Osman

Toni Kroos ou le miracle allemand

Toni Kroos via : https://commons.wikimedia.org/wiki/File:UEFA_Euro_2012_qualifying_-_Austria_vs_Germany_2011-06-03_(06).jpg
Toni Kroos via : https://commons.wikimedia.org/wiki/File:UEFA_Euro_2012_qualifying_-_Austria_vs_Germany_2011-06-03_(06).jpg

Ce week-end la Russie a connu de nouvelles grandes émotions, notamment au Fisht Stadium, où Allemands et Suédois se sont affrontés dans un duel de haute intensité.


Une énorme pression reposait sur les dos des Allemands, qui ont été extrêmement décevants pour leur entrée dans la compétition, les champions du monde en titre ont en effet chuté face aux Mexicains (1-0) le 17 juin. Après cette défaite initiale, il fallait donc se ressaisir face aux suédois.

Les champions du monde sont de retour. Même si ce n’est pas avec les éclats attendus… la rencontre avec les suédois fut un vrai match à suspens, hautement disputé jusque dans les dernières secondes du temps additionnel. L’équipe allemande est finalement arrivée à s’imposer face à la Suède sur le fil par  un score de 2-1. Un « ouf » de soulagement, notamment pour le sélectionneur Joachim Löw, dont les choix tactiques ont été décriés ces derniers jours.

La possession allemande

Déjà en mauvaise posture dans le groupe F après leur défaite face au Mexique, les Allemands savaient  qu’ils n’avaient pas le droit à l’erreur dans cette confrontation avec la Suède. L’équipe suédoise était assez en forme, forte de sa victoire après sa première sortie face à la Corée du Sud (score 1-0). Mais samedi, dès le coup d’envoi de la rencontre, la Mannschaft manifestait son envie de monopoliser le jeu. Pendant les premières minutes de la partie, les Kroos, Reus, Müller, Draxler et Werner ne faisaient que mener des assauts offensifs contre des Suédois, qui se contentaient de bien défendre et d’opérer en contre.

Au fil des minutes, comme une évidence, l’Allemagne garde la possession de balle. Mais l’équipe adverse fait face : les suédois sont intelligemment regroupés sur le plan défensif et ne sont pas vraiment dérangés par l’attaque allemand. Ainsi, au milieu de la domination allemande, après une trentaine minute de jeu, la tactique suédoise s’est révélée payante. Car, pendant que les attaques allemandes répétées restaient sans succès, les Suédois, par l’intermédiaire d’Ola Toivonen, réussirent à ouvrir le score à la trente-deuxième minute. Jusqu’alors inefficaces à l’attaque, les Allemands ont pris comme un coup sur la tête.

L’avantage est donc aux Suédois dans la première période du match. Les champions du monde en titre sont virtuellement éliminés ! Un scénario impensable quelques jours auparavant, l’équipe de Joachim Löw avait même été donnée favorite à sa propre succession.

Une victoire méritée

Après maintes considérations, nous serons finalement tous d’accord pour dire que le résultat final de la rencontre en faveur de l’Allemagne n’est pas injuste. Même si on doit reconnaître que les Suédois ont tout fait pour arracher le point du nul. Mais, c’était sans compter avec la détermination des Allemands. Dans la douleur, ils n’ont jamais douté au succès, à l’image d’un Jérôme Boateng monstrueux dans toutes les parties du terrain. Au point même de se faire expulser à quelques minutes de la fin de la bataille !

L’égalisation est vite trouvée au début du second acte par Reus. Les Allemands n’ont jamais arrêté de mettre le pied sur l’accélérateur. Même si dans cette folle précipitation, ils ont failli se faire punir à plusieurs reprises par des Suédois souvent dangereux dans les contres. Heureusement, Manuel Neur a gardé des mains salvatrices : à plusieurs occasions, le portier munichois a dû sortir le grand jeu pour repousser les tentatives suédoises.

Le coup de génie

Dans ce genre de matchs où l’enjeu est important, les minutes passent comme des secondes. Entre les attaques allemandes et les défenses suédoises, les contre-attaques suédoises et les défenses allemandes, certains instants de la seconde mi-temps  ont été de toutes les émotions. Et, dans un battement de paupières, on s’est retrouvés à la 90e minute de jeu. Déjà ! Le score inchangé (1-1) qui persiste dans le tableau d’affichage élimine les Allemands du reste de la compétition, tandis qu’avec 4 points, la Suède se sent plus confortable pour aller chercher sa place de qualification pour les huitièmes de finale lors de son prochain rendez-vous face au Mexique.

Mais, les cinq minutes du temps additionnel ont tout fait basculer du côté des Allemands, portés à la victoire par un coup franc magistral  de son meneur de jeu Toni Kroos. Les allemands ont  évité le pire in extremis.

Malgré des statistiques flatteuses, le joueur du Real Madrid n’était pas dans un grand soir jusqu’à cette frappe victorieuse. Mais, les grands joueurs savent faire la différence, notamment dans les moments difficiles. Sans craquer, la tête sur les épaules, la magie dans les pieds, Toni Kroos a répondu comme il le fallait : un but à la 95e minute, qui permet à son équipe d’espérer un billet pour les huitièmes de finale.
Bien qu’aujourd’hui rien ne soit encore assuré.

Osman Jérôme


L’Argentine et Messi dans la tourmente

Sélection d’Argentine de football via : https://commons.wikimedia.org/wiki/File:ECUADOR_VS_ARGENTINA_(36916460184).jpg
Sélection d’Argentine de football via : https://commons.wikimedia.org/wiki/File:ECUADOR_VS_ARGENTINA_(36916460184).jpg

Jeudi 21 juin 2018. Cela fait exactement huit jours, depuis que la Coupe du monde de football a débuté en Russie. Et depuis, entre la victoire des uns et la défaite des autres, en si peu de temps, on a eu droit à des rebondissements, semblables parfois à des petits tremblements de terre. D’ailleurs, ce sont souvent ces genres d’émotions, qui font tout le charme du football, dont l’incertitude dans les résultats est une part de beauté.

Après un début de compétition mitigé, ponctué tout d’abord par un nul face à la modeste équipe islandaise, pour leur deuxième sortie dans le groupe D, l’entraineur argentin Jorge Sampaoli et ses hommes ont été donc condamnés à un exploit face à la Croatie. Cependant, loin de toutes les attentes, on a plutôt vu une sélection d’Argentine sans un réel engagement, dépassée au bout du compte par les évènements. Le support moral de Diego Maradona dans les tribunes du stade Nijni Novgorod, n’a pas pu rien contre une nouvelle contre-performance d’une équipe d’Argentine sans inspiration, à l’image de son portier Willy Caballero, auteur d’une grosse boulette sur l’ouverture du score des Croates par Rebić.

En effet, au-delà de la bévue monumentale du gardien, qui a certes précipité la dégringolade de l’Albiceleste, durant presque toute la rencontre, Messi et sa troupe n’ont jamais trouvé le bon tempo. D’une partie du terrain à l’autre, ils étaient incapables de se mettre sur un bon rythme de jeu. Presqu’aucun effort pour faire la différence à l’équipe croate, bien meilleure sur le plan tactique. Et à ce sujet justement, à un moment du match, scotché devant mon écran, j’avais comme l’impression que les Argentins jouaient en infériorité numérique, tant que les Croates occupaient tous les espaces du rectangle vert.

Considéré comme une machine à confusion dans ses choix tactiques, le sélectionneur argentin Jorge Sampaoli est d’une part le principal responsable de la débâcle de son équipe. Il l’a d’ailleurs assumé après la rencontre. D’autre part cependant, il n’a pas été du tout aidé par ses joueurs, qui n’ont jamais fait preuve d’orgueil et de caractère. Un sens d’irresponsabilité justifié entre autres par le manque de leadership du capitaine Messi, sans une réelle influence et dans le jeu et sur ses compagnons sur le terrain.

Ainsi, pour certains supporters argentins, évidemment très déçus de cette nouvelle piètre prestation de leur équipe, l’amertume est beaucoup plus dans la forme que dans la défaite elle-même. Car tactiquement, les Croates ont été largement supérieurs aux joueurs argentins. Dans cette partie, les poulains de l’ancien entraineur sévillan n’ont jamais eu le contrôle de la situation. Sans âme et sans armes, ils se font tabasser avec un accent d’humiliation inacceptable.

En tout cas, s’il faut évidemment remonter les bretelles des joueurs argentins, dépassés par les événements, on doit justement féliciter les Croates qui, durant toute la rencontre ont montré une détermination inébranlable. Une rage de vaincre notamment justifiée par la performance de Luka Modrić, élu d’ailleurs l’homme du match. Le milieu de terrain du Real Madrid nous a gratifiés d’une prestation digne de sa réputation de joueur de classe. Et cerise sur le gâteau, c’est lui qui a tué tous les espoirs argentins, en marquant le deuxième but de son équipe, d’une belle frappe depuis l’extérieur de la surface. Maestro.

Higuaín, Dybala appelés en renfort n’ont pas pu aider à sauver les meubles, dans une maison déjà pratiquement consumée. Avec un but de Rakitić dans les dernières minutes, ça fait 3-0 au coup de sifflet final en faveur des Croates, qualifiés du même coup avec 6/6 pour le tour suivant du tournoi. Entre-temps, le séjour de leur adversaire du jour, risque déjà de se limiter en Russie au premier tour de la Coupe du monde. Catastrophe.

Osman Jérôme


Brésil : les premières inquiétudes du grand favori

CC: Brazil_men's_football_team_2016_Olympics
CC: Brazil_men’s_football_team_2016_Olympics

Après des éliminatoires survolés avec matière et manière, il est évident que le Brésil débarque chez Poutine avec un statut de grandissime favori de la Coupe du monde. D’ailleurs, avant même le début de la compétition, en vertu des succès des matchs de préparation, on sentait déjà une réelle envie des Brésiliens de se passer du traumatisme de la débâcle de 2014, dont les images hantent aujourd’hui encore l’esprit des supporters. Maintenant, attendons de voir si la Seleção sera bel et bien à la hauteur de l’exploit attendu.
En attendant la réponse définitive, la première sortie du Brésil n’a pas été très convaincante, loin de là … 

Ces dernières années les observateurs du football se sont de plus en plus plantés dans les pronostics. On a eu droit à des surprises inédites. Le monde a évolué et la pratique du football n’est pas en reste. Les pays concernés consentissent à de nombreux efforts pour être à la hauteur des événements, et, c’est une bonne chose pour ceux qui regardent le foot en prenant en compte son côté esthétique. Car il faut reconnaître que ce n’est pas toujours intéressant d’assister à un match de football où la nette supériorité de l’une des deux équipes a tendance à réduire la beauté de la chose. Certes, il y aura toujours des différences de niveau, mais c’est quand même mieux quand c’est équilibré. Ça donne plus de sens au jeu. Bref.

Au regard de la somme des individualités des Brésiliens – avec notamment une armada offensive constituée des éléments parmi les plus dangereux actuellement dans les plus grands championnats européens – cette deuxième rencontre du groupe E entre le Brésil et la Suisse dimanche 17 juin à Rostov aurait dû être une simple formalité pour les partenaires de Neymar. Certainement, quand c’est sur le papier c’est même trop facile de le dire ! Mais, on le sait, la réalité du terrain en a souvent décidé autrement, surtout dans une compétition de grande envergure comme la Coupe du monde. Et c’était justement le cas dans ce « Brésil-Suisse ». Peu importe son statut, jamais une équipe n’acceptera de vendre sa peau à bon marché.

On ne cesse de le répéter : « il ne faut pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué ». Tite et sa belle sélection brésilienne viennent d’en faire la dure expérience face à l’équipe suisse de football. Pour son entrée en lice au Mondial, la Seleção, véritable favorite au succès final du tournoi,  s’est fait freiner par les Suisses. Lichtsteiner et ses coéquipiers se sont montrés très intelligents dans le jeu au moment de mettre en déroute le plan de jeu des Brésiliens.

Avec la qualité technique qu’on leur connait, les Brésiliens avaient pourtant bien démarré l’affaire. Les Marcelo, Neymar, Coutinho et Willian n’ont en effet pas pris trop de temps à monopoliser le cuir, ce qui obligeait les Suisses à commettre pas mal de fautes. Ainsi, à la vingtième minute de jeu, dans la foulée de cette domination, Philippe Coutinho a fait jaillir toute la clarté de sa technique, offrant l’ouverture du score au Brésil avec l’amour de la frappe comme on ne la voit pas tous les jours à la télévision. Une œuvre de toute beauté.

Neymar ou l’offensive brésilienne inefficace 

L’avantage du score au profit des Brésiliens dans le premier acte de la partie n’a pas du tout découragé les Suisses. Au contraire. Au retour des vestiaires, ils ont montré un visage beaucoup plus conquérant. Ainsi, cinq minutes seulement après le coup d’envoi de la deuxième période, ils ont trouvé leur égalisation grâce à Zuber. Le score de parité (1-1) restera donc inchangé jusqu’au coup de sifflet final de la partie.

On peut ne pas être d’accord, mais le Brésil aurait pu remporter le match s’il n’y avait pas eu ce manque de transmission, qui a caractérisé son attaque pendant presque toute la seconde mi-temps. Une inefficacité offensive, due en grande partie au style de jeu bling-bling de Neymar. Car l’attaquant parisien, bien que souffrant de pépins physiques, n’entend pas simplifier sa manière de jouer. D’une manière ou d’une autre, son côté one-man-show a eu des préjudices considérables sur l’épanouissement collectif du jeu brésilien.

Ce match nul, ce n’était que la première sortie, pour ne pas répéter ce même couac dans les prochaines confrontations, l’équipe du Brésil a intérêt à être beaucoup plus fluide dans la construction de son jeu, notamment au niveau de l’animation offensive.

Le tweet de la prudence

Quelques minutes avant le coup d’envoi de la rencontre, les fanatiques les plus zélés de la Seleção prévoyaient déjà une facile démonstration de leur équipe face à la Suisse. Toujours avec un peu de retenue dans mes observations, j’ai eu l’intelligence de faire ce tweet, en signe d’objectivité que requiert ce sport qu’est le football.
Rien n’est jamais totalement joué d’avance.

Osman Jérôme


Messi n’a pas répondu à l’appel

Lionel Messi via https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Lionel_Messi_in_tears_after_the_final.jpg
Lionel Messi via https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Lionel_Messi_in_tears_after_the_final.jpg

Être l’un des meilleurs joueurs de tous les temps, jouer dans l’un des plus grands clubs de football de la planète, avoir cinq ballons d’or… Ce ne sont pas des garanties pour ne pas rater son premier match dans une Coupe du monde de football. Si vous ne me croyez pas, allez donc demander à Lionel Messi, il vous donnera beaucoup plus de précisions.

En effet, ce samedi 16 juin 2018, pour cette première sortie de la sélection d’Argentine dans le Mondial, comme il est souvent d’habitude, Messi a été très attendu face à l’Islande. La pression sur ses épaules était énorme, surtout après les résultats de Ronaldo la veille. La Pulga devait donc se montrer à la hauteur. Mais, contrairement aux attentes et aux prévisions flatteuses des supporters, l’attaquant barcelonais est resté à côté de la plaque. Il s’est même offert le luxe de rater le penalty qui aurait pu donner la victoire à l’Argentine. Cela a encore un peu terni sa prestation, pourtant loin d’avoir été ridicule, en vérité. Mais pour un génie de la trempe de LM10, c’est une partie à oublier rapidement.

Au-delà de son manque de réussite face aux Islandais, c’est l’attitude nonchalante de Messi qui inquiète certains observateurs. Ils voient dans le comportement du 10 argentin un mec psychologiquement fragile, qui a souvent du mal à se relever dans des situations difficiles. Et ceci, que ce soit avec l’Argentine ou le Barça. Un comportement indigne d’un grand footballeur qui devrait incarner le leadership de sa troupe.

Sur un terrain de football, Messi est un extraterrestre, une sorte d’artiste capable de faire ce qui lui plait avec le ballon rond. On n’en a aucun doute. Que celui qui n’est jamais tombé sous son charme lève le petit doigt. Cependant, contrairement à ce qu’il fait souvent en club, les prestations du natif de Rosario sont parfois très critiquées en équipe nationale. On lui reproche de ne pas être toujours assez décisif, quand il s’agit de mener son pays au sommet de la gloire dans les grandes compétions internationales.

Et voilà que cette année encore, Messi est malheureusement rattrapé par ses vieux démons en début de ce tournoi mondial. Il a manqué son premier rendez-vous face aux Islandais avec un match nul. Il aurait pu lui-même offrir la victoire aux siens s’il avait été décisif dans son jeu. Ça c’est déjà du passé. Maintenant, Leo et ses coéquipiers doivent rapidement se reprendre, notamment dans les deux prochaines rencontres de l’Albicéleste face à la Croatie et au Nigéria, afin d’espérer en finir avec cette malédiction. Sinon, malgré toutes ses prouesses individuelles et collectives avec le Barça, Messi n’aura jamais le respect total de certains admirateurs. Même pas celle des supporters de l’Argentine, à bout de patience dans l’attente d’un nouveau titre majeur de leur équipe de football favorite.

Osman Jérôme


Une petite victoire pour les Bleus

Coupe du monde 2018, France-Australie/Crédit : Twitter de l’Equipe de Franc football
Coupe du monde 2018, France-Australie/Crédit : Twitter de l’Equipe de Franc football

Peu importe la piètre prestation du vainqueur, toujours est-il qu’au football, ce sont les trois points qui comptent finalement. Car ce n’est que dans le succès que tout le monde se réjouit. Le reste c’est pour l’appréciation des observateurs qui, eux aussi ont droit aux commentaires et aux critiques. Bref. Partant justement de ce principe, qui est loin d’être unanime en tout cas, Didier Deschamps et sa troupe ont pu partir tranquillement heureux aujourd’hui, après cette difficile victoire remportée contre une vaillante équipe australienne, d’ailleurs indexée à priori comme le maillon faible du groupe C de la Coupe du monde Russie 2018.

Avec tout le potentiel offensif qu’on reconnait cette équipe de France depuis quelques temps, les Bleus étaient donc partis largement favoris face à des Australiens, techniquement limités dans le jeu. Mais, probablement conscients de ce déficit, dans cette première confrontation dans la compétition, les Socceroos ont été d’une rigueur tactique à féliciter. Surtout sur le plan défensif, où ils ont souvent mis en échec les attaques françaises.

Sans trop grande surprise, les Français ont eu une bonne entame de match.  D’ailleurs, les quinze premières minutes de la rencontre annonçaient déjà un long chemin de croix pour leur adversaire du jour qui, au début, ne subissait que les vagues offensives des Bleus, avec surtout la triplette Griezmann, Mbappé et Dembélé, alignée dès le départ. Ce qui fut un petit coup de nouveauté par le sélectionneur, souvent critiqué pour son esprit de conservatisme reconnu. Cette fois, les détracteurs ne pourront dire que Deschamps a fait la sourde oreille aux exigences populaires. Car selon les observateurs, en temps normal, Olivier Giroud devrait conserver sa place de titulaire dans le onze du départ. Bon, ça c’est une autre histoire, revenons donc dans le match.

Des Australiens laborieux, des Français chanceux

Depuis déjà une bonne partie de la première période, malgré une légère possession pour les Français, au fil des minutes, l’équipe australienne gagne de plus en plus en confiance. Et face à l’inefficacité des attaquants adverses, visiblement en panne de connexion, les représentants de l’Asie reviennent petit à petit dans la partie, en créant quelques occasions dangereuses dans le camp français. Cependant, les attaquant n’ont pas été assez adroits pour faire la différence contre l’équipe française, qui a été très médiocre, s’il faut bien faire le rappel.

En effet, malgré un travail laborieux des poulains de Bert van Marwijk, c’est finalement la France, grâce à notamment l’assistance de la VAR et la goal-line technology, qui a remporté le duel (2-1) face à des Australiens, qui auront quand même des regrets au regard de la physionomie globale de la rencontre. Car n’étaient-ce pas leurs maladresses dans les dernières actions offensives, ils auraient pu même sauver le point du nul, avant d’aller défier le Danemark et le Pérou, leurs deux prochains adversaires. Par ailleurs, pour ce qui est de l’équipe française, elle reste encore beaucoup à prouver pour justifier toutes les attentes placées en elle.

Osman Jérôme


Ronaldo, puissance 3

Cristiano Ronaldo via https://commons.wikimedia.org/wiki/File:New_Zealand-Portugal_(14).jpg

Les nostalgiques du beau jeun’ont pas vraiment eu tort dans leurs prévisions, eux qui, nourris par leur sens de l’humour, avaient annoncé le « vrai début » de la Coupe du monde 2018 pour cet après-midi du 15 juin. Car, comparé aux trois précédentes rencontres de la compétition organisée cette année en Russie, le duel qui a opposé le Portugal à l’Espagne a été d’un niveau supérieur sur toute la ligne.

Le jeu, la technique, la tactique, l’intensité […], tous les ingrédients étaient donc disponibles pour un match de football mémorable Et comme on pouvait s’y attendre, de la première minute jusqu’au coup de sifflet final, la quatrième rencontre de la vingt-et-unième édition de la Coupe du monde de football a tenu toutes ses promesses. Les amateurs du foot se sont bien régalés. En effet, si les vingt-deux acteurs ont été à la hauteur de ce choc ibérique entre Portugais et Espagnols (David De Gea à un degré moindre), il y a évidemment un nom qui attirait beaucoup plus les projecteurs à la fin de la partie. L’homme de la soirée s’appelle Cristiano Ronaldo, auteur d’un « Hat-trick » dont un somptueux coup franc venu d’une autre planète, qui a laissé De Gea presque sans mouvement. Magique.

Décidément, au-delà de l’art, CR7 a aussi la manière de surprendre. Et depuis quelques temps, cela commence par devenir une bonne habitude. Le crack portugais a le don de sortir le grand jeu, de s’élever au-dessus de tous quand on s’y attend peut-être le moins. On se souvient tous de son exceptionnel retourné acrobatique face à la Juventus en avril dernier, au moment où certains étaient vraiment pessimistes quant à sa forme. Et voilà qu’aujourd’hui encore, grâce à son génie, son sens aiguisé du but, son charisme dans l’influence du jeu, Cristiano Ronaldo récolte les louanges du monde entier. Il vient d’estampiller un autre grand match de football de son empreinte technique et de son sens de leadership. Ce 15 juin 2018 a été une autre soirée de gloire pour l’homme aux cinq ballons d’or, dont le talent a permis au Portugal d’arracher le précieux point du match nul face une équipe espagnole tellement prometteuse.

Entre-temps, avec ce nouveau triplé, l’attaquant du Real Madrid a rejoint Seeler, Pelé et Klose dans le petit cercle très fermé des joueurs qui ont marqué dans quatre Coupes du monde. À trente-trois ans, pendant que certains le voient plutôt au seuil du déclin, CR7 ne fait qu’ajouter d’autres chefs-d’œuvre à son palmarès individuel, déjà long comme le bras d’un mendiant. En tout cas, si on lui a souvent reproché de ne pas marquer contre les grandes équipes avec sa sélection nationale, l’ancien joueur de Manchester United a fait avec ces trois buts contre la Roja un match qui resteront pendant longtemps dans les archives du football mondial.

Osman Jérôme


Puerto Plata, les cinq raisons d’une belle preuve d’amour

Puerto Plata, République dominicaine © Osman
Puerto Plata, République dominicaine © Osman

La distance imposée par les circonstances n’a rien enlevé de mon affection pour Puerto Plata, cette ville touristique située au Nord de la République dominicaine. Au contraire, enveloppé depuis quelques jours dans la trame de ma nostalgie, il a fallu me remettre aux bienfaits des beaux souvenirs, pour ne pas sombrer dans un chagrin susceptible d’être pathologique. Je reste toujours attaché à la ville, comme le chant à la danse. 

Entre Puerto Plata et moi, c’est une longue et belle histoire d’amour. Une espèce d’aventure jalonnée d’expériences et d’anecdotes, capables de faire un roman. Car depuis octobre 2009 que j’habite la ville, entre les études, le travail et les relations, la ville aussi n’a cessé de m’habiter. Et ceci, même dans mes voyages et dans mes rêves. Puerto Plata m’a gâté, au point qu’aujourd’hui, loin de la chaleur de ses matins ensoleillés et l’odeur de ses nuits sans sommeil, je lui dédie ce billet en signe d’amour et de reconnaissance.

Au départ, ça n’a pas été trop facile. Nouvelle culture, nouvelle langue, il m’a fallu un peu de temps pour une adaptation adéquate à ce nouvel environnement. Détaché de ma famille et de mes proches, je devais apprendre à me débrouiller tout seul sur cette terre étrangère. L’école, l’église, de nouveaux amis, au fil du temps, j’ai fini par m’adapter avec le mode de vie de cette province, affectueusement appelée « La Novia del Atlántico ».

Au-delà de mes études et de mes expériences de travail, pour ce qui est de la maturité, Puerto Plata est d’une grande importance dans mon développement personnel. J’y ai côtoyé des gens extraordinaires qui, d’une manière ou d’une autre, ont contribué à faire de moi une meilleure personne. J’ai goûté aux plaisirs de cette ville, réputée d’ailleurs d’être une destination pour les viveurs. Je garde de cette ville des souvenirs, dont même les secousses de l’Alzheimer ne peuvent pas enlever du sol de ma mémoire. Et voici entre autres, cinq raisons qui expliquent mon amour pour Puerto Plata.

La propreté

Puerto Plata, République dominicaine © Osman
Puerto Plata, République dominicaine © Osman

Une ville propre et attractive est souvent une destination privilégiée par les touristes. À Puerto Plata, les gens le savent très bien. D’ailleurs, les poumons économiques de la province ne respirent qu’en grande partie du tourisme. Entre le style et la construction des maisons, et la propreté des rues, certains quartiers à Puerto Plata sont d’une organisation de toute beauté. Au-delà de la volonté politique, il y a aussi la conscience collective de la population, se montrant tout aussi impliquer quant à la protection de son environnement. Alors, dans les campagnes éducatives contre l’insalubrité, le message est clair : « Une ville propre, c’est la responsabilité de tous ».

La vie nocturne

Puerto Plata, République dominicaine © Osman
Puerto Plata, République dominicaine © Osman

Entre les sorties aux restaurants, le son et la lumière des discothèques, l’ambiance des bars, le commerce sexuel sur les trottoirs, la nuit à Puerto Plata est d’un dynamisme extraordinaire. Et en parlant justement de divertissements nocturnes, Puerto Plata est une référence sur la carte géographique de la République dominicaine. En semaine comme en week-end, la ville vibre au rythme de toutes sortes de divertissements : danse, musique, plages, excursions. Le tout sur le fond d’une ambiance tropicale, qui fait les délices des résidents et des visiteurs de passage. Ici, peu importe les soucis du quotidien, les gens ont toujours tendance à croquer la vie à pleines dents.

Le Street art


Fresque à Puerto Plata © Osman Jérôme

Comme je l’ai mentionné dans un précédent billet, le Street art connait une expansion de plus en plus fulgurante dans certaines rues à Puerto Plata. D’un quartier à l’autre, difficile de ne pas tomber sur des murs tagués pour rendre hommage à un personnage public ou pour faire passer certaines revendications sociales ou politiques. Face au charme de cette expression artistique, je me régale toujours de photographier ces fresques, souvent réalisées avec la plus grande des créativités.

Les stations balnéaires 

Puerto Plata, République dominicaine © Osman
Puerto Plata, République dominicaine © Osman

Pour beaucoup de Dominicains, Puerto Plata est une destination privilégiée pour les rendez-vous au bord de la mer, notamment en week-end et les jours fériés. Ainsi, non sans une grande fierté, les habitants de Puerto Plala estiment que leur ville possède les plus belles plages du pays. Pour vouloir garder une certaine objectivité dans mes idées, je ne vais pas réellement affirmer de tel discours, parfois teinté de propagande régionaliste.  Cependant, celui qui a déjà séjourné au moins une fois à Puerto Plata retiendra quand même la beauté de sa côte littorale, où les vagues des plages projettent une vue extraordinaire.

Par ailleurs, si Puerto Plata est aujourd’hui l’un des principaux pôles touristiques de la République dominicaine, voire même de la région caribéenne, c’est en partie grâce à la beauté de ses belles plages et de ses stations balnéaires, de plus en plus courtisées par les vacanciers du monde entier.

 Les traditions culturelles

Puerto Plata, République dominicaine © Osman
Puerto Plata, République dominicaine © Osman

On reconnait souvent un peuple par sa culture. En dépit d’un phénomène d’acculturation de plus en plus envahissant, la République dominicaine a quand même conservé des symbolismes de ses traditions culturelles. À Puerto Plata, le constat est évident. Des maisons victoriennes, la musique et les danses locales, les croyances, les fêtes patronales, le carnaval… Entre son, saveur et couleurs, les hanches de la ville bougent au rythme des anciennes traditions, toujours présentes dans la vie des habitants.

Pour traduire certains sentiments d’amour, les mots et les verbes ont parfois tendance à faillir à leurs responsabilités sémantiques. Heureusement, tout ne s’explique pas par la beauté des expressions. Pour toutes ces raisons et bien d’autres encore, Puerto Plata je t’aime. Partout où je suis, je te porte avec moi dans mon cœur, sans cesse attachée à la beauté de ton paysage, à l’odeur de ta terre mouillée, à la verdure de tes montagnes, aux vagues de tes mers attendrissantes, à la chaleur de tes nuits torrides. Comme mon ombre qui me suit à chaque pas, les souvenirs de toi habitent mon quotidien.

Osman Jérôme


Chronique de ma cinquième opération chirurgicale

Opération chirurgicale © pixabay
Opération chirurgicale © pixabay

À mon grand dam, après quatre premières expériences (2005, 2008, 2010, 2012), mon aventure dans les salles d’opération a dû continuer. Car en dépit de toutes les stratégies utilisées, de toutes les dispositions prises par les chirurgiens consultés jusqu’ici, un problème persiste encore à mon pied gauche. Il m’a donc fallu une énième intervention chirurgicale pour tester une nouvelle alternative.

Après quatre premières interventions chirurgicales subies en Haïti et en République dominicaine, le vendredi 26 janvier 2018 dernier, dans un hôpital à New-York, j’ai été une nouvelle fois soumis au contact des bistouris, des pinces et des ciseaux des salles d’opération. Toujours pour un problème de chéloïde qui m’a beaucoup retardé dans l’accomplissement de certains projets.

Peu importe le nombre de visites, on ne s’habitue jamais aux espaces climatisés des salles d’opération chirurgicale. Encore moins aux bistouris, dont la simple évocation peut entraîner une véritable psychose chez beaucoup de patients. Après cinq expériences, je crois avoir assez vu et vécu pour en parler ainsi. Il y a toujours ce stress qui vient s’emparer de votre organisme, peu de temps avant les interventions.

Il est déjà dix heures du matin quand j’arrive au quatrième étage de ce centre hospitalier de Brooklyn. Difficile d’offrir d’autres occupations à ma pensée, déjà colonisée par les images désagréables des interventions chirurgicales antérieures. Du coup, mes nerfs deviennent incontrôlables. Et cela empire quand des membres du personnel de l’unité de soins commencent à s’approcher de moi pour les prises en charge préliminaires.

La tête plongée dans un livre, les yeux rivés sur l’écran d’un téléphone, je vois d’autres patients plus ou moins détendus dans le couloir. À chacun sa manière de réduire le stress préopératoire. Dans mon cas, durant les heures d’attente, j’épuise pratiquement la batterie de mon téléphone. Celui-ci me sert notamment de distraction. Entre la voix du conteur et l’humoriste haïtien Maurice Sixto et celle du chanteur engagé Manno Charlemagne, récemment décédé, j’ai cru pouvoir mieux préparer mon corps et mon esprit, visiblement ennuyés par cette nouvelle expérience.

Cependant, vers les seize heures, une fois entré dans le bloc opératoire,une grande anxiété me prend. Elle fait trembler mon corps, comme un patient atteint du Parkinson. Se rendant compte de mon inconfort émotionnel face à la situation, le médecin anesthésiste a quelques mots pour tenter vainement de me mettre à l’aise. Heureusement, il ne m’a pas fallu beaucoup de temps pour être endormi pour la suite du processus.

Vers les dix-huit heures, je sors de la salle d’opération. Avec une amabilité très remarquable, un brancardier me transporte vers une autre salle pour des soins postopératoires Toujours sous les effets analgésiques de l’anesthésie, je ne ressens aucune sensation réelle de douleur. Mais je me sens un peu bizarre dans mon corps, je suis pris d’une certaine fébrilité. Cela fait déjà presqu’une journée que j’ai été interdit de tout contact avec les aliments. Et d’ailleurs, je dois attendre encore avant de pouvoir goûter à quelque chose.

Entre-temps, allongé sur le lit, la tête légèrement soulevée, je peux placer et recevoir des appels, répondre aux messages de certains amis et proches, soucieux d’avoir de mes nouvelles après cette nouvelle chirurgie. Ils ont eu raison de se faire du souci, car j’ai perdu beaucoup de sang. C’est d’ailleurs pour cela qu’on m’a gardé à l’hôpital après l’intervention chirurgicale : le temps de m’offrir les attentions nécessaires à mon cas.

Opération chirurgicale © Osman
Opération chirurgicale © Osman

On s’approche des huit heures du soir, je commence à ressentir les premières douleurs. Au rythme des minutes qui s’écoulent dans le cadran de cette horloge en plastique placée à ma droite, l’intensité de la douleur ne cesse d’augmenter. Au point qu’elle devient insupportable. C’est alors qu’une jolie infirmière s’approche de moi, me disant dans un anglais que je comprends à peine (d’ailleurs, je ne parle vraiment pas l’anglais) que selon les indications du chirurgien, je dois attendre au moins deux heures avant d’avoir accès aux analgésiques. Comme un coup de tonnerre dans un ciel déjà menaçant, cette information ne fait qu’augmenter ma souffrance. J’ai l’impression d’être à l’agonie.

Je souffre. Et je souffre encore. Je me mets à compter les minutes. Elles sont d’une mauvaise lenteur dans ces circonstances. Finalement, il est dix heures. L’infirmière de service est de retour, cette fois-ci avec un air un peu fatigué. Elle a beaucoup de travail, car elle ne s’occupe pas seulement de moi. Elle m’a fait avaler un médicament dont la simple odeur a failli me faire évanouir. Les effets de soulagement ont mis du temps. Et je continue à gémir. Avant de me laisser, la soignante m’a promis de revenir à deux heures du matin pour une autre dose de médicament, soit quatre heures plus tard.

Permettez-moi de vous épargner de tous les détails concernant les douleurs qui s’en sont suivies au cours de la nuit. Car même en évoquant ces souvenirs, je suis pris de sensations fort désagréables. La nuit a été longue et lamentable. Mais le nouveau jour est quand même apparu, m’offrant une atmosphère de soulagement. Mon pied reste toujours immobile. Mais la douleur a perdu en intensité. Au point que j’ai dormi pendant quelques heures avant de rentrer chez moi, dans l’après-midi de ce samedi 27 janvier 2018.

Pour l’instant, alité depuis quelques jours, entre les rendez-vous à l’hôpital et la lecture de certains ouvrages intéressants, dont « Le parfum de Nour » de la romancière québécoise d’origine palestinienne Yara El-Ghadban, je récupère lentement, mais sûrement.

Osman Jérôme


Tu n’as jamais quitté mon cœur

Crédit photo : pixabay.com
Crédit photo : pixabay.com

L’amertume qui a préfacé l’arrivée de l’aurore

A plongé ma chambre dans un triste décor

La petite pièce faiblement éclairée

Est muette de toute gaieté.

 

Dehors, comme dans mon cœur en deuil

Ce matin, il n’y avait point de soleil

D’ailleurs, le jour avait du mal à se lever

Comme si la nuit ne voulait pas s’en aller.

 

Dans la lenteur du temps somnolent

Je pense à toi, jamais comme avant

Et tout ce qui faisait ta beauté

Défile sur l’écran de ma pensée.

 

Les tristes souvenirs de ton départ

Viennent encombrer ma mémoire

Entre-temps, dans mon cœur endolori

Résonne le tam-tam de la nostalgie.

 

Delly Benson et toutes ses belles chansons

Ne pouvaient rien contre ma consternation

Les claviers et l’écran de mon ordinateur

Ont été témoins de mes yeux en pleurs.

 

Entre les douleurs de ton absence

Et le vide laissé par ta présence

C’est avec un sentiment de regret

Que je vis ma vie depuis ton décès.

 

Ton corps allongé dans un cercueil

Et depuis, tu n’es plus sous le soleil

Tu es donc partie sans même récolter

Ce que tu as courageusement semé.

 

Tu es partie pour ne jamais revenir

Aucun espoir de te revoir sourire

Sur ma joue accablante

Toujours des larmes brûlantes.

 

Aujourd’hui, onze ans après ta disparation

Penser à toi est toujours une obsession

Comme l’amour est plus fort que la mort

Dans mon cœur, je te porte comme un trésor.

 

En mémoire de ma mère Osina Cajuste, décédée en octobre 2006.

Osman Jérôme


Des fresques et des personnages

Fresque de Biggie (C) Osman
Fresque de Biggie (C) Osman

Dans certaines grandes villes du monde, le street art devient une tendance de plus en plus à la mode. Les rues se transforment en un lieu privilégié par les graffiteurs. Ils y voient une espace de liberté d’expression, soutenue par la créativité artistique. En effet, ce qui est surtout intéressant dans cette démarche, c’est qu’au-delà de l’appréciation esthétique du travail, ce sont surtout des œuvres à haute dimension sociale et politique dans la majorité des cas. L’art ne fait rien pour rien.

Ma passion pour la photographie aidant, je suis toujours fasciné par des espaces jalonnés des fresques. Coïncidence plutôt heureuse, je suis souvent tombé sur des portraits les uns plus beaux que les autres. Aujourd’hui, dans ce nouveau billet consacré à la peinture murale, je vous propose un angle particulier avec la tête de certains personnages mis à l’honneur par les artistes.

George Latore Wallace

Fresque de Biggie (C) Osman
Fresque de Biggie (C) Osman

Consommateur du rap ou pas, dans les magazines ou dans les documentaires, vous avez sûrement déjà entendu parler de Christopher George Latore Wallace dit Biggie. Un nom vénéré comme une légende dans la culture du hip-hop. D’ailleurs, le nom de Biggie et celui de Tupac Shakur (autre figure emblématique du rap américain) sont attribués au plus grand clash jamais connu dans le milieu du hip-hop. Aujourd’hui, vingt ans après son assassinat, le chef de file du rap east coast vit dans la mémoire de ses admirateurs. À Brooklyn où The Notorious B.I.G. est né, plusieurs fresques sont érigées en son honneur.

Donald Trump 

Fresque de Donald Trump (C) Osman
Fresque de Donald Trump (C) Osman

Campagne électorale bouleversante, président controversé, entre ses tweets acerbes et ses sorties provocatrices, Donald Trump représente à lui seul tout un monde. En si peu de temps comme premier citoyen à la tête des Etats-Unis, le milliardaire a changé l’ordre et la tradition des choses établies. Au point que sa conduite à la tête de la première puissance économique mondiale fait l’objet de grands doutes chez les observateurs. Ce serait donc étonnant que les artistes urbains n’aient pas été intéressés par ce type de profil. Un artiste du collectif Bushwick à New York y est allé de son petit travail. À vous donc d’apprécier.

Jean-Jacques Dessalines

Fresque de Jean Jacque Dessalines (C) Osman
Fresque de Jean-Jacques Dessalines (C) Osman

L’histoire politique du monde est jalonnée de grandes révolutions, de soulèvements les uns plus sanglants que les autres. Ces révoltes ont donné naissance à des leaders et des révolutionnaires qui, d’une manière ou d’une autre, ont marqué les grandes pages de l’histoire. Au panthéon de ces hommes qui ont donné leur vie pour l’émancipation des opprimés, se trouve évidemment le nom de Jean-Jacques Dessalines, visionnaire de son état. Par sa fougue et sa détermination, l’ancien esclave a conduit la Révolution haïtienne jusqu’à l’indépendance du pays en 1804. Premier Empereur d’Haïti sous le nom de Jacques 1er, le père fondateur de la nation a été lâchement assassiné le 17 octobre 1806. Il est mort sans réellement concrétiser son rêve d’un pays socialement équilibré. Ainsi, 213 ans après l’indépendance nationale, l’idéal dessalinien reste une utopie pour la Première République noire du monde. À Saint-Marc, un artiste urbain a voulu rendre hommage au père de la nation haïtienne avec cette peinture murale, dessinée sur la façade d’une maison privée.

Ernesto Che Guevara

Fresque de Che Guevara (C) Osman
Fresque de Che Guevara (C) Osman

Une lutte sociopolitique très mouvementée, une capture et une exécution spectaculaire, entre sa vie de rebelle et sa mort, Ernesto Che Guevara représente à lui seul l’incarnation d’un mythe difficile à pénétrer. Révolutionnaire marxiste ayant passé presque toute sa vie à combattre les inégalités et les injustices sociales, le guérillero cubano-argentin a laissé son empreinte sur divers mouvements de révolution dans le monde, en Amérique Latine en particulier. Les historiens et ceux qui ont côtoyé l’icône de la Révolution cubaine sont divisés quant à la vraie personnalité du natif de Rosario (Argentine). N’empêche que cinquante ans après sa mort, le Che suscite encore beaucoup d’admiration comme leader et révolutionnaire historique, ayant mené une lutte acharnée contre l’impérialisme. Aujourd’hui, son idéologie est reprise par ceux qui s’identifient au combat pour une société juste et équitable. Peut-être que pour aider à l’immortalité du Che, ce jeune artiste a dessiné son portrait sur un mur à Saint-Marc. Modeste contribution.

Martin Luther King Jr

Fresque de Martin Luther King (C) Osman
Fresque de Martin Luther King (C) Osman

Dans la lutte pour l’émancipation des Noirs aux Etats-Unis d’Amérique, Martin Luther King Jr fait figure de référence. Ce pasteur afro-américain est plutôt connu pour ses approches non-violentes dans ses batailles pour les droits civiques des Noirs aux États-Unis. En effet, parallèlement à ses luttes contre la ségrégation raciale dans son pays, le leader pacifique était aussi engagé pour la paix et contre la pauvreté dans le monde. Ce qui lui a valu entre autres, le prix Nobel de la paix 1964. À Brooklyn, rue Junius, je suis tombé sur cette fresque, rendant un hommage mérité à l’homme de « I Have A Dream ».

Virginia Elena Ortea

Fresque de Virginia Ortea (C) Osman
Fresque de Virginia Ortea (C) Osman

Refermons ce petit classement sur une note littéraire, avec surtout un visage féminin. L’historienne Virginia Elena Ortea (1866-1903) est l’une des figures emblématiques de la littérature et de la presse dominicaine du XXe siècle. Féministe, l’originaire de Puerto Plata se faisait surtout apprécier de ses paires par sa libre pensée, ses préoccupations pour le destin de la femme, trop souvent identifiée à un être destiné aux travaux domestiques. Reconnaissance oblige, à Puerto Plata, il y a une école qui porte le nom de l’auteure de Risas y Lágrimas. Et cerise sur le gâteau, sur la façade principale de l’établissement scolaire, situé à l’avenue Pedro Clisante, une fresque de Virginia Elena Ortea est dressée en toute beauté.

Je sais. Pour les plus gourmands d’entre vous, cette sélection de sept images est trop petite. Mais ne vous inquiétez surtout pas. Je vous promets d’y revenir avec d’autres fresques, et surtout d’autres thématiques. Les artistes sont polyvalents et je suis un chasseur de belles images. En attendant, si cela vous tente, laissez un commentaire pour dire quelle est votre portrait favori de la petite collection du jour.

À bientôt.

Osman Jérôme