sans un Parlement pour contrôler les actions de l’exécutif ? La classe politique veut à tout prix éviter ce vide institutionnel. À ce sujet, l’opposition politique est claire : élections ou démission. La chose est complexe.

 Manifs antigouvernementales

Entre-temps, les manifs se multiplient à travers le pays. Les manifestants réclament le départ de l’équipe en place qui, selon eux, ne respecte pas ses promesses, donc a failli à sa mission. Ingérence, corruption, malversation, immoralité, sont des reproches faits au gouvernement de Martelly-Lamothe.

 Et l’avenir ?

Le pays se trouve désormais dans l’œil d’une crise sociopolitique tentaculaire. Les acteurs sont dépassés par le jeu. Les faiseurs de paix sont impuissants. La population est aux abois. La situation est critique.

Comme une prophétie qui doit absolument accomplir, tout le monde regarde faire. Même la communauté internationale. D’ailleurs, cette instance n’inspire guère confiance à la population. À trop impliquer dans les affaires du pays, l’international devient partie de la crise.

La crédibilité du pouvoir en place est en chute libre. Le Parlement est tiraillé. C’est une institution divisée au profit des intérêts individuels.

L’avenir du pays est hypothéqué. Les politiques s’en moquent. Pourtant, ils se disent tous patriotes, mais fous qui y croient.

La solution durable de la crise haïtienne ne sera que rêve, mirage, utopie, si les acteurs concernés ne comprennent toujours pas cette nécessité de rebattre leurs cartes, et penser tout d’abord pays.

En tout cas, certains observateurs restent encore optimistes. Il n’est pas trop tard que les décideurs politiques trouvent la meilleure formule, qui évitera au pays de sombrer dans cette nouvelle crise sociopolitique.

Maintenant, à vous, chers politiciens !

Osman Jérôme