Osman Jérôme

Haïti-carnaval: l’élite intellectuelle sort de son silence

Photo : Osman
Photo : Osman

Depuis quelque temps, la société haïtienne fait l’expérience d’une classe intellectuelle trop passive dans les affaires publiques du pays. Parfois, cette abstinence traduit l’inexistence même de nos femmes et hommes cultivés. Mais, n’a-t-on pas toujours dit : « Méfiez-vous du chat qui dort ? » 

En effet, cette élite qu’on croyait être moribonde s’est brusquement réveillée de son coma. La cause ? Contre la tenue du prochain carnaval des fleurs, dont le premier jour gras est prévu pour le 28 juillet à Port-au-Prince.

En effet, cinq mois après le carnaval du Cap-Haïtien, c’est au tour de la capitale d’accueillir cette bamboche populaire à la fin de ce mois ?

 La classe intellectuelle est contre ?

Dans notre histoire de peuple, nous autres en Haïti, nous avons des dates significatives ayant marqué notre passé. Des dates qui appellent à la jouissance populaires, d’autres qui demandent à la réflexion.

Le 28 juillet 1915 marque le début de l’Occupation américaine en Haïti. Près d’un siècle après, le pays porte encore les séquelles de cette intervention militaire. Donc, la date du 28 juillet doit être dédiée à la réflexion ou à l’ambiance ?

Certes, le carnaval en Haïti est une manifestation socioculturelle de grande envergure. Une vitrine pour vendre les potentialités touristiques de ce pays, qui n’en manquent surtout pas. Mais parfois, on peut bien être sceptique quant aux moments choisis pour la réalisation de cette fête populaire.

En effet, par coïncidence ou au mépris de l’histoire, le début des prochaines festivités carnavalesques est prévu pour le même 28 juillet. Des citoyens élèvent la voix.

Ils sont environ une trentaine d’écrivains, de professeurs d’Université, et membres du secteur artistique à signer une pétition pour le report des prochaines activités carnavalesques à la date prévue.

Ils avancent bien des raisons pour appuyer leur démarche. Voici le contenu de ce papier, publié le 11 juillet dernier sur la version numérique du Nouvelliste :

« Nous, citoyens haïtiens, signataires de cette pétition, sommes choqués du choix de la date du 28 juillet par le gouvernement pour l’inauguration de son « carnaval des fleurs ». C’est le 28 juillet 1915 que débuta l’Occupation américaine d’Haïti. Souffrons que le gouvernement choisisse d’engager des dépenses dans un carnaval de plus, alors que le pays a besoin d’argent pour organiser des élections et pour les besoins d’une population en souffrance. Souffrons encore que le gouvernement ait oublié ou fasse semblant d’oublier dans quel contexte et à quelles fins la dictature des Duvalier avait créé le « carnaval des fleurs ». Mais que le gouvernement choisisse la date du 28 juillet, c’est un manque de respect pour les citoyens ayant combattu l’occupation, c’est un manque de respect pour un pays qui a besoin de réfléchir au chemin de la sortie de cette occupation que nous vivons aujourd’hui. La journée du 28 juillet doit être une journée de réflexion et de souvenir, pour que de tels malheurs ne se reproduisent plus. A un moment où les voix du pays se lèvent pour demander le départ de la MINUSTAH, si le président, le Premier ministre, le ministre de la Culture, le ministre de l’Education nationale et l’ensemble du gouvernement estiment que cette date symbolique appelle à la bamboche, ils peuvent la célébrer ainsi en privé, mais ils n’ont pas le droit de mobiliser les ressources de l’Etat pour nous voler notre droit à nous d’utiliser cette date pour réfléchir sur notre histoire et la situation actuelle du pays. Nous demandons que le gouvernement choisisse une autre date pour organiser son « carnaval des fleurs ». Nous demandons aux médias de présenter en cette journée du 28 juillet 2013 des émissions de réflexion et à caractère pédagogique autour des causes et conséquences du 28 juillet 1915, et portant sur la situation actuelle du pays. Au nom de celles et de ceux qui ont combattu l’Occupation. Au nom des enfants haïtiens que nous n’avons pas le droit de laisser grandir dans l’ignorance et l’indignité ».

Parmi les signataires, figurent notamment les noms de Pierre Buteau Georges Castera, Syto Cavé, Lyonel Trouillot, Evelyne Trouillot, Rodney Saint-Eloi, entre autres.

Seulement, certains observateurs espèrent que cette démarche servira désormais de prétexte pour une implication plus visible de la classe intellectuelle dans les affaires du pays. Sinon, à quoi sert cette élite qui se meurt avec les doigts entre les stylos et les pages des livres ?

D’ailleurs, toute classe intellectuelle existe en vertu de sa participation dans les affaires de sa patrie. Et l’intelligentsia haïtienne semble vient tout juste de se le rappeler.

Bien à vous, mes chers intellectuels !

Osman Jérôme


Haïti et son rituel électoral

Un centre de vote-Via moun.com
Un centre de vote-Via moun.com

« Dis-moi qui compose le conseil électoral, et je te dirai qui gagnera les élections ». On est presque fini par s’habituer avec cette singularité électorale en Haïti. Des résultats sont souvent connus même avant l’organisation des joutes, et favorisent bien souvent la consolidation du pouvoir en place. N’était-ce pas le cas, on se demande pourquoi des conseils électoraux partent souvent en exil après les élections ?

Décembre 1990, le pays a fait expérience de ses premières élections démocratiques. Jean-Bertrand Aristide est porté à la présidence par le choix du peuple. Il est renversé peu de temps après par un coup d’état militaire. Et depuis, les crises électorales se suivent et ne s’arrêtent plus.

Tradition électorale litigieuse

De présidence en présidence, de parlement en parlement, ces dernières années, la contestation électorale devient une habitude dans la vie politique haïtienne. Des sénateurs, des députés, des maires, des élus contestés, la République en a fait l’expérience. Et a bien évidemment payé le prix.

Les scrutins sont souvent entachés de fraudes et d’irrégularités. Puis, le feedback est toujours le même : manifs, violences, cassures, oppositions. Donc, toujours une crise post-électorale qui persiste. Comme si la construction de la démocratie et l’Etat de droit se font dans le désordre électoral ?

Ce qui est pire ; ça ne dit rien aux politiciens. Au contraire, les arrange bien dans leur costume d’opportunistes sans scrupules. Quelle mocheté !

Quant à la communauté internationale et aux bailleurs de fonds, ils jouent tout simplement leurs jeux de diplomatie et de démagogie occidentales. Quelles sont leurs implications dans les crises électorales haïtiennes ? Quelles sont leurs partitions dans le processus de la démocratie en Haïti ? Questions pour un champion. Mais ce qui est certain, ils financent toujours les compétitions électorales. Et parfois, chuchotent les mauvaises langues, la communauté internationale a même ses candidats préférés ?

Et les prochaines élections ?

Les prochaines compétitions électorales haïtiennes retiennent les attentions, occupent les débats et suscitent des inquiétudes.

En effet, il a fallu tout un processus houleux pour camper la machine électorale qui doit organiser les élections sénatoriales, locales et municipales d’ici la fin de l’année. S’il y en aura bien entendu. Car jusqu’à présent, aucune date officielle n’est encore fixée.

Malgré la pression des partis politiques, l’incertitude plane encore. N’y a-t-il pas une urgence électorale ? Il y en aura ? Il n’y en aura pas ? On verra bien.

Aujourd’hui, nous avons un collège électoral à la crédibilité douteuse. Des conseillers électoraux qui n’épousent pas la confiance de l’opposition politique qui ne cesse d’ailleurs de s’en plaindre. « De bonnes élections ou l’avion », c’est déjà le slogan d’une partie de l’opposition politique qui préconise l’organisation des élections transparentes et démocratiques.

La maturité démocratique ne s’acquiert jamais dans le vagabondage électoral. Le pays a assez de ce modèle électoral conflictuel. Qu’on a enfin des représentants élus dans la transparence.

Désormais, il est de toute urgence de penser à construire notre idéal démocratique en tant que peuple. Désobstruer le pays de cette tradition électorale litigieuse. Ainsi, vous léguerez aux générations futures, une République digne de son passé.

Bien à vous, chers politiciens, néo-politiciens de mon fier pays !

Osman Jérôme


Les embouteillages dans le monde des blogueurs

Embouteillage (C) Osman
Embouteillage (C) Osman

D’Haïti passant par l’Egypte, le Cameroun, le Tchad, le Mali et la Côte d’ivoire, les embouteillages se ressemblent mais ne se vivent pas de la même manière. Comme une mosaïque, ce billet fait escale dans chaque pays.

« Ayiti se yon peyi blokis » (Haïti est un pays d’embouteillages), Jérôme Osman

 « Ayiti se yon peyi blokis » (Haïti est un pays d’embouteillages), a craché Wanito dans son hit musical, titré « blokis » (embouteillage). Même si le fond de la chanson a été plutôt porté sur les monstrueux bouchons, observés presque chaque jour dans la capitale haïtienne, le jeune artiste en a profité pour dresser le portrait d’un pays, dont la quotidienneté est faite d’embouteillages. En effet, dans cette courte réflexion, je vous invite plutôt à embarquer avec moi dans les Banques commerciales, où des blokis, sont toujours observés.

Haïti, 8h du matin. Les comptoirs des Banques commerciales sont souvent débordés de clients. Ils sont venus très tôt faire une place pour éviter les embouteillages, toujours présents dans ces institutions après l’ouverture.

A Saint-Marc par exemple, qu’ils soient à la BNC, UNIBANK ou SOGEBANK, c’est toujours le même constat de tous les jours : des longues courbes qui font flipper les gens devant les comptoirs pour faire une quelconque transaction.

Faire un dépôt ou un retrait dans une Banque commerciale de la place se révèle souvent un casse-tête chinois. A moins qu’on soit VIP, personne handicapée ou femme enceinte ; ce qui peut (parfois) vous passer de ces interminables files, qui ne grouillent presque pas.

Moi personnellement, je me rappelle avoir patienté plus de deux heures dans une longue file à UNIBANK avant d’atteindre la caisse de service. Pire, quand j’y suis arrivé, le caissier m’a informé qu’il se posait un problème de système pour la transaction que j’ai souhaitée réaliser. Donc, imaginez le taux de ma colère et de ma déception.

A part la lenteur des employés, due probablement au système de travail, le client, debout dans la file doit aussi faire face au phénomène de « Moun pa » (partisannerie) ; une vieille pratique, présente dans presque toutes les institutions publiques et privées du pays.

Bien souvent, celui qui arrive le dernier sera reçu en premier. Ce, parce que l’un des agents de sécurité ou un quelconque employé de l’institution est son ami ou membre de sa famille. Suivez mon regard !

Calcinés d’impatience, certains clients ne mâchent pas souvent leurs mots pour qualifier d’incompétents, les employés qui, semble-t-il n’ont pas été formés à répondre à de telles exigences. Pendant que d’autres, moins vaillants préfèrent abandonner la file.

Depuis quelque temps, on remarque une légère amélioration, surtout avec l’arrivée du service de l’ATM (des petites caisses automatiques disponibles en pleine rue) dont disposent certaines Banques. C’est plus que pas mal, certes, mais c’est une goutte d’eau dans l’océan d’efforts que doivent consentir les patrons, en vue d’améliorer les services de ces institutions.

https://youtu.be/pu3kG8BdQsA

Au Caire, les embouteillages sclérosent la ville, engorgent ses artères, et polluent son air, Pascaline

Je sais maintenant que je n’avais jamais vécue pleinement la notion d’embouteillage avant d’arriver au Caire. Elle prend tout son sens dans cette ville qui ne dort jamais, et qui ne laisse donc jamais de répit à ses conducteurs, qu’ils soient de taxi, d’autobus ou de voitures particulières. C’est peut-être le seul espace de la ville où tout le monde est logé à la même enseigne, qu’il soit riche, où moins riche, propriétaire d’une berline somptueuse ou simple passager d’un bus bondé. Les embouteillages du Caire sclérosent la ville, engorgent ses artères, et polluent son air. Les taxis jaunes, noirs ou blancs de la ville tentent de se frayer un chemin dans ce capharnaüm pour satisfaire leurs clients pressés. Ils pilent, redémarrent, doublent à droite, ou à gauche, font demi-tour, prennent des chemins détournés, mais rien a faire, une rue embouteillée aura toujours raison de ses détracteurs. Les seuls bénéficiaires de la situation, les piétons, jamais prioritaires, qui peuvent profiter de l’arrêt parfois total des véhicules sur la chaussée pour pouvoir enfin la traverser, sans risquer de se retrouver  emboutis par le capot d’une voiture, d’une moto chinoise voir même d’une charrette à cheval. On peut même dire sans exagérer, qu’il y a une vie dans les embouteillages. Les vendeurs de mouchoirs, de bouteilles d’eau et autres laveurs de vitres sont ici pour le prouver. Ils se fraient un chemin entre les voitures à l’arrêt pour proposer leurs produits aux conducteurs impatients, prêts à répondre à tous leurs besoins sans qu’ils aient à se déplacer. Les taxis aussi, deviennent des hauts lieux de socialisation, puisque pris dans un trafic qui n’en finis plus, clients et conducteurs peuvent donner libre court aux conversations les plus variées : de la politique à leur situation familiale en passant par le niveau 0 de leur compte en banque, comme en témoigne le livre « Taxi » de Khaled Al Khamissi, témoignage précieux d’une société égyptienne post-révolutionnaire. Et si les embouteillages au Caire reflétaient tout bonnement cette société égyptienne immobilisée par la corruption, les inégalités, le système scolaire à deux vitesses, les difficultés quotidiennes, encore en vigueur aujourd’hui, plus de deux ans après la révolution. ?

 Au pays de l’ivoire, Saviez-vous que les abidjanais perdent en moyenne 2 heures/jour dans les embouteillages, ce qui revient à 20 jours/an, Cyriac Gbogou

 En Côte d’Ivoire et plus principalement à Abidjan, la circulation mérite une attention de plus en plus particulière.

Selon une information donnée par Monsieur Florent Youzan (Fondateur de la plateforme Afriworkers)saviez-vous que les abidjanais perdent en moyenne 2 heures/jour dans les embouteillages, ce qui revient à 20 jours/an? 

A cela, nous pouvons ajouter, ralentissement, route endommagée, feu non fonctionnel, travaux en cours sur les voies, accident de la circulation ou fluidité routière.

Mais malheureusement les usagers de la route se retrouvent bien souvent coincés dans des itinéraires qu’ils auraient pu éviter s’ils avaient simplement eu cette information.

Voila donc ce qui a motivé la création de la plateforme « CivRoute », L’info routière participative  dans laquelle la population peut et doit s’impliquer pour une meilleure sensibilisation et régulation de la circulation routière. « CivRoute » est donc une action citoyenne.

 Trois moyens pour alerter :

Via le site : En vous rendant sur le site https://www.civroute.net, cliquez sur « Donner une info routière ». Il faut ensuite remplir tous les champs du formulaire. N’oubliez pas de choisir une catégorie, d’indiquer vos coordonnées et de mentionner le lieu sur la carte. Vous avez la possibilité d’y ajouter une photo.

Via SMS : envoyez votre info routière par SMS au numéro suivant 55 39 24 24 ou au 49 95 33 95 en indiquant le lieu et l’information en question.

Via les réseaux Sociaux : envoyez un Tweet suivi de #CIvroute ou laissez un message sur la page facebook.com/civroute ou par mail à : info@civroute.net

Plus d’infos :  https://www.youtube.com/watch?v=-TdY6PbfVDk

https://www.france24.com/fr/20120917-tech-24-afrique-numerique-fibre-optique-telephone-portable-mobile-internet-cote-ivoire-embouteillages-crowdsourcing-sms

 A Bamako, c’est un casse tête chinois. C’est coincé de partout, Michel Thera                                                                                                         

Casse tête » ; « Chacun pour soi, Dieu pour tous » ! Pour circuler dans la capitale malienne, mieux vaut se prémunir de ces maximes là. Car à Bamako, le scénario de la circulation ressemble à ça : Ecart, queue de poisson, dépassement sur la droite, défaut de panneaux de signalisation, le tout accompagné parfois d’injures grossières entre usagers.

Cependant, cette ville est équipée d’infrastructures routières assez modernes et acceptables (même si cela reste insuffisant). En effet, il ya trois ponts qui relient les deux rivent du fleuve Niger sans oublier les quelques échangeurs dont le tout dernier est à usage multiple.

Malgré tous ces efforts dotant la ville d’infrastructures routières acceptables,  les routes goudronnées restent peu nombreuses. Ainsi, plus on se rapproche du centre-ville et du grand marché, plus la circulation se densifie avec son lot de bouchons. C’est aussi dans ces environs que les routes sont le plus détériorées.

A Bamako, plus que les embouteillages et l’état des routes, c’est le comportement des usagers qui choquent : par ici un nid d’oiseau, plus loin une bande d’écoliers traversant en courant, de l’autre coté deux SOTRAMA (muni-bus assurant le transport commun à Bamako) faisant la course aux passagers.

Dans cette cacophonie, le cheval de fer (la Moto, en occurrence Jakarta) semble vulnérable, mais semble tout aussi incontournable. Car elle (la moto) reste le moyen de locomotion qui permet d’aller d’un point de la ville à un autre rapidement sans être englué dans les bouchons.

Pour finir, retenez tout simplement qu’à Bamako le problème relève plus de l’insuffisance et de l’état de l’infrastructure routière ainsi qu’au comportement  des usagers qu’a l’importance du parc automobile.

 Au Tchad… N’Djamena devient de plus en plus agaçant, Abdhallah

N’Djamena, capitale du Tchad connaît ces derniers temps une croissance démographique importante ainsi que l’augmentation des moyens roulants. Circuler à N’Djamena devient de plus en plus agaçant. Il est 18h. C’est l’heure où dans les villages sahéliens à vocation pastorales, les éleveurs ramènent leurs bétails dans les enclos après les avoir fait paître toute la journée. Il est sensiblement la même heure à l’avenue Mobutu. Une pagaille monstre règne. Un troupeau de bœufs venant du fleuve Chari bloque la circulation. Pris en sandwich par les véhicules dans les deux sens, paniqués par les klaxons, les animaux font une parade entre les usagés créant un embouteillage sans fin. Il a raison le journaliste qui a qualifié la capitale tchadienne de « grand village sahélien ». Le centre ville, qui abrite pratiquement tous les ministères et les citées d’affaires, n’arrange en rien la situation. Pour y accéder, il n’y a que deux voies principales: l »avenue Mobutu et l’avenue Charles De Gaule. Le matin, une multitude de personnes semblables à un essaim d’abeille y convergent. Des piétons, des cyclistes, des motards et des chauffeurs sont au rendez-vous. L’embouteillage n’est pas en reste. Circuler aisément dans la capitale tchadienne n’est qu’une simple illusion. L’augmentation croissante des usagés de la route face à un nombre réduit de voies est à l »origine du phénomène.

 A Douala, c’est le calvaire aller-retour, Josiane Kouagueu

 Un soir, tout heureux de rentrer chez soi, on est stoppé net à l’Est de la pénétrante ville de Douala. Nous sommes à quelques mètres de l’aéroport international de la capitale économique du Cameroun, sur le principal axe Douala-Yaoundé. Une longue file de voitures nous fait face des deux côtés de la ville. L’horizon n’est pas visible. Des coups de klaxon résonnent de toute part. Des jurons se font entendre. Un policier, tente sans succès de discipliner les moto-taxis qui refusent de suivre le rang. Il transpire à grosses gouttes. Les hurlements d’une ambulance se noient dans le vacarme. L’attente est longue! Plus de Cinq heures dans les embouteillages au quartier Village à Douala. Matin et soir, rien ne change. La route suffisamment étroite, ne peut rien. Le retour de tout chef de famille du travail devient un instant de malheur. Ça fait des années que ça dure ! De l’argent perdu, du temps évaporé, des rendez-vous ratés. L’embouteillage n’est pas accepté, mais toléré. «On va faire comment ? », te répond un habitant, tout résigné.

 Edité par Danielle Ibohn.

Propos recueillis par :

OsmanPascaline, Cyriac, MichelAbdhallahJosiane.

Allez portez-vous bien !


Football : Haïti a tenu la tête haute face à l’Italie

Soccer Match - Natural Fire 10 - United States Army Africa - Uganda - October 2009, par US Army Africa (Flickr/CC)
Soccer Match – Natural Fire 10 – United States Army Africa – Uganda – October 2009, par US Army Africa (Flickr/CC)

La beauté du football réside dans l’incertitude des résultats. Le match entre l’Italie et Haïti est un  exemple de plus. En effet, si on n’imaginait pas à un remake du mondial 74 où la Squadra Azzurra avait pulvérisé l’équipe haïtienne 3-1, on ne s’attendait pas non plus à un match de si haut niveau des Grenadiers (surnom de la sélection nationale d’Haïti). Mais la forme du ballon doit être profitable à tous…

Avec la même détermination que contre l’Espagne (2-1) quatre jours plus tôt, les joueurs haïtiens n’ont pas tremblé face aux Italiens jusqu’à arracher le nul en toute fin de match. Quel  exploit ! En préparation pour la prochaine Coupe des Confédérations qui se tiendra au Brésil du 15 au 30 juin, les Transalpins n’ont pas pu faire mieux que concéder un nul (2-2) face à l’équipe haïtienne qui, quant à elle, se prépare pour le prochain épisode de la coupe d’or (États-Unis, 7 – 28 juillet). Les buts italiens ont été  l’œuvre de Emanuele Giaccherini (1ère) et de Claudio Marchisio(72e).

Mené 0-2, Haïti égalise

Durant presque toute la rencontre, malgré les deux buts encaissés, on a pu assister à une équipe haïtienne technique, combative, allant même jusqu’à dominer la possession du ballon pendant une bonne partie du match.

Les minutes s’égrainent. Le tableau d’affichage n’est pas en faveur des Bleus et Rouges. Mais les joueurs haitiens n’ont jamais baissé les bras, au contraire, ils ont pesé sur l’accélérateur jusqu’à la réduction du score par Olrish Saurel sur penalty a la 85e minute. Et à la fin de la partie, soit à la 90e minute de jeu, Péguéro Jean-Philippe a trouvé le but de l’égalisation, synonyme d’une joie explosive sur toute Haïti.

https://www.youtube.com/watch?v=MSefTnM8QG0

Soutien populaire massif en ligne

Immédiatement, après le coup de sifflet final de l’arbitre, ça a chauffé sur les réseaux sociaux. Du simple supporteur aux autorités politiques, aucun haïtien n’a voulu manquer l’occasion d’honorer les Grenadiers après cet exploit.

Loin de cette petite ambiance qui accaparait le stade de Rio de Janeiro (Brésil), recevant cette affiche amicale, des bandes à pieds ont gagné les rues de certaines villes d’Haïti, dont Port-au-Prince notamment. Le résultat du match en valait bien le geste. L’Haïtien n’est pas seulement un fan du Brésil et de l’Argentine, mais il est tout aussi fier de son équipe.

Osman Jérôme


Le «français» : langue d’Inclusion et d’Exclusion en Haïti

Via fr.123rf.com
Via fr.123rf.com

La République d’Haïti est, selon l’article 5 de la Constitution de 1987, juridiquement bilingue. Le créole et le français sont reconnus comme les deux langues officielles. Cependant, le français (l’héritage de la colonisation) demeure une langue seconde pour la plupart des Haïtiens. Donc, la langue identitaire est le créole.

Exigences grammaticales. Complexités orthographiques, s’exprimer aisément en français pour certains Haïtiens (comme pour beaucoup d’autres peuples francophones d’ailleurs), n’est pas comme se livrer à une partie de dominos. Surtout si on n’a pas eu la bénédiction d’aller à l’école.

Dans ce contexte où parler correctement le français devient un art, celui qui s’y connait excellemment est souvent considéré comme un cultivé. C’est une sorte de distinction sociale. Ce qui donne tout bonnement au français, une fonction plus symbolique que communicative, comme dirait le linguiste Pierre Vernet.

Celui qui est capable de bien articuler son français, est reçu très souvent avec moins de difficultés dans certains bureaux publics et privés. D’ailleurs, quand vous ne pouvez pas aisément faire le chœur au refrain: « En quoi puis-je vous aider monsieur ou madame ? », vous risquez de commettre un péché impardonnable.

 Le créole vs le français : une lutte de classe

Cette lutte entre ces deux langues n’est pas nouvelle. Elle est surtout  liée à une de lutte de classe tout au long de l’histoire d’Haïti où le français a toujours été attribué à la classe dominante et le créole à la classe dominée. Le français pour les «nèg anwo» (classe aisée) et le créole pour les «nèg anba» (classe défavorisée).

Par conséquent, celui qui sait parler le français est souvent pris comme supérieur à celui qui ne parle que sa langue maternelle. On peut s’exprimer en français, on appartient à tel groupe social, on ne parle que le créole, on appartient à tel autre groupe de la société. La division n’est pas symbolique.

Par ailleurs, si la Constitution reconnait les deux langues comme officielles, pourquoi certaines institutions scolaires interdisent aux élèves de s’exprimer en créole sur la cour des établissements ?, s’interrogent certains observateurs, qualifiant ces mesures discriminantes et exclusives, arguant que le créole demeure la langue qui permet à tous les Haïtiens de se comprendre entre eux.

Ici en Haïti, le français n’est pas seulement un outil de communication, c’est aussi un séparateur entre deux classes d’homme d’une même société : l’une qui sait lire et écrire, donc ayant une certaine probabilité à s’exprimer dans la langue de Verlaine. Et une autre qui, bien souvent ne sait ni lire, ni écrire. Ou du moins, qui se débrouille comme elle peut. Donc, qui ne s’exprime que dans son «bwa» créole. Ce créole qui, malheureusement sur le plan social, n’est pas trop valorisé. Car il est associé à la masse. En fait, c’est le français, la langue de prestige. Adjewidan !

Sur ce, je termine ce post, en rejoignant Pierre Bourdieu, qui a dit que : «Si les linguistes ont raison de dire que toutes les langues se valent linguistiquement; ils ont tort de dire qu’elles se valent socialement».

Osman Jérôme


Haïti, à la mode du blanchiment de la peau

Produits éclaircissants-© Osman Jérôme
Produits éclaircissants-© Osman Jérôme

Il se germe depuis quelque temps dans la mentalité de certains Haïtiens, un sentiment d’infériorité. On dirait que, l’Haïtien de ma génération ne se sente plus à l’aise dans sa peau de Nègre ou de Négresse. Il faut apporter une petite touche à son épiderme. C’est le pouvoir social de la beauté. L’attractivité physique est très primordiale.

Blanchiment de la peau; voilà un phénomène qui n’est pas nouveau en Haïti. Et malgré le nombre des victimes, le taux des pratiquants et adeptes n’a du tout cessé d’élever.

Pour une raison ou une autre, depuis quelque temps, la fille haïtienne se forge une raison pour se blanchir la peau. Elégance, attirance, toutes les raisons semblent bonnes pour s’embarquer dans cette aventure de dépigmentation, aux conséquences sanitaires très délétères.

Les produits éclaircissants occupent désormais une place visible sur les étagères des boutiques, spécialisées dans la vente des produits cosmétiques. Ces produits de décoloration viennent sous toutes formes : savon, tube de crème entre autres. Lemovate, Prima, Idole, et le fameux 7 miracles, sont les produits de dépigmentation les plus connus sur le marché local.

Avoir un teint clair à l’image de certaines actrices des feuilletons télévisés ou des stars hollywoodiennes serait un acquis de séduction ? Il faut être blanc pour être vu. Par conséquent, on doit se dépigmenter pour se mettre à la formule « Open the Body ».

Les pratiquants peuvent être facilement  remarqués. Souvent, la coloration du visage ne correspond pas au reste du corps, notamment le cou, les coudes et les genoux, étant des endroits difficiles à céder sous la pression des produits.

Entre-temps, si la gent féminine est la plus touchée par ce phénomène, il faut tout de même rappeler que, le virus de la dépigmentation n’épargne pas beaucoup de jeunes garçons, qui, eux aussi, veulent se mettre à la mode du blanchiment de la peau.

 Conséquences néfastes

Dans certains cas, les résultats souhaités tardent à venir. Par conséquent, il faut passer à l’action. Parfois, ne sachant même pas, de quoi sont composés les produits, les pratiquants s’adonnent à des mixtures, dont eux seuls maîtrisent la recette, et victimes par ailleurs des résultats désagréables.

Dans la foulée, plusieurs sont déjà conduits à des centres hospitaliers pour des brûlures, picotements et autres effets néfastes de l’utilisation démesurée de ces produits, à forte dose de cortisone, l’hydroquinone. Ces substances qui se trouvent très souvent à la base de ces produits sont cancérigènes et dégradent la peau.

L’utilisation à outrance des produits de dépigmentation peuvent provoquer des cicatrices, des vergetures, acné résistante, mycoses, eczéma, des pathologies graves. Plus loin, on parle aussi d’une perturbation de l’odeur corporelle. Et dans certains cas où la peau devient tellement fragile, que cela complique certaines interventions chirurgicales.

Malheureusement, il est rare que les usagers se rendent compte de la nocivité d’une telle pratique. Quelle crise d’identité, dirait un théoricien de la personnalité.

Boby store, grimèl chode, tèt Clinton-mouda Préval,dokouman, sont, entre autres certaines expressions, nées de la pratique du blanchiment de la peau en Haïti.

Quelle lecture faites-vous du développement de ce phénomène dans le monde ? Votre pays est-il déjà touché par cette pratique ?

Osman Jérôme 


Prostitution clandestine

(C) pixabay.com

La prostitution en tant que phénomène de société , ne date pas d’hier. L’activité serait vieille comme le monde. Comme pour dire que, rien n’est vraiment de nouveau sous le soleil. Dans nos sociétés actuelles, et même avant, être prostituée n’a jamais été un titre honorifique. Voire si l’activité est imposée comme mécanisme de défense aux intempéries de la vie quotidienne.

Ouvertement ou clandestinement, nombreuses sont les filles à travers le monde qui se livrent à ce métier vilain, qui a déjà ôté la vie à plusieurs travailleuses de sexe.

Depuis quelque temps déjà, la prostitution juvénile gagne les trottoirs de certaines grandes villes en Haïti. A Saint-Marc, certains coins sont réputés cartels des prostituées ; Portail Mont-Rouis, Portail des Guêpes sont des exemples. Quand le soleil n’est plus sur la ville, le marchandage sexuel est au rendez-vous dans ces bordels toujours très fréquentés.

Récemment, pour me faire une idée de ce que rapportent souvent les mauvaises langues, j’ai été sur le terrain. Non pour une observation participante, mais pour vérifier certains faits.

Un samedi soir, 21h10, je suis arrivé à Portail des Guêpes (rien que pour le besoin de ce billet). Quartier « hot », véritable bastion des clandés dans la cité.

Il y a au moins deux discothèques dans la zone. Les alentours grouillent toujours de visiteurs, friands des ambiances nocturnes. La forte senteur de l’alcool, la fumée des cigarettes, la musique non stop, des bars, des restaurants, ici les gens ne sommeillent, presque pas.

Bienvenue Kay Ti Marcel 

Kay Ti Marcel est la maison de la débauche sexuelle la plus populaire dans la zone. Et ce n’est pas une pub hein. Elle se trouve ici à Portail des Guêpes.

Ce vieux bordel reçoit depuis quelque temps, des vendeuses de sexe venant de plusieurs régions du pays. De temps à autre, il y a de nouvel arrivage pour la satisfaction de la clientèle. J’ai été bien informé en effet.

Généralement, les commerçantes (sexuelles) sont pour la plupart des jeunes de 18 à 30 ans. Elles sont toutes là pour des raisons différentes.

Si certaines sont des professionnelles dans le domaine, d’autres, par contre, sont à leurs premiers coups d’essaie, comme le cas de cette jeune Capoise de la vingtaine rencontrée sur le balcon de Kay Ti Marcel.

Nadège appartient à cette catégorie de jeunes filles, qui pratiquent la prostitution en catimini. D’ailleurs, quoique hors de sa ville, l’étrangeté de son comportement parait très suspecte. Comme si elle aurait eu peur de ne pas être vue par quelqu’un. Ses parents, ses amis, personne de son entourage n’est au courant de ses activités nocturnes. Sauf ses clients.

Elle s’essaie à cette activité des amours vénales pour s’offrir une meilleure vie, que ses parents ne peuvent lui garantir. Des smartphones, des tablettes numériques des vêtements de qualité, elle en a besoin dans sa vie de fille de Nouvelle Génération. Mais que faire ?

Appuyée contre un mur,  les bras croisés. Flanquée d’une minijupe qui ne cache rien de ses jolies cuisses. Elle se met dans une position qui fait valoir son potentiel de séduction. La jeune femme est d’une courtoisie obséquieuse. Activité oblige !

Ce lieu de débauche, elle y fréquente depuis quelque temps déjà. Loin des attentes fixées, notre interlocutrice avoue être satisfaite parfois de la rentrée économique de ce métier.

Le prix minimum d’un moment avec Nadège est de 100 GHT ( environ US $ 2.50), mais la jeune fille nous confie, qu’après service,  certains clients lui offrent parfois même le quintuple du montant normal. Satisfaction garantie.

D’autre part, avec la bonne humeur quasi absente sur son visage, la jolie demoiselle affirme n’être pas seule à exercer cette activité à l’insu de ses parents. Elles sont trois  amies venant du Cap-Haïtien et des Gonaïves, à être toujours ensemble dans les boites de nuit qu’elles fréquentent.

En effet, pour certaines raisons, à un certain âge, on peut ne pas s’inquiéter pour une prostituée, mais quand des ados, pour se payer certains luxes matériels, pour répondre à des soucis de la vie, se livrent clandestinement à ce mouvement de jamais dodo, cela nous interpelle en tant que citoyen conscient. Voire que, certains parents ont démissionné de leurs missions.

D’ailleurs, que servira-t-il à une société qui produit des filles, troquant les bancs des écoles pour les divans des boites de nuit ? En tout cas, loin de m’éterniser sur les multiples causes de la montée flagrante de cette vague de prostitution clandestine, je pense qu’il y a trop de laisser-faire. La République doit rapidement se ressaisir.

L’Etat, parents, à vos responsabilités.

Osman Jérôme


Adieu Teri Moïse !

Teri Moise via rfi.fr
Teri Moise via rfi.fr

C’est avec une profonde consternation que la famille musicale haїtienne a appris hier, la disparition tragique de Teri Moïse, l’une des plus belles voix francophones des années 90.

Avec seulement deux (2) albums à sa discographie, l’interprète des poèmes de Michelle, a eu le temps de marquer les esprits et flatter les tympans des mélomanes avertis.

Née à Los Angeles le 3 mars 1970 de parents haïtiens, l’artiste de charme a été ensuite adoptée par la France, où elle a été connue et appréciée du grand public.

La chanteuse serait morte depuis le 7 mai dernier dans un hôtel à Madrid. En effet, depuis l’annonce de sa mort hier, c’est le monde musical qui s’incline pour saluer sa brutale disparition : «Cette femme du monde au répertoire poétique dont les plus belles œuvres, telles que Les poèmes de Michelle, Je serai là et Fais semblant marquent les mémoires». (SACEM).

Certes, Teri peut quitter la scène de la vie, mais jamais la scène musicale, vu qu’elle sera toujours dans nos cœurs, dans nos pensées, dans nos tympans à travers ses belles œuvres.

Disons adieu à Teri, mais célébrons son passé avec ce tube, Je serai là.

 

Osman Jérôme


Dans les coulisses de «Belle Ayiti» !

Belle Ayiti @ Job Peterson Mompremier
Belle Ayiti @ Job Peterson Mompremier

Haïti se trouve dans la mer des Caraïbes. Voisine de la République Dominicaine, distancée de quelques kilomètres de Cuba et de la Jamaïque.

A 90 minutes de la Floride et à moins de 4 heures de Montréal, Haïti n’a rien à envier aux autres pays de la Caraïbe, touristiquement parlant. Le soleil, le sable des plages, la culture, les sites historiques,  le pays présente des spécialités touristiques de grande envergure. Et demeure encore une destination unique.

Belle Ayiti, voilà un projet digne de louange et d’appréciation. Lancée depuis quelques mois sur la toile, cette initiative vise la promotion d’une Haïti regorgée de potentialités touristiques, une Haïti ouverte au monde. Un pays différent de ce que l’on présente habituellement dans les médias.

Club Indigo via limousine.com
Club Indigo via limousine.com

En effet, nous avons jugé bon d’en savoir un peu plus, et Job Peterson Mompremier, l’un des initiateurs de ce mouvement a répondu à nos différentes questions. Le jeune entrepreneur a profité de cet entretient pour nous présenter les différentes activités de cette belle initiative d’un groupe de jeunes haïtiens conscients et soucieux.

 L’Autre Haïti : Présentez-vous aux visiteurs de l’Autre Haïti (L’AH)

Job Peterson Mompremier : Je suis Job Peterson Mompremier. Je suis du Cap-Haitien et vis en Haïti. J’ai  suivi des cours d’initiation au tourisme  à l’Université Notre Dame d’Haïti/Cap Haïtien dans le cadre du programme IFORTH/UDERS-Cap. J’ai fait des études en Sciences Administratives et Gouvernance Locale à l’Université Publique du Nord au Cap-Haitien. J’ai participé à de nombreux concours d’entrepreneuriat y compris A la découverte des Jeunes Entrepreneurs de la fondation ETRE Ayisyen, dont je suis gagnant. Et MEMA, ou je suis actuellement finaliste.

Je suis co-fondateur et vice président du Club Entrepreneurial Accès jeunes qui se réunit à la Chambre de Commerce des Industriels et des professionnels du Nord. Trésorier de l’Association des Clubs Entrepreneuriaux d’Haïti; je suis  ancien député et actuel sénateur au Parlement  de la Jeunesse.

 L’AH : C’est quoi au juste Belle Ayiti ?

JPM : Belle Ayiti est une plateforme avec pour mission de diversifier l’offre touristique, de stimuler et d’inciter à l’exploration et la découverte d’Haïti, de promouvoir les opportunités et les potentialités haïtiennes et d’attirer des investissements directs dans les communautés.

Belle Ayiti va promouvoir les potentialités du terroir en vue de faire venir des touristes dans le pays et inciter les haïtiens de l’intérieur à explorer Haïti.

Pour mieux servir nous travaillons pour adapter notre site www.belleayiti.com à leurs  besoins en le fractionnant en plusieurs rubriques. En voici les principales rubriques :

Parlons d’Haïti : dans cette partie nous présentons les communes Haïtiennes afin de leurs donner plus de visibilité, attirer l’attention sur leurs potentialités qui méritent d’être exploitées à des fins touristique et entrepreneuriales.

Concours : Dans cet espace nous présentons nos concours en cours et à venir.

Coup de projecteur : Cette rubrique du site est pour mettre les projecteurs et faire la promotion des œuvres et initiatives de jeunes artistes, écrivains, artisans, entrepreneurs, activistes, techniciens … Les jeunes peuvent nous contacter à l’adresse email belleayiti@yahoo.fr .

Explorer Haïti est  une gallérie ou nous allons publier des images d’Haïti.

Espace Blog : C’est un espace interactif pour tous ceux et celles qui ont des idées à débattre, suggérer, proposer, ayant rapport avec le tourisme intérieur et la création d’emplois durables au revenu décent, en Haïti.

Où voulez-vous aller : Nous  avons cette rubrique pour publier des photos d’Hôtels, de restaurants, de Guest House… avec description de leurs services, produits et programmation. Nous allons également mettre une forme en accord avec certaines entreprises pour effectuer vos RESERVATIONS.

L’AH : D’où vient l’idée de ce projet ?

JPM :Depuis 2008, je voulais lancer sur le label « Ballade Septentrional » une série de court métrage sur les sites historiques et naturels à potentialités touristiques du Nord et du Nord-Est. En caressant l’idée, grâce à des amis et collaborateurs tels Jacquelin Alcius, Elie Laforce, Samentha Mathieu, Jacques Wood Borgella, Dorothy Taicha Millien, Louinel Sintil, elle est devenue depuis 2012 ce que nous sommes entrain de construire sur www.belleayiti.com.

Belle Ayiti rentre également dans la dynamique de la promotion et de la mise en valeur des talents et ressources Haïtiens en vue de contribuer à la création d’emplois en entrainant la création de micros, petites et moyennes entreprises de productions et surtout de services.

La détermination à lancer Belle Ayiti est venue au moment où nous nous sommes rendu compte que nous devrions partir de ce que nous disposons pour arriver à ce que nous devrions avoir.

L’AH : Quels sont les principaux objectifs fixés ?

JPM :

—   Mettre les projecteurs sur les localités et les opportunités qui s’y retrouvent.

—   Diversifier l’offre touristique.

—   Promouvoir les entreprises touristiques.

—   Attirer des investissements directs dans les communautés.

—   Offrir des services touristiques aux acteurs, operateurs et à l’ intention des potentiels touristes.

L’AH : Où en êtes-vous aujourd’hui ?

JPM : Aujourd’hui nous avons le concours « Faire connaitre Haïti » dont les inscriptions se termineront le 13 mai à venir. Ce concours a pour objectifs de mettre les projecteurs sur les localités d’Haïti et les opportunités qui s’y retrouvent en vue d’attirer l’attention sur les potentialités et les opportunités qui méritent d’être exploitées, encadrées et encouragées en vue de créer des emplois ,générer des revenus. Et de développer le tourisme local.

Nous travaillons sur d’autres projets et concours. Avec l’ouverture des classes pour l’année scolaire 2013-2014, nous allons exécuter un programme de tourisme éducatif en vue de donner un signal pour le développement du tourisme d’intérieur. Nous recherchons encore des partenaires. Ce programme s’appellera : « A la rencontre de notre patrimoine Historique ».

Pour rester connecter avec nous et participer à nos activités merci de nous suivre sur https://www.facebook.com/BelleAyiti et https://twitter.com/BelleAyiti .

L’AH : Quelles sont vos attentes ?

JOB : J’attends une meilleure implication et une responsabilisation de la jeunesse Haïtienne. J’espère que ce projet puisse contribuer à la création de toute une mouvance de déplacement en vue de permettre la connaissance et l’appropriation du pays par nous Haïtiens. Mon plus grand souhait est que par la mise sous projecteur des potentialités du pays, les jeunes investissent dans la création de Micro, petite et moyenne entreprise partout en Haïti.

 L’AH : Un message ?

JPM : La croissance d’Haïti doit inévitablement passer par une société civile dynamique et socialement impliquée. Il est temps pour que nous dégagions une vision d’avenir, inclusive, éthique et équitable.

A l’instar des jeunes qui ont apporté de grandes contributions à l’évolution de l’humanité par leurs idées innovatrices, nous devons nous engager  pour écrire une nouvelle page dans l’histoire  socio-éducative et économique d’Haïti.

Aujourd’hui, plus que jamais, l’avenir du pays repose sur l’implication, le dynamisme, le leadership, la discipline et les bonnes compétences de la jeunesse Haïtienne en dehors et à l’intérieur du pays.

 Merci à l’Autre Haïti. Succès et longue vie à toi Osman Jérôme. Haïti te rendra ce grand service.

Jérôme Osman


Liebster Awards : Jérôme Osman à cœur ouvert !

Via Le bruit du silence (Aphtal Cissé)
Via Le bruit du silence (Aphtal Cissé)

Une nomination, peu importe le prix à remporter, est toujours de grande valeur. Voire que cet honneur ne revient pas à tous. C’est ainsi que cette semaine, j’ai été honoré à deux (2) reprises dans Liebster Blog Awards, définit comme étant le prix du blog aimé.

En effet, la première nomination est de la grande dame caribéenne, Mylène Colmar et la deuxième est de la souriante Nathalie Mbenda Kangami. Deux mondoblogueuses pleines de fougue et de charme.

Pour ceux qui ne le connaissent pas encore, je rappelle que Liebster Awards, est une initiative qui vise entre autres, à parler de soi, et citer ses blogs favoris. Le concept est simple. Le jeu consiste à :

—     Mettre un lien vers le blog qui vous a nommé. Par particularité, pour avoir reçu deux nominations, par conséquent, je mets deux liens : le blog de Mylène et celui de Nathalie.

—     Ecrire onze (11) faits sur moi-même :

1-   Mon prénom OSMAN contient cinq (5) lettres comme dans OSNEL (mon père), OSINA (ma mère), JESUS (mon modèle), HAITI (mon pays) et AMOUR dont je cultive dans le jardin de ma personnalité.

2-   Premier janvier est mon jour favori. Non parce que c’est le premier jour de l’an, mais c’est le jour de ma naissance, et c’est aussi la fête de l’indépendance de mon pays. Soyez pas jaloux hein !

3-   Je suis orphelin de mère depuis sept (7) ans.

4-   Je suis animateur de radio, présentateur de télévision, mais pas trop actif pour le moment.

5-   Je suis étudiant en Psychologie (niveau licence).

6-   Je suis un passionné de l’écriture journalistique et du blogging.

7-   Généralement je lis tout ce qui tombe sous mes yeux.

8-   Souvent on me reproche d’être trop discret.

9-   J’ai un faible penchant pour les belles femmes. A lire mon billet le Corps-Beau et le Regard.

10-               Je suis trop réaliste pour être un rêveur.

11-               Noir est ma couleur préférée. Quand les autres couleurs disparaissent, il ne reste que le Noir. Donc, c’est la synthèse des couleurs.

—     Répondre aux questions de la personne qui vous a mentionné.

Particularité oblige, je partage les réponses entre les interrogations de Mylène et de Nathalie :

1-   Quelle est votre ville préférée ? (Mylène). DESDUNES. C’est un petit bout de terre verdoyante, située au beau milieu du département de l’Artibonite. Elle me rappelle plein de souvenirs de mon enfance. A lire mon billet Je me souviens de cette ville.

2-   Quelle série télévisée a marqué votre jeunesse ? (Mylène). Question embarrassante, vu que je ne suis pas un fan du petit écran. Cependant, je me rappelle avoir été attiré par deux séries télévisées haïtiennes ; Languichatte au XXe siècle et La vi nan bouk la de Papa Pyè.

3-   Comment avez-vous choisi le titre de votre blog ? (Mylène). Par simple imagination. Car aujourd’hui, si c’était possible, je le changerais.

4-   Croyez-vous en la fin du monde ? (Mylène). Partant, je ne crois pas qu’il existe une fin du monde. Car, ce qu’on prétend être la fin du monde, ressemble plutôt à une nouvelle forme de vie. Donc, le monde continuera d’exister encore.

5-   Que préférez-vous : écrire ou compter ? (Mylène). J’adore écrire sur ce qui mérite d’être amélioré et changé.

6-   Pour vous quel est le but de la vie ? (Nathalie). Le but de la vie, c’est de la vivre. Et point final.

7-   Quelle est votre personnalité préférée ? (Nathalie). Jésus. C’est un symbole d’humilité, de sagesse et d’amour. Trois qualités de grandes valeurs dans la vie de tout homme qui se respecte.

8-   Qu’est-ce qui vous a le plus influencé durant votre enfance ? (Nathalie). Je suis d’une famille paysanne. Durant toute mon enfance, j’ai connu la vie campagnarde. La ronde des enfants tous les sous les arbres, la verdure des champs, le football pye atè (pieds nus), toutes ces choses ont, d’une manière ou d’une autre, marqué mon enfance. Je me souviens encore de cette ville.

9-   Que pensez-vous de la modernisation de la société ? (Nathalie). La société est dynamique, donc elle est faite pour être évoluée, modernisée. Cependant, comme la vie en soi, la modernisation a un caractère dualiste. Elle est venue avec son bien et son mal. Donc, le mieux serait de vivre la modernisation telle qu’elle est, tout cherchant à en tirer le meilleur profit possible.

10-               Pour quelles raisons bloguez-vous ? (Natahlie). Je blogue pour ne pas pleurer. Pour dire tout haut ce que certains chuchotent bien bas. Pour m’exprimer. Je blogue, donc Je suis.

11-               Pourquoi avez-vous décidé de répondre à ces questions ? (MC). Parce que Liebster Awards se veut être une forme de vouloir tout savoir et vouloir tout dire.

—     Choisir onze (11) blogs :

1-   L’autre Regard de Tilou. J’adore bien les titres accrocheurs des billets de ce monsieur.

2-   Le blog de William Bayiha. L’humour et l’engagement sont toujours au rendez-vous.

3-   La Cote d’Ivoire au jour le jour de Kahof Suy. Avec les revues de presse de Kofy, je mesure chaque semaine la température sociopolitique de son pays.

4-   Togo-Couleurs de notre ami Charles Lebon. J’adore le ton puritain et la couleur philosophique de certains de ces papiers.

5-    Bribes de vie en Haïti de Gaspard Dorélien.

6-   Tulearenvie, le blog d’Andriamihaja Guénolé. L’un des premiers blogs ayant vite capté mon attention dès mon arrivée sur mondoblog.

7-   Ma Guinée plurielle, le blog d’Alimou Sow. J’adore le ton humoristique de notre confrère.

8-   Le blog d’Anderson Dorvilas. Un ancien camarade de la faculté d’Ethnologie de l’Université d’Etat d’Haïti, qui a un gout très particulier pour la poésie créole.

9-   Castiga riendo mores de David Kpelly. Cet espace n’est plus à présenter.

10-               Blogitude de Salma. J’aime trop ses histoires cocasses.

11-               Carioca plus de Serge Katembera. Quelques titres de son blog paraissent étrangement à ce que je vis aussi en tant qu’étudiant immigre.

 

—     Mes onze (11) questions :

1-   Comment définissez-vous le mot BLOGUER ?

2-   Quel est votre meilleure expérience en tant que blogueur ?

3-   Avez-vous été déjà menacé dans l’exercice de cette activité ?

4-   Avez-vous un modèle dans le blogging ?

5-   D’aprè vous, le blog, peut-il nourrir son homme ?

6-   Quelle est la principale source d’inspiration de vos billets ?

7-   Le blogging, est-il populaire dans votre région ?

8-   Quel est votre livre de chevet, et pourquoi ?

9-   Etes-vous pour le mariage pour tous ? Justifiez votre réponse.

10-               Pensez-vous à une troisième Guerre Mondiale ?

11-               Avez-vous été tenté par le Gangnam style ?

J’espère avoir été à la hauteur des attentes de ceux qui m’ont cité. Big un à notre ami Boukary Konate qui, de loin aussi m’a cité dans sa liste de nomination.

Maintenant, place aux autres de faire tomber les masques.

Jérôme Osman