Osman

4 heures de coupure d’électricité à New York, une éternité

Coupure d'électricité à New-York © Osman
Coupure d’électricité à New York © Osman

New York, dimanche 21 juillet 2019. Une semaine après les incidents de Manhattan, certains quartiers de Brooklyn, dont Canarsie en particulier, ont connu une situation pour le moins inhabituelle. Des foyers ont dû passer environ 4 heures sans électricité. Et pour beaucoup d’usagers, c’était une éternité.

Entre 19h et 23h, plus de 50 000 clients de Con Edison, structure qui s’occupe de la gestion et la distribution d’électricité à New York, ont été touchés par une coupure de courant. Une déconvenue qui n’a pas manqué d’agacer beaucoup de résidents de Brooklyn, très acides dans leurs commentaires, notamment sur les réseaux sociaux.

Entre les irrégularités dans le trafic, le ralentissement du transport en commun, la fermeture prématurée des magasins et supermarchés, cette situation a touché presque toutes les activités des zones affectées. Entretemps, dans certains quartiers peu habitués à de pareil manque d’approvisionnement, cela a été vécu comme un événement insolite.

Dans mon voisinage immédiat par exemple, cette coupure temporaire d’électricité a pris l’allure d’une veillée de nuit. Car pour se défendre contre la chaleur, boostée par une température qui tourne autour des 35 degrés, bon nombre de gens préfèrent se réfugier sous les galeries de leurs appartements. Le temps de s’offrir une bouffée d’air frais contre la canicule, qui calcine les chambres à coucher.

Au fil des minutes, l’impatience commence à gagner certains individus de mon environnement. Surtout que les batteries des téléphones commencent à être épuisées. Qui plus est, des informations font croire que certaines zones ne verront de l’électricité qu’aux premières heures du lundi 22 juillet. Il est mieux de vous épargner des coups de sang de certains voisins qui ne s’imaginent pas passer une nuit sans leur climatiseur et frigo connectés.

Il est déjà 22h30, les ampoules électriques sont toujours éteintes. De ma galerie, je peux observer combien il est affreux et dangereux de circuler dans le noir à New York, notamment à Brooklyn, où certains coins n’ont pas une réputation de sainteté. À cet effet, beaucoup de messages de prudence ont été lancés sur Twitter par des internautes.

Ce n’est qu’à 23h, dans la foulée des discussions entre voisins à bout d’attente plus cocasses les unes que les autres, que le courant électrique a finalement été rétabli dans mon quartier. Je ne vous le cache pas, c’est avec des grands cris que le retour de la précieuse énergie a été accueilli.

Et voilà comment, après environ 4h d’attente dans le noir, tout le monde est rentré dans sa chambre, non sans quelques flèches à l’encontre des employés de Con Edison qui, selon des témoignages, ont été un peu lents dans leurs boulots. En tout cas, tout est rentré dans l’ordre… en attendant le nouvel épisode. Car les coupures d’électricité commencent à devenir courantes.


Trois activités très courantes dans le métro à New York

Dans les métros à New-York
Dans le métro à New York / © Osman

Avec ses 9 millions d’âmes et ses dizaines de millions de visiteurs par an, New York est l’une des plus grandes mégalopoles des États-Unis d’Amérique. On parle même de la capitale du monde. Pour se déplacer d’une zone à l’autre, au-delà bien évidemment de l’usage des voitures privées, les transports en commun sont très utilisés dans la Big Apple. Entre les trains, les autobus et le métro, le passager a donc le choix, suivant sa destination, son urgence ou sa préférence.

À l’instar de la ville elle-même, à New York les trains et les autobus fonctionnent 7/7 et 24/24. Ces moyens de déplacement sont très prisés par les résidents de New York et ceux qui y sont de passage. Au point qu’on peut même se demander quelle est l’utilité d’avoir son propre véhicule à New York.

En effet, comme un habitué, dans un prochain billet, je vous parlerai des avantages des transports en communs à New York, mais pour aujourd’hui, nous allons nous concentrer sur trois activités devenues de plus en plus courantes dans les métros new-yorkais.

1- Dormir

Ce n’est pas grâce à ce billet que vous allez l’apprendre, New York est une ville qui ne dort pas.  Et cette insomnie touche évidemment les gens qui y habitent. Entre le boulot ou les boulots et autres occupations personnelles comme les études, je connais des gens qui n’ont jamais suffisamment de temps pour se reposer, voire avoir un cycle de sommeil plus ou moins régulier. Ainsi, emportés par la fatigue, peu importe l’heure de la journée ou de la nuit, de retour au travail ou d’ailleurs, une fois assis dans le train, certains passagers ne font que profiter pour s’offrir un petit instant de sommeil. Cependant, peu importe la profondeur du sommeil, ne vous inquiétez pas, ils savent quand se réveiller pour ne pas manquer leur arrêt de descente. Une seconde nature.

2- Lire

Dans le métro à New York / Osman

D’un point à un autre, certains trajets peuvent prendre une heure, et même plus. Pour ne pas ennuyer du temps à passer assis, beaucoup de passagers s’accrochent à leurs bouquins, ou dévorent les pages des journaux, souvent distribués gratuitement dans les stations de métro.

Ce qui m’intrigue dans tout ça, c’est la faculté de concentration de ces gens. L’environnement parfois bouillant du métro ne les déragent pas dans leur lecture, qui exige parfois une certaine tranquillité.

3- Demander l’aumône

Vivre dans le pays le plus riche au monde n’est pas souvent une garantie économique. Oui, même ici aux États-Unis d’Amérique, à New York, en particulier il y des pauvres, des SDF et surtout des mendiants, dont la survie dépend du bon cœur des autres. À Brooklyn, à Manhattan, ils sont presque partout dans les rues de la Grosse Pomme.

Si certains mendiants s’installent dans des endroits fixes, d’autres préfèrent arpenter les métros, guettant la sensibilité des passagers. Si parfois, grâce à la générosité de bons samaritains, la recette est assurée, plus souvent les mendiants repartent bredouille. Mais sans perdre évidemment leur sourire et leur gentillesse ; ce qui fait d’ailleurs tout le charme de la chose.

Et ce n’est pas tout. D’un jour à un autre, d’une saison de l’année à une autre, il y a plein d’autres trucs qui peuvent capter votre attention lors d’un trajet dans les métros de New York. Mais attendant votre propre expérience,  si vous ne l’avez pas encore faite, je tenais à partager avec vous ce billet qui servira de prétexte à piquer votre curiosité lors de votre prochain passage dans la Big Apple.

Osman Jérôme


Mémorial du 11 septembre : lieu de recueillement à New-York

Les noms des disparus des attentats du 11 septembre 2001 à New-York écrits sur du bronze. © Osman
Les noms des disparus des attentats du 11 septembre 2001 à New-York écrits sur du bronze. © Osman

L’affluence des salles d’embarquement de l’aéroport JFK, les gratte-ciel de Manhattan, les boites de nuit de Long Island, les embouteillages de Times Square, la verdure du Central Park, l’histoire de la Statue de la Liberté… Depuis bientôt vingt ans, non sans de grandes amertumes, New-York c’est aussi le 11 septembre 2001, date tristement célèbre dans les annales historiques des Américains et celles du monde entier.

Presque dix-huit ans après les attentats du 11 septembre 2001, les lugubres images de l’effondrement des Tours Jumelles de World Trade Center, hantent encore la mémoire des survivants, ou de tous ceux qui ont perdu un proche dans cette sanglante tragédie. Un événement qui a marqué et changé à jamais la vie à New-York, surtout sur le plan sécuritaire.

Les attentats du 11 septembre marqueront à jamais l’histoire récente du monde. L’Amérique prendra du temps à cicatriser les plaies causées par ces attaques meurtrières, qui ont coûté la vie à environ 3000 âmes et fait plusieurs milliers de blessés. Un lourd bilan, dont le poids émotionnel se ressent encore sur le dos de la Big Apple, fréquentée plus que jamais par les touristes du monde entier.

Peu importe les efforts consentis, ce n’est pas toujours facile de se remettre de telles tragédies. Surtout quand la peur psychologique, engendrée par les événements n’aura pas totalement disparu. Dans de telles situations, ce n’est pas la construction du Mémorial du 11 septembre, érigé sur les lieux des attentats, qui apaisera la souffrance collective des gens, touchés de près ou de loin par ces tristes attaques terroristes.

Poussé par une subite motivation, après plusieurs planifications annulées, un matin d’hiver, bravant le froid d’une température de -10 degrés Celsius, j’ai été finalement voir le Mémorial du 11 septembre, construit en mémoire des victimes des attaques sanglantes de 2001. Entre observations, conversations et témoignages, retour sur une expérience émouvante, et riche en émotions.

Officiellement ouvert au grand public depuis le 11 septembre 2011, soit exactement une décennie après ce drame, le Mémorial du 11 septembre devient entre-temps une destination très prisée à New-York, à Manhattan pour être plus précis. Chaque jour, des centaines de visiteurs, dont des proches des victimes, y viennent en mémoire des disparus.

Ce mercredi, il était presque déjà dix heures quand je suis arrivé sur les lieux. La sobriété du décor saute rapidement aux yeux de l’observateur. Une pierre tombale par-ci, une gerbe de fleurs par-là. Ce matin-là, et comme presque toujours selon certains témoignages recueillis sur place, le Mémorial du 11 septembre épouse l’allure d’un lieu de recueillement, où des tristes souvenirs s’entrechoquent encore dans la mémoire des New-Yorkais.

La place ouverte à 7h30 était déjà bondée de visiteurs, formés d’adultes, de jeunes et aussi de moins jeunes, tous protégés de gros manteaux contre le froid, de plus en plus insupportable. Au fil des minutes, la foule devient de plus en plus nombreuse. Cependant, ici, en vertu de la solennité du milieu, les gens se montrent peu bavards. D’ailleurs, même sans un mot, mais sur le regard de chaque personne croisée, les émotions sont palpables.

Des va-et-vient, des échanges, et même des prises de photos, tout se fait dans un respect commémoratif. Tout juste à proximité de l’un des deux gros bassins, sur lesquels sont inscrits sur du bronze, tous les noms des disparus des attentats du 11 septembre 2001, un homme, dont le portrait fait penser au physique de Mike Tyson, tente vainement de consoler une femme en pleurs. La jeune dame, apparemment dans la vingtaine, vient de tomber sur le nom de son père, décédé dans la tragédie, en voulant sauver d’autres vies. L’histoire donne froid dans le dos.

Un peu plus loin, accompagnée d’une gerbe et du portrait d’un homme imprimé en noir et blanc, autour d’un cercle, une famille de cinq personnes s’offre une petite cérémonie en toute discrétion, en mémoire d’un proche, lui aussi tué lors des attentats.

Entre-temps, au milieu de la propagation de toutes ces intenses émotions, devenues de plus en plus contagieuses, avec une mine au sourire totalement absent, un agent de sécurité intime l’ordre à un groupe de visiteurs de ne pas trop s’approcher du périmètre de sécurité, seulement réservé aux employés de la place. Tout est sous contrôle.

Il est bientôt 1h de l’après-midi, le Mémorial du 11 septembre commence à être vidé de ses premiers occupants, pendant que de nouveaux visiteurs ne cessent d’arriver. Entre-temps, les agents occupés du nettoyage du site, partent en guerre contre tout ce qui serait susceptible d’entraver à la propreté de l’espace.

En environ trois heures de temps d’exploration, je crois avoir beaucoup vu, et même trop vu, notamment en termes de matériels émotionnels. Car une fois sur les lieux, en tant qu’humains, difficile de ne pas ressentir les plaies et les douleurs psychologiques, engendrées par les attentats du 11 septembre 2001.

En tout cas, pour répondre de manière favorable à une demande de mon corps et de mon esprit, accusés d’une grande fatigue, je rentre chez moi. Avec la tête remplie de scènes et d’images, que les mots et les verbes n’ont pas toujours la force significative d’exprimer.

Oman Jérôme


Les 7 mauvaises habitudes à bannir sur Twitter en 2019

Twitter via Pixabay
Twitter via Pixabay

Avec ses 335 millions utilisateurs actifs, Twitter confirme de plus en plus sa place de géant des réseaux sociaux sur la toile. Du simple citoyen lambda aux professionnels, en passant par les artistes et les hommes politiques, on retrouve presque toutes les couches de la société sur les ailes numériques du petit oiseau bleu.

Un fait est certain, tout le monde n’est pas sur le micro-blogging pour la même cause. Se créer des relations, partager ses contenus, promouvoir ses entreprises ou même régler ses comptes personnels… à chacun sa raison d’être sur le réseau aux fameux 280 caractères. En fait, loin de vouloir imposer aux gens leur manière d’être sur la plateforme, mais pour une meilleure utilisation du réseau en 2019, voici donc les sept pratiques à éviter :

  • Pas de photo de profil : commençons tout d’abord par les basiques. Twitter est une communauté virtuelle. Ceux qui te suivent ou ceux que tu suis, ne sont pas forcément des gens que tu connais dans la vraie vie. À cet effet, dans beaucoup de cas, la première chose qui attire en premier certains internautes, c’est le visage qui se cache derrière le compte en question. Car pour garantir une certaine ouverture dans les communications, il serait mieux au moins d’avoir une idée du visage de la personne avec qui on échange. On est un peu dans la subjectivité, mais c’est pourtant bien réel. D’ailleurs, aujourd’hui à l’ère du numérique, la qualité de la photo de profil sur Internet est une excellente forme de communication. Et dans mon cas personnel, je me suis abonné rarement à une personne, qui n’a pas au moins une photo à son profil. Et, je ne suis pas le seul à avoir pris une telle résolution.
  • Négliger sa biographie : pour les plus branchés, les réseaux sociaux, dont Twitter notamment, ont de plus en plus la valeur représentative d’un CV. Ce n’est pas sans raisons que certains prennent toujours le temps de soigner les contenus à publier sur ces plateformes digitales. Sur Twitter, les informations indiquées dans votre petit espace de biographie sont fondamentales pour plusieurs raisons : attirer de nouveaux followers, créer un réseau avec les mêmes centres d’intérêt que toi, ou être même contacté pour un possible emploi. On ne sait jamais !
  • Confondre la grivoiserie à l’humour : pour gagner des followers ou se faire un nom, certains utilisateurs de Twitter ne ménagent pas leurs efforts. Dans la plupart du temps, les stratégies utilisées sont souvent proche de l’indécence. Dans la communauté haïtienne par exemple, où le concept d’ « influenceur » devient de plus en plus vulgaire, chacun essaye à sa manière de se faire une popularité, même si ce n’est pas toujours dans le bon sens. En tout cas, dans cette quête effrénée de « likes » et d’audience, beaucoup de twittos sont carrément tombés dans le piège de l’impolitesse, confondant grossièrement la grivoiserie à l’humour. Et cela devient de plus en plus marrant.
  • Tout partager : l’une des vertus des réseaux sociaux, est la consommation rapide de l’information. Et c’est là aussi que le bât blesse. Car avec cet accès facile aux contenus, il devient de plus en plus difficile à certains de distinguer l’ivraie du bon grain, la bonne information de l’intox. Si par ignorance avouée, certains ne se posent pas de question au moment de relayer tout ce qui tombe sous leurs yeux, d’autres au contraire le font par méchanceté. C’est l’effet du buzz. À cet effet, mon ami Nelson a eu raison de parler de l’Internet comme l’autre couloir de la désinformation. Maintenant, c’est aux twittos d’être plus intelligents, afin de ne pas retweeter n’importe quel lien.
  • Nier la propriété intellectuelle: malheureusement, c’est une pratique de plus en plus rependue sur Internet, dont Twitter n’est pas exempt : certains internautes refusent toujours d’attribuer le crédit aux vrais auteurs des citations. Avec une audace presque sans nom, des gens utilisent les citations tirées dans des livres ou copiées dans la publication d’autres utilisateurs de Twitter, sans penser au moins à mentionner le nom du principal auteur. Où est donc passée alors la notion de propriété intellectuelle dans tout ça ? La prochaine fois, soyez beaucoup plus sympa mes amis.
  • Apologie de la violence : aujourd’hui, jamais comme avant, sans distinction de classe ni de race, les plateformes digitales offrent une liberté d’expression presque sans limite à monsieur tout le monde et madame la foule. Sauf, dans beaucoup de cas, certains en font un usage contraire à la morale. Derrière les écrans de leurs appareils, nombreux utilisateurs de Twitter se lancent depuis quelques temps dans une apologie de violence sous toutes ses formes. Quand ce n’est pas pour envenimer la problématique du racisme, c’est pour insulter des gens sur leurs appartenances religieuses, politiques, ou même sur leur orientation sexuelle. L’intolérance quand tu nous tiens !
  • Intolérance : comme dans un domaine ou dans un autre, l’expansion des réseaux sociaux a créé pas mal d’experts improvisés, notamment sur le plan « intellectuel ». Aujourd’hui à l’ère du numérique, derrière l’écran de son appareil, chacun est capable de donner son opinion sur un sujet donné. Si certains le font avec une certaine bienséance propre à l’homme éduqué, d’autres préfèrent plutôt se comporter comme « Dieu », possédant la science infuse. Car seules leurs points de vue valent. Ils sont allergiques aux idées contraires. Ainsi, sur un sujet ou sur un autre, ils sont toujours en clash sur Twitter, créant souvent des polémiques inutiles. Soyez plus sages les amis.

Cette liste est loin d’être exhaustive. Car l’utilisation du Twitter varie d’un groupe à un autre. Par conséquent, vous aussi, vous pouvez lister en commentaires certains comportements à éradiquer sur Twitter en 2019.

Osman Jérôme

 


Toni Kroos ou le miracle allemand

Toni Kroos via : https://commons.wikimedia.org/wiki/File:UEFA_Euro_2012_qualifying_-_Austria_vs_Germany_2011-06-03_(06).jpg
Toni Kroos via : https://commons.wikimedia.org/wiki/File:UEFA_Euro_2012_qualifying_-_Austria_vs_Germany_2011-06-03_(06).jpg

Ce week-end la Russie a connu de nouvelles grandes émotions, notamment au Fisht Stadium, où Allemands et Suédois se sont affrontés dans un duel de haute intensité.


Une énorme pression reposait sur les dos des Allemands, qui ont été extrêmement décevants pour leur entrée dans la compétition, les champions du monde en titre ont en effet chuté face aux Mexicains (1-0) le 17 juin. Après cette défaite initiale, il fallait donc se ressaisir face aux suédois.

Les champions du monde sont de retour. Même si ce n’est pas avec les éclats attendus… la rencontre avec les suédois fut un vrai match à suspens, hautement disputé jusque dans les dernières secondes du temps additionnel. L’équipe allemande est finalement arrivée à s’imposer face à la Suède sur le fil par  un score de 2-1. Un « ouf » de soulagement, notamment pour le sélectionneur Joachim Löw, dont les choix tactiques ont été décriés ces derniers jours.

La possession allemande

Déjà en mauvaise posture dans le groupe F après leur défaite face au Mexique, les Allemands savaient  qu’ils n’avaient pas le droit à l’erreur dans cette confrontation avec la Suède. L’équipe suédoise était assez en forme, forte de sa victoire après sa première sortie face à la Corée du Sud (score 1-0). Mais samedi, dès le coup d’envoi de la rencontre, la Mannschaft manifestait son envie de monopoliser le jeu. Pendant les premières minutes de la partie, les Kroos, Reus, Müller, Draxler et Werner ne faisaient que mener des assauts offensifs contre des Suédois, qui se contentaient de bien défendre et d’opérer en contre.

Au fil des minutes, comme une évidence, l’Allemagne garde la possession de balle. Mais l’équipe adverse fait face : les suédois sont intelligemment regroupés sur le plan défensif et ne sont pas vraiment dérangés par l’attaque allemand. Ainsi, au milieu de la domination allemande, après une trentaine minute de jeu, la tactique suédoise s’est révélée payante. Car, pendant que les attaques allemandes répétées restaient sans succès, les Suédois, par l’intermédiaire d’Ola Toivonen, réussirent à ouvrir le score à la trente-deuxième minute. Jusqu’alors inefficaces à l’attaque, les Allemands ont pris comme un coup sur la tête.

L’avantage est donc aux Suédois dans la première période du match. Les champions du monde en titre sont virtuellement éliminés ! Un scénario impensable quelques jours auparavant, l’équipe de Joachim Löw avait même été donnée favorite à sa propre succession.

Une victoire méritée

Après maintes considérations, nous serons finalement tous d’accord pour dire que le résultat final de la rencontre en faveur de l’Allemagne n’est pas injuste. Même si on doit reconnaître que les Suédois ont tout fait pour arracher le point du nul. Mais, c’était sans compter avec la détermination des Allemands. Dans la douleur, ils n’ont jamais douté au succès, à l’image d’un Jérôme Boateng monstrueux dans toutes les parties du terrain. Au point même de se faire expulser à quelques minutes de la fin de la bataille !

L’égalisation est vite trouvée au début du second acte par Reus. Les Allemands n’ont jamais arrêté de mettre le pied sur l’accélérateur. Même si dans cette folle précipitation, ils ont failli se faire punir à plusieurs reprises par des Suédois souvent dangereux dans les contres. Heureusement, Manuel Neur a gardé des mains salvatrices : à plusieurs occasions, le portier munichois a dû sortir le grand jeu pour repousser les tentatives suédoises.

Le coup de génie

Dans ce genre de matchs où l’enjeu est important, les minutes passent comme des secondes. Entre les attaques allemandes et les défenses suédoises, les contre-attaques suédoises et les défenses allemandes, certains instants de la seconde mi-temps  ont été de toutes les émotions. Et, dans un battement de paupières, on s’est retrouvés à la 90e minute de jeu. Déjà ! Le score inchangé (1-1) qui persiste dans le tableau d’affichage élimine les Allemands du reste de la compétition, tandis qu’avec 4 points, la Suède se sent plus confortable pour aller chercher sa place de qualification pour les huitièmes de finale lors de son prochain rendez-vous face au Mexique.

Mais, les cinq minutes du temps additionnel ont tout fait basculer du côté des Allemands, portés à la victoire par un coup franc magistral  de son meneur de jeu Toni Kroos. Les allemands ont  évité le pire in extremis.

Malgré des statistiques flatteuses, le joueur du Real Madrid n’était pas dans un grand soir jusqu’à cette frappe victorieuse. Mais, les grands joueurs savent faire la différence, notamment dans les moments difficiles. Sans craquer, la tête sur les épaules, la magie dans les pieds, Toni Kroos a répondu comme il le fallait : un but à la 95e minute, qui permet à son équipe d’espérer un billet pour les huitièmes de finale.
Bien qu’aujourd’hui rien ne soit encore assuré.

Osman Jérôme


L’Argentine et Messi dans la tourmente

Sélection d’Argentine de football via : https://commons.wikimedia.org/wiki/File:ECUADOR_VS_ARGENTINA_(36916460184).jpg
Sélection d’Argentine de football via : https://commons.wikimedia.org/wiki/File:ECUADOR_VS_ARGENTINA_(36916460184).jpg

Jeudi 21 juin 2018. Cela fait exactement huit jours, depuis que la Coupe du monde de football a débuté en Russie. Et depuis, entre la victoire des uns et la défaite des autres, en si peu de temps, on a eu droit à des rebondissements, semblables parfois à des petits tremblements de terre. D’ailleurs, ce sont souvent ces genres d’émotions, qui font tout le charme du football, dont l’incertitude dans les résultats est une part de beauté.

Après un début de compétition mitigé, ponctué tout d’abord par un nul face à la modeste équipe islandaise, pour leur deuxième sortie dans le groupe D, l’entraineur argentin Jorge Sampaoli et ses hommes ont été donc condamnés à un exploit face à la Croatie. Cependant, loin de toutes les attentes, on a plutôt vu une sélection d’Argentine sans un réel engagement, dépassée au bout du compte par les évènements. Le support moral de Diego Maradona dans les tribunes du stade Nijni Novgorod, n’a pas pu rien contre une nouvelle contre-performance d’une équipe d’Argentine sans inspiration, à l’image de son portier Willy Caballero, auteur d’une grosse boulette sur l’ouverture du score des Croates par Rebić.

En effet, au-delà de la bévue monumentale du gardien, qui a certes précipité la dégringolade de l’Albiceleste, durant presque toute la rencontre, Messi et sa troupe n’ont jamais trouvé le bon tempo. D’une partie du terrain à l’autre, ils étaient incapables de se mettre sur un bon rythme de jeu. Presqu’aucun effort pour faire la différence à l’équipe croate, bien meilleure sur le plan tactique. Et à ce sujet justement, à un moment du match, scotché devant mon écran, j’avais comme l’impression que les Argentins jouaient en infériorité numérique, tant que les Croates occupaient tous les espaces du rectangle vert.

Considéré comme une machine à confusion dans ses choix tactiques, le sélectionneur argentin Jorge Sampaoli est d’une part le principal responsable de la débâcle de son équipe. Il l’a d’ailleurs assumé après la rencontre. D’autre part cependant, il n’a pas été du tout aidé par ses joueurs, qui n’ont jamais fait preuve d’orgueil et de caractère. Un sens d’irresponsabilité justifié entre autres par le manque de leadership du capitaine Messi, sans une réelle influence et dans le jeu et sur ses compagnons sur le terrain.

Ainsi, pour certains supporters argentins, évidemment très déçus de cette nouvelle piètre prestation de leur équipe, l’amertume est beaucoup plus dans la forme que dans la défaite elle-même. Car tactiquement, les Croates ont été largement supérieurs aux joueurs argentins. Dans cette partie, les poulains de l’ancien entraineur sévillan n’ont jamais eu le contrôle de la situation. Sans âme et sans armes, ils se font tabasser avec un accent d’humiliation inacceptable.

En tout cas, s’il faut évidemment remonter les bretelles des joueurs argentins, dépassés par les événements, on doit justement féliciter les Croates qui, durant toute la rencontre ont montré une détermination inébranlable. Une rage de vaincre notamment justifiée par la performance de Luka Modrić, élu d’ailleurs l’homme du match. Le milieu de terrain du Real Madrid nous a gratifiés d’une prestation digne de sa réputation de joueur de classe. Et cerise sur le gâteau, c’est lui qui a tué tous les espoirs argentins, en marquant le deuxième but de son équipe, d’une belle frappe depuis l’extérieur de la surface. Maestro.

Higuaín, Dybala appelés en renfort n’ont pas pu aider à sauver les meubles, dans une maison déjà pratiquement consumée. Avec un but de Rakitić dans les dernières minutes, ça fait 3-0 au coup de sifflet final en faveur des Croates, qualifiés du même coup avec 6/6 pour le tour suivant du tournoi. Entre-temps, le séjour de leur adversaire du jour, risque déjà de se limiter en Russie au premier tour de la Coupe du monde. Catastrophe.

Osman Jérôme


Brésil : les premières inquiétudes du grand favori

CC: Brazil_men's_football_team_2016_Olympics
CC: Brazil_men’s_football_team_2016_Olympics

Après des éliminatoires survolés avec matière et manière, il est évident que le Brésil débarque chez Poutine avec un statut de grandissime favori de la Coupe du monde. D’ailleurs, avant même le début de la compétition, en vertu des succès des matchs de préparation, on sentait déjà une réelle envie des Brésiliens de se passer du traumatisme de la débâcle de 2014, dont les images hantent aujourd’hui encore l’esprit des supporters. Maintenant, attendons de voir si la Seleção sera bel et bien à la hauteur de l’exploit attendu.
En attendant la réponse définitive, la première sortie du Brésil n’a pas été très convaincante, loin de là … 

Ces dernières années les observateurs du football se sont de plus en plus plantés dans les pronostics. On a eu droit à des surprises inédites. Le monde a évolué et la pratique du football n’est pas en reste. Les pays concernés consentissent à de nombreux efforts pour être à la hauteur des événements, et, c’est une bonne chose pour ceux qui regardent le foot en prenant en compte son côté esthétique. Car il faut reconnaître que ce n’est pas toujours intéressant d’assister à un match de football où la nette supériorité de l’une des deux équipes a tendance à réduire la beauté de la chose. Certes, il y aura toujours des différences de niveau, mais c’est quand même mieux quand c’est équilibré. Ça donne plus de sens au jeu. Bref.

Au regard de la somme des individualités des Brésiliens – avec notamment une armada offensive constituée des éléments parmi les plus dangereux actuellement dans les plus grands championnats européens – cette deuxième rencontre du groupe E entre le Brésil et la Suisse dimanche 17 juin à Rostov aurait dû être une simple formalité pour les partenaires de Neymar. Certainement, quand c’est sur le papier c’est même trop facile de le dire ! Mais, on le sait, la réalité du terrain en a souvent décidé autrement, surtout dans une compétition de grande envergure comme la Coupe du monde. Et c’était justement le cas dans ce « Brésil-Suisse ». Peu importe son statut, jamais une équipe n’acceptera de vendre sa peau à bon marché.

On ne cesse de le répéter : « il ne faut pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué ». Tite et sa belle sélection brésilienne viennent d’en faire la dure expérience face à l’équipe suisse de football. Pour son entrée en lice au Mondial, la Seleção, véritable favorite au succès final du tournoi,  s’est fait freiner par les Suisses. Lichtsteiner et ses coéquipiers se sont montrés très intelligents dans le jeu au moment de mettre en déroute le plan de jeu des Brésiliens.

Avec la qualité technique qu’on leur connait, les Brésiliens avaient pourtant bien démarré l’affaire. Les Marcelo, Neymar, Coutinho et Willian n’ont en effet pas pris trop de temps à monopoliser le cuir, ce qui obligeait les Suisses à commettre pas mal de fautes. Ainsi, à la vingtième minute de jeu, dans la foulée de cette domination, Philippe Coutinho a fait jaillir toute la clarté de sa technique, offrant l’ouverture du score au Brésil avec l’amour de la frappe comme on ne la voit pas tous les jours à la télévision. Une œuvre de toute beauté.

Neymar ou l’offensive brésilienne inefficace 

L’avantage du score au profit des Brésiliens dans le premier acte de la partie n’a pas du tout découragé les Suisses. Au contraire. Au retour des vestiaires, ils ont montré un visage beaucoup plus conquérant. Ainsi, cinq minutes seulement après le coup d’envoi de la deuxième période, ils ont trouvé leur égalisation grâce à Zuber. Le score de parité (1-1) restera donc inchangé jusqu’au coup de sifflet final de la partie.

On peut ne pas être d’accord, mais le Brésil aurait pu remporter le match s’il n’y avait pas eu ce manque de transmission, qui a caractérisé son attaque pendant presque toute la seconde mi-temps. Une inefficacité offensive, due en grande partie au style de jeu bling-bling de Neymar. Car l’attaquant parisien, bien que souffrant de pépins physiques, n’entend pas simplifier sa manière de jouer. D’une manière ou d’une autre, son côté one-man-show a eu des préjudices considérables sur l’épanouissement collectif du jeu brésilien.

Ce match nul, ce n’était que la première sortie, pour ne pas répéter ce même couac dans les prochaines confrontations, l’équipe du Brésil a intérêt à être beaucoup plus fluide dans la construction de son jeu, notamment au niveau de l’animation offensive.

Le tweet de la prudence

Quelques minutes avant le coup d’envoi de la rencontre, les fanatiques les plus zélés de la Seleção prévoyaient déjà une facile démonstration de leur équipe face à la Suisse. Toujours avec un peu de retenue dans mes observations, j’ai eu l’intelligence de faire ce tweet, en signe d’objectivité que requiert ce sport qu’est le football.
Rien n’est jamais totalement joué d’avance.

Osman Jérôme


Messi n’a pas répondu à l’appel

Lionel Messi via https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Lionel_Messi_in_tears_after_the_final.jpg
Lionel Messi via https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Lionel_Messi_in_tears_after_the_final.jpg

Être l’un des meilleurs joueurs de tous les temps, jouer dans l’un des plus grands clubs de football de la planète, avoir cinq ballons d’or… Ce ne sont pas des garanties pour ne pas rater son premier match dans une Coupe du monde de football. Si vous ne me croyez pas, allez donc demander à Lionel Messi, il vous donnera beaucoup plus de précisions.

En effet, ce samedi 16 juin 2018, pour cette première sortie de la sélection d’Argentine dans le Mondial, comme il est souvent d’habitude, Messi a été très attendu face à l’Islande. La pression sur ses épaules était énorme, surtout après les résultats de Ronaldo la veille. La Pulga devait donc se montrer à la hauteur. Mais, contrairement aux attentes et aux prévisions flatteuses des supporters, l’attaquant barcelonais est resté à côté de la plaque. Il s’est même offert le luxe de rater le penalty qui aurait pu donner la victoire à l’Argentine. Cela a encore un peu terni sa prestation, pourtant loin d’avoir été ridicule, en vérité. Mais pour un génie de la trempe de LM10, c’est une partie à oublier rapidement.

Au-delà de son manque de réussite face aux Islandais, c’est l’attitude nonchalante de Messi qui inquiète certains observateurs. Ils voient dans le comportement du 10 argentin un mec psychologiquement fragile, qui a souvent du mal à se relever dans des situations difficiles. Et ceci, que ce soit avec l’Argentine ou le Barça. Un comportement indigne d’un grand footballeur qui devrait incarner le leadership de sa troupe.

Sur un terrain de football, Messi est un extraterrestre, une sorte d’artiste capable de faire ce qui lui plait avec le ballon rond. On n’en a aucun doute. Que celui qui n’est jamais tombé sous son charme lève le petit doigt. Cependant, contrairement à ce qu’il fait souvent en club, les prestations du natif de Rosario sont parfois très critiquées en équipe nationale. On lui reproche de ne pas être toujours assez décisif, quand il s’agit de mener son pays au sommet de la gloire dans les grandes compétions internationales.

Et voilà que cette année encore, Messi est malheureusement rattrapé par ses vieux démons en début de ce tournoi mondial. Il a manqué son premier rendez-vous face aux Islandais avec un match nul. Il aurait pu lui-même offrir la victoire aux siens s’il avait été décisif dans son jeu. Ça c’est déjà du passé. Maintenant, Leo et ses coéquipiers doivent rapidement se reprendre, notamment dans les deux prochaines rencontres de l’Albicéleste face à la Croatie et au Nigéria, afin d’espérer en finir avec cette malédiction. Sinon, malgré toutes ses prouesses individuelles et collectives avec le Barça, Messi n’aura jamais le respect total de certains admirateurs. Même pas celle des supporters de l’Argentine, à bout de patience dans l’attente d’un nouveau titre majeur de leur équipe de football favorite.

Osman Jérôme


Une petite victoire pour les Bleus

Coupe du monde 2018, France-Australie/Crédit : Twitter de l’Equipe de Franc football
Coupe du monde 2018, France-Australie/Crédit : Twitter de l’Equipe de Franc football

Peu importe la piètre prestation du vainqueur, toujours est-il qu’au football, ce sont les trois points qui comptent finalement. Car ce n’est que dans le succès que tout le monde se réjouit. Le reste c’est pour l’appréciation des observateurs qui, eux aussi ont droit aux commentaires et aux critiques. Bref. Partant justement de ce principe, qui est loin d’être unanime en tout cas, Didier Deschamps et sa troupe ont pu partir tranquillement heureux aujourd’hui, après cette difficile victoire remportée contre une vaillante équipe australienne, d’ailleurs indexée à priori comme le maillon faible du groupe C de la Coupe du monde Russie 2018.

Avec tout le potentiel offensif qu’on reconnait cette équipe de France depuis quelques temps, les Bleus étaient donc partis largement favoris face à des Australiens, techniquement limités dans le jeu. Mais, probablement conscients de ce déficit, dans cette première confrontation dans la compétition, les Socceroos ont été d’une rigueur tactique à féliciter. Surtout sur le plan défensif, où ils ont souvent mis en échec les attaques françaises.

Sans trop grande surprise, les Français ont eu une bonne entame de match.  D’ailleurs, les quinze premières minutes de la rencontre annonçaient déjà un long chemin de croix pour leur adversaire du jour qui, au début, ne subissait que les vagues offensives des Bleus, avec surtout la triplette Griezmann, Mbappé et Dembélé, alignée dès le départ. Ce qui fut un petit coup de nouveauté par le sélectionneur, souvent critiqué pour son esprit de conservatisme reconnu. Cette fois, les détracteurs ne pourront dire que Deschamps a fait la sourde oreille aux exigences populaires. Car selon les observateurs, en temps normal, Olivier Giroud devrait conserver sa place de titulaire dans le onze du départ. Bon, ça c’est une autre histoire, revenons donc dans le match.

Des Australiens laborieux, des Français chanceux

Depuis déjà une bonne partie de la première période, malgré une légère possession pour les Français, au fil des minutes, l’équipe australienne gagne de plus en plus en confiance. Et face à l’inefficacité des attaquants adverses, visiblement en panne de connexion, les représentants de l’Asie reviennent petit à petit dans la partie, en créant quelques occasions dangereuses dans le camp français. Cependant, les attaquant n’ont pas été assez adroits pour faire la différence contre l’équipe française, qui a été très médiocre, s’il faut bien faire le rappel.

En effet, malgré un travail laborieux des poulains de Bert van Marwijk, c’est finalement la France, grâce à notamment l’assistance de la VAR et la goal-line technology, qui a remporté le duel (2-1) face à des Australiens, qui auront quand même des regrets au regard de la physionomie globale de la rencontre. Car n’étaient-ce pas leurs maladresses dans les dernières actions offensives, ils auraient pu même sauver le point du nul, avant d’aller défier le Danemark et le Pérou, leurs deux prochains adversaires. Par ailleurs, pour ce qui est de l’équipe française, elle reste encore beaucoup à prouver pour justifier toutes les attentes placées en elle.

Osman Jérôme


Ronaldo, puissance 3

Cristiano Ronaldo via https://commons.wikimedia.org/wiki/File:New_Zealand-Portugal_(14).jpg

Les nostalgiques du beau jeun’ont pas vraiment eu tort dans leurs prévisions, eux qui, nourris par leur sens de l’humour, avaient annoncé le « vrai début » de la Coupe du monde 2018 pour cet après-midi du 15 juin. Car, comparé aux trois précédentes rencontres de la compétition organisée cette année en Russie, le duel qui a opposé le Portugal à l’Espagne a été d’un niveau supérieur sur toute la ligne.

Le jeu, la technique, la tactique, l’intensité […], tous les ingrédients étaient donc disponibles pour un match de football mémorable Et comme on pouvait s’y attendre, de la première minute jusqu’au coup de sifflet final, la quatrième rencontre de la vingt-et-unième édition de la Coupe du monde de football a tenu toutes ses promesses. Les amateurs du foot se sont bien régalés. En effet, si les vingt-deux acteurs ont été à la hauteur de ce choc ibérique entre Portugais et Espagnols (David De Gea à un degré moindre), il y a évidemment un nom qui attirait beaucoup plus les projecteurs à la fin de la partie. L’homme de la soirée s’appelle Cristiano Ronaldo, auteur d’un « Hat-trick » dont un somptueux coup franc venu d’une autre planète, qui a laissé De Gea presque sans mouvement. Magique.

Décidément, au-delà de l’art, CR7 a aussi la manière de surprendre. Et depuis quelques temps, cela commence par devenir une bonne habitude. Le crack portugais a le don de sortir le grand jeu, de s’élever au-dessus de tous quand on s’y attend peut-être le moins. On se souvient tous de son exceptionnel retourné acrobatique face à la Juventus en avril dernier, au moment où certains étaient vraiment pessimistes quant à sa forme. Et voilà qu’aujourd’hui encore, grâce à son génie, son sens aiguisé du but, son charisme dans l’influence du jeu, Cristiano Ronaldo récolte les louanges du monde entier. Il vient d’estampiller un autre grand match de football de son empreinte technique et de son sens de leadership. Ce 15 juin 2018 a été une autre soirée de gloire pour l’homme aux cinq ballons d’or, dont le talent a permis au Portugal d’arracher le précieux point du match nul face une équipe espagnole tellement prometteuse.

Entre-temps, avec ce nouveau triplé, l’attaquant du Real Madrid a rejoint Seeler, Pelé et Klose dans le petit cercle très fermé des joueurs qui ont marqué dans quatre Coupes du monde. À trente-trois ans, pendant que certains le voient plutôt au seuil du déclin, CR7 ne fait qu’ajouter d’autres chefs-d’œuvre à son palmarès individuel, déjà long comme le bras d’un mendiant. En tout cas, si on lui a souvent reproché de ne pas marquer contre les grandes équipes avec sa sélection nationale, l’ancien joueur de Manchester United a fait avec ces trois buts contre la Roja un match qui resteront pendant longtemps dans les archives du football mondial.

Osman Jérôme