Osman

« Pour le drapeau, pour la patrie » : Mourir, est-il toujours beau ?

Drapeau haitien
Drapeau haïtien

 Dans tout pays qui se respecte, le drapeau national revêt d’une dimension  symbolique de fierté, de dignité et de souveraineté. Il en est bien aussi pour l’hymne national qui, très souvent, est un appel à la fraternité, au patriotisme, à l’héroïsme, entre autres.

En effet, 18 mai 1803-18 mai 2012, le drapeau haïtien est déjà vieux de plus de deux siècles. Deux siècles d’orgueil, d’honneur et de fierté pour certains, mais aussi deux siècles d’instabilité, d’ingouvernabilité et de luttes fratricides pour d’autres. Cependant, quoiqu’il en soit, le bicolore national, est entre autres, l’un des acquis historiques dans la longue lutte de nos ancêtres, ayant voulu nous laisser une patrie libre et indépendante.

L’origine et le sens du drapeau haïtien 

En fait, pour mieux comprendre le sens du drapeau haïtien, remontons un peu, une partie de la fulgurante épopée de l’histoire d’Haïti en tant que peuple, sans pour au tant rentrer dans les controverses historiques, relatives aux couleurs de notre drapeau, qui en a connu pas mal depuis sa création.

Avant 1803, le drapeau français, le tricolore (bleu, blanc et rouge) flotte sur Saint-Domingue, signe d’une colonisation des Européens sur les Indigènes. Condamnés sous le joug d’un système esclavagiste atroce, les colonisés rêvaient d’une liberté, d’une indépendance, d’un « vivre libre » en tant qu’Homme.

Nous sommes en 1803. Un vent de liberté souffle déjà à l’horizon de cette colonie française, la plus prospère de l’époque, le grenier de la France, scanderait l’humoriste Maurice Sixto dans « J’ai vengé la race ». Dans cette quête d’indépendance, dont nourrissent les Généraux de l’Armée indigène, ayant à sa tête à cette époque Jean-Jacques Dessalines, vont être posées certaines actions historiques, dont la création du drapeau, le 18 mai à l’Arcahaie.

En effet, selon l’histoire, Dessalines a déchiré le blanc du drapeau français, et a rapproché le bleu et le rouge pour donner naissance au drapeau haïtien. Et c’est Catherine Flon, qui a été chargée comme couturière à coller les deux bandes d’une manière verticale. Cependant, quelques années après elles seront disposées horizontalement. Toujours selon les archives historiques, ce drapeau a été adopté en 1820 et officialisé en 1843, soit 40 ans après l’indépendance.

Traditions au tour du drapeau haïtien

Haïti, 8h du matin. Les écoles, les bureaux publics ou privés, presque toutes les institutions représentatives ont coutume de hisser le bicolore national, au rythme de la dessalinienne, l’hymne national du pays :

« Pour le pays, pour les ancêtres

Marchons unis, marchons unis

Dans nos rangs point de traîtres

Du sol soyons seuls maîtres

Marchons unis, marchons unis

Pour le pays, pour les ancêtres

Marchons unis, marchons unis ».

Par contre, il faut tout de même reconnaître que, depuis quelque temps, cette valeureuse tradition et bien d’autres encore, signes d’honneur et de respect en mémoire de nos aïeux sont en pleine voie de disparition. Rares sont les quelques stations de radio et de télévision, qui observent encore la pause de la montée du drapeau dans leur grille de programmation. Les gens ne s’arrêtent, n’enlèvent presque plus leur casquettes devant les édifices au moment de la montée du bicolore.

« Il y a mieux à faire« , m’a vaguement craché Pierre Mathurin, un jeune chômeur-diplômé, spectateur de la scène sociopolitique haïtienne. Son avis est rejeté d’un revers de main par Prosper Joseph, cet enseignant de 55 ans, affirmant que, « respecter les normes et les valeurs morales de la cité, serait le tout premier pas vers une résolution durable de la crise haïtienne« .

209 après, où en sommes-nous?

Pour certains observateurs, 18 mai 1803 était une renonciation à l’occupation, officielle ou déguisée. Mais 209 ans après, pouvons-nous toujours continuer à gonfler nos poitrines pour entonner :  » Pour le pays, pour les ancêtres, du sol soyons seuls maîtres, dans nos rangs point de traîtres« , avec la présence obligée des soldats onusiens sur le territoire national, s’est indigné Peterson Sylvain, ce jeune étudiant en Anthropo-Sociologie, pour qui, « chanter la « dessalinienne« , qui est un appel au patriotisme dans de pareilles conditions, est une gifle et une honte historiques pour Dessalines, Toussaint, Christophe et les autres, qui nous ont légués cet héritage dans le feu, le fer et le sang. Pour eux, rien n’était plus beau que de donner sa vie pour sa patrie. Oui, mourir pour le pays était beau« , a-t-il tenu à faire rappeler.

Dans le regard prospectif de cet ancien camarade de la faculté d’Ethnologie de l’Université d’Etat d’Haïti (UEH), l’idée véhiculée dans l’hymne national haïtien est périmée, démodée par rapport à la réalité. « Car, par la force des choses, l’Haïtien est contraint à abandonner le pays, adopter des nationalités étrangères, au lieu d’y rester travailler à son profit, a-t-il regretté« .

Malheureusement, « l’union ne fait plus la force » ici, à moins que, cette force ou cette union est celle d’un clan pour détruire un autre. Une union, une force pour diviser, détruire le pays.

Dans cette situation de « chen manje chen« , où la scène politique se transforme en un terrain de jeu où des frères s’entre-déchirent, s’entre-tuent pour des postes ministériels, pour une place au parlement, certains se demanderaient où est passée la signification de notre drapeau, symbole de l’unité nationale et de réconciliation ? Et quand ça tourne au vinaigre, quand ça devient plus corsé, les plus forts, accompagnés de leurs familles prennent des avions pour l’Occident pendant que les plus faibles, le peuple s’embarque sur des « bwa fouye » (sorte de petits canots à voile) sur les mers, dans l’espoir d’atteindre les îles voisines. Hélas, nous avons perdu notre sentiment de l’honneur, notre goût à l’héroïsme.

Qui, aujourd’hui, donnera sa vie pour Haïti ? Mourir, est-il toujours beau pour le pays ? Dans ce contexte de » sauve qui peut« , même l’ancien président René Préval, conseillerait au peuple de « naje pou soti » (Sauve qui peut)..

Osman Jérôme


Mon Pied, mon Cauchemar !

Que servira-t-il à un homme de posséder toute la terre s’il arrive à perdre sa santé? N’a-t-on pas toujours dit que la santé vaut mieux que la richesse. En effet, beauté, longévité, prospérité, « dollarité »…, notre vie, ne se mesure-t-elle pas à l’état de notre santé?

Traditionnellement, la santé se définit comme une absence de maladie qui, pour sa part est associée à des sensations de malaise, de douleur, de fièvre, etc. Ces symptômes qui ont une influence directe sur l’organisme, déterminent la capacité fonctionnelle de l’individu. Cependant, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) va plus loin que cette courante approche, en associant au concept  santé « l’état absolu du bien être physique, mental y social du sujet, et non la seule absence de maladie ». Donc, la santé, dans le sens global du mot, exige un bon équilibre de notre état physique et de notre état psychologique. Les deux forment un cercle, duquel dépend la bonne ou la mauvaise qualité de notre santé.

En fait, tenant compte de ce qui est dit plus haut, je vis depuis quelques années, loin d’une santé robuste. Tout a commencé en 2005, quand un petit quelque chose, apparemment identifié comme un kyste, se pointait lentement sous la cheville de mon pied gauche. A la même année, je m’en suis fait opérer.

Suite à cette petite intervention chirurgicale, tout semblait aller pour le mieux, car peu de temps après, je reprends avec mes activités scolaires, sportives, le foot en particulier.

Cependant, contrairement à ce que spéculaient les gens, spécialement mes proches, il ne s’agissait pas d’un simple kyste, mais plutôt  d’un fibrome dermique, dû à une blessure mal soignée. Oui !, même si cela remonte un peu loin dans mon enfance, mais je m’en souviens encore comme si c’était hier, quand j’ai été estropié ce matin-là par le clou d’une toupie avec laquelle je jouais. Je me rappelle avoir versé du sang comme un porc, égorgé vif à l’abattoir.

Comme un coup de tonnerre dans unn ciel serein, un an et demi après l’opération, je ressens une forte douleur au pied, qui laisse pressentir que le fibrome dermique qu’on m’a enlevé est sur le point de récidiver. J’ai été rapidement revoir le médecin traitant. Cependant, au grand dam de mes attentes, il m’a tristement annoncé que ce cas dépasse ses compétences, tout en me conseillant d’aller voir ailleurs pour me faire soigner.

Nouvelle accablante, situation frissonnante, mais il n’y a pas mieux à faire : une nouvelle expérience avec les bistouris.

Nous sommes au début du mois de juin de 2008, ville des Gonaïves, hôpital La Providence, je suis soumis à une deuxième intervention chirurgicale, en guise d’être disponible pour préparer mon entrée à la fac, après avoir bouclé mes études classiques, en 2007.

Alité pendant quelques mois, je me récupère lentement jusqu’à être sur mes pieds, en  reprenant mes activités quotidiennes. Je suis rentré à l’université, j’ai repris mes émissions de radio et de télé, etc. Cependant, vu l’ampleur de la cicatrice, devenue très boursouflée, je ne pouvais plus toucher au ballon.

En 2009, après avoir passé une année à la faculté d’Ethnologie de l’Université d’Etat d’Haïti (UEH), j’ai été obligé de laisser le pays à destination de la République Dominicaine en vue de continuer avec mes études en Psychologie.

Cependant, peu de temps après avoir déposé mes valises sur le sol voisin, la douleur me revient timidement au pied, et comme l’a malheureusement prévu mon dernier médecin traitant, la cicatrice commence à s’élargir jusqu’à me rendre inactif dans mes activités scolaires, objectif principal de ma présence ici.

J’ai été à plusieurs hôpitaux de la région Nord du pays, mais toutes les tentatives demeuraient sans succès. Biopsie, analyse aux laboratoires, rien n’a prouvé que les médecins contactés fussent capables de s’occuper de mon cas, qui se dégénère après chaque nouveau soleil. Ce n’est qu’en juillet 2010, que l’un des médecins m’a référé à l’un des  plus grands centres dermatologiques du pays.

Comme on pouvait s’y attendre, une fois arrivé à l’ «Instituto Dermatológico y Cirugía del Piel » (Institut Dermatologique et de Chirurgie de la Peau », on m’a vitement proposé à une nouvelle intervention chirurgicale, pour ensuite me soumettre à un traitement, en vue de me trouver une solution à ce problème, qui dure déjà trop.

Aux premières heures de ce lundi 3 août 2010, les bistouris étaient  encore au rendez-vous sous la cheville de mon pied gauche, devenue enlaidie sous les effets insupportables de ces interventions répétées.

Des pilules, des injections, des crèmes, des médicaments, je me récupère petit à petit jusqu’à être prêt pour reprendre le chemin de la « Universidad Tecnológica de Santiago » (UTESA), où j’étudie la Psychologie.

Vu les frontières de différences, existant entre les deux premières interventions, que j’ai subies en Haïti et celle réalisée en République Dominicaine, je méditais déjà une guérison définitive. Mais c’était loin de la réalité, puisque prochainement ton blogueur est attendu à un centre hospitalier pour une nouvelle intervention chirurgicale, sans doute la dernière, pour finir avec cette situation trop critique, qui me barre la route à l’accomplissement de mes projets.

Un fait nouveau. Maintenant, il ne s’agit ni de kyste, ni de fibromme dermique, mais d’une cicatrice CHELOIDE.Une cicatrice chéloïde est bénigne, non contagieuse et généralement accompagnée de fortes démangeaisons, voire de douleurs vives ; sa texture évolue dans le temps. Dans les cas les plus graves, elle peut affecter le mouvement de la peau. (Wikipédia)

Quoiqu’il en soit, ne t’inquiètes pas pour moi, le corps, très chétif, peut ne pas être en mesure à faire face à cette nouvelle expérience sur une table chirurgicale, mais crois-moi le mental est bien disposé. Et je crois que tout se passera bien au nom de Dieu.

NB : si vous connaissez certains médicaments anti-chéloïdes, n’hésitent même pas à m’en informer, si cela vous plait.

Osman Jérôme


Haïti en mode BBM

 

« Le monde est la communication« . Presque tout le monde connait par cœur ce bout de phrase, lourd de sens et de signification. En effet, on vit une époque où tout est pratiquement tourné sur les nouvelles technologies de l’information et de la communication. D’ailleurs, les outils n’en manquent point : internet, réseaux sociaux, téléphones portables, tout pour le rapprochement des gens. Peu importe leurs origines, leur culture, leur race, leur classe et leur couleur.

Il fût un temps, communiquer via téléphone portable en Haïti était un luxe, réservé à une certaine classe. Cela coûtait tellement. Mais avec l’évolution du temps et la concurrence du marché des téléphonies mobiles dans le pays, aujourd’hui quelqu’un peut se permettre le droit de posséder plusieurs téléphones portables, et tous de grandes marques. Voire que l’haïtien cultive un certain goût du beau. Raison pour laquelle, peut-être que, tout ce qui est à bon marché, parait parfois comme peu de valeur aux yeux de mes frères et sœurs. En tout cas, fermons rapidement cette petite parenthèse esthéticienne pour rentrer dans notre sujet principal.

Depuis quelque temps, BlackBerry MessengerBBM pour les plus branchés, est rentré comme par enchantement dans la longue liste des outils de communication technologique, par laquelle les gens se communiquent, le monde se connecte, et devient ce petit village que nous habitons, tous.

Qui ne rêve pas d’un BB ?

Actuellement en Haïti, minime soit le taux des gens, qui ne caresse pas l’idée de se procurer de son fameux BBM pour mieux communiquer, mais également pour se mettre à la mode, en répondant à une exigence sociale. Car aujourd’hui, celui qui n’a pas son PIN activé chez un fournisseur de la place, est technologiquement vu comme un démodé.

Il est de jour en jour plus courant, que les gens ne s’intéressent plus à votre numéro de téléphone, sinon qu’au code de votre PIN-BBM. « C’est quoi, ton PIN déjà ?», c’est le nouveau refrain technologique, avec lequel dont on commence à se familiariser quotidiennement.

A l’instar de FacebookTwitter ou autres réseaux sociaux sur internet bien connus, le BlackBerry Messenger crée une petite société dans la société. Avec son PIN, on est connecté à une catégorie bien déterminée, on est à la mode, on est branché, quoi.

Conséquences

Incontestablement, les responsables de Research In Motion (RIM), le constructeur canadien du BlackBerry a apporté quelque chose de neuf dans la vie des individus, spécialement dans leurs façons de communiquer. En plus de placer et de recevoir des appels, le BB offre toute une gamme de services extraordinaires, captant l’attention de la clientèle. Ce qui fait probablement sa popularité à travers le monde, même s’il faut tout de même reconnaître aujourd’hui, par rapport à ce qu’offrent ses grands concurrents sur le marché mondial, la bête commence à perdre sérieusement du poil sur sa peau. Bref, passons.

Avec son BlackBerry, on est connecté, on est vu. Cependant, comme la dualité exige que le bien et le mal marchent de paire, ce nouvel outil de communication, qui est en passe de se transformer en un véritable phénomène de société, a sans doute certaines répercussions négatives sur la vie des gens qui, parfois se laissent démesurément transporter par la joie de communiquer en tous temps et en tous lieux : combien d’accidents de circulation ont déjà eu lieu, combien de services religieux, sont déjà perturbés, combien de réunions d’affaires importantes, sont déjà gâchées par l’utilisation à outrance du BBM ? Combien de couples déjà brisés, à cause que le pauvre mec ne peut offrir un BB à sa copine ? Combien de nos jeunes filles, ayant déjà gratuitement livré leur entre-cuisses à un quelconque en échange d’un BB ?

Il y a deux mois de ça, un ami m’a confié, qu’il a raté les examens d’une session d’université pour se payer un BBM. Alors, imaginez-vous, combien de sessions de classe, déjà sacrifiées dans cette même logique d’évolution.

Entre le besoin de communiquer luxueusement et celui de s’intégrer au club « Le m’as-tu vu”, le BlackBerry devient une nécessité sociale pour certaines gens. BBM au volant, au travail, dans les salles de classe, sur les autels des églises, le virus contagieux, transmettant la fièvre de ce moyen de communication n’épargne ni l’âge, ni sexe, ni classe, tout le monde est contaminé. Tout le monde désire en avoir un, parfois par quelque soit le moyen. Et, voilà pourquoi, celui qui s’affiche publiquement avec son BB dans certaines zones de la capitale haïtienne risque de se faire attaquer par des bandits. Les habitués du Champ-de-Mars en témoigneraient mieux que moi.

Comme diraient les musiciens de Fresh-up, à travers cette chanson vidéoclipée, que je vous invite à apprécier ci-dessous, le BlackBerry Messenger est un « Bout Bagay Malè ». Avoir son BB pour toujours rester connecter avec ses proches, ses amis, c’est plus que bien, mais son utilisation devrait au moins une priorité du propriétaire.

Terminons ce billet avec ce BBM, cette chanson vidéoclipée  de Fresh-up:

Osman Jérôme


″Salon du livre de Genève″ 2012: Lyonel Trouillot a remporté le prix

 

Lyonel Trouillot

En effet, c’est avec le plus grand honneur et satisfaction que, l’élite intellectuelle haïtienne a reçu en fin de semaine, la nouvelle de la désignation du romancier Lyonel Trouillot, comme lauréat du fameux prix  de la 26e édition du ″Salon du livre de Genève″, qui se tient actuellement au Maroc.

La belle amour humaine″, de l’éminent écrivain haïtien, est le titre de l’ouvrage, ayant remporté cette année, le prestigieux prix du Salon du livre international de Genève qui, selon ses créateurs, entend récompenser  un roman écrit en langue française, paru entre février de l’année précédente et février de l’année en cours. Selon les critères établis, le roman désigné doit être une expression de l’esprit de Genève, porté sur l’affirmation de la force de liberté d’expression, de l’humanisme, du cosmopolitisme et du débat d’idées.

L’œuvre de l’auteur haïtien a surclassé deux autres titres, ayant été en course pour le prix : Evasion à perpétuité de Thierry Luterbacher (éditions Bernard Campiche) et La lanterne d’Aristote de Thierry Laget (éditions Gallimard).

« Le roman de Lyonel Trouillot est un livre lumineux« , a déclaré le président du jury, Metin Arditi. « Il aborde de façon magnifique et forte la question du bien et du mal, celle de notre rapport à l’autre, et pour finir, celle de notre rapport à nous-même. Ce texte a été pour moi l’occasion d’une lecture inoubliable. », a-t-il conclu.

A rappeler que, ″La belle amour humaine″, paru en août 2011 aux éditions Actes Sud a été déjà salué comme le grand prix du Roman Métis 2011.

L’auteur de plusieurs romans à succès, dont ″Yanvalou pour Charlie″ (Actes Sud, Arles, 2009), Lyonel Trouillot est l’une figures de emblématiques de la littérature francophone contemporaine. Écrivain prolifique, poète, journaliste, professeur, l’auteur de ″Les enfants des héros″ est un acteur militant dans le processus du développement de la démocratie en Haïti.

Né à Port-au-Prince en 1956, Lyonel est une voix autorisée, une plume respectée, un personnage très adulé par la classe intellectuelle haïtienne.  Membre du festival socio-culturel ″Étonnants Voyageurs″ aux cotés de Dany Laferrière, il collabore activement à la création de plusieurs revues, telles : Langaj, Libre Haiti, Cahiers du vendredi, visant à polir l’image de la culture locale, dont il est un fanatique.

Cette distinction est une autre de plus pour ce professeur de littérature de 56 ans, récemment décoré, toujours  pour ″La belle amour  humaine″, ayant obtenu le grand prix du Roman Métis 2011.

Si le peuple haïtien est loin de redresser la pente politique, en mauvaise posture, depuis quand, je ne sais pas. Cependant, il peut se vanter, orgueilleusement de la plume fertile de ses fils. Allez-y, Lyonel, nous sommes fiers de vous.

Sources combinées.

 Osman Jérôme

 


Barça et Real éliminés: Haïti consternée

 

En moins de 48h d’horloge, presque toute la République d’Haïti a été sous une pression haletante à nulle autre pareille. Il ne s’agissait ni d’une éventuelle réplique du lugubre passage de ″goudou goudou″, du 12 janvier 2010, ni de nos vives manifs politiques, mais plutôt de deux rencontres de foot, sur lesquelles, les aiguilles de la planète ont été fixées. Dans les autobus et ″tap tap″ du transport en commun, dans les magasins, dans les salles de classe, on ne parle que de ça. Le jeu et les enjeux en valent bien l’estime.

Pleurs, joie, ironies, déceptions, les sentiments et les émotions se brouillent dans une euphorie incontrôlable durant ces deux demi-finales retour de l’épisode 2011-2012 de la Ligue des Champions, qui opposaient respectivement Berça face au Chelsea et Real face au Bayern, mardi et mercredi.

Tout a commencé mardi dernier, quand le Camp Nou s’apprête à recevoir cette première demi-finale retour de cette 57e édition de la plus prestigieuse des compétitions européennes, mettant aux prises le FC Barcelone de Pep Guardiola face au Chelsea de Roberto Di Matteo. Une rencontre, plus importante que passionnante pour les Blaugrana, inclinés 0-1 à l’aller, à Stamford Bridge, il y a une semaine.

En Haïti, l’ambiance est aussi calcinante que celle dégagée dans les tribunes  de Camp Nou. Les commentaires, les discussions, les paris, rien échappe aux débats des fans du Barca et du Real Madrid qui, jusqu’avant la tenue de ces deux rencontres, pensent, que ces deux clubs pourraient se croiser les fers à nouveau dans un autre clasico, version européenne, lors de la finale de la Ligue des Champions à Allianz Arena, le 19 mai prochain.

N’était-ce pas quelques faits saillants, ayant marqué l’actu socio-politique, presque toutes les émissions de radio et de télé ont failli faire tourner leurs habituels programmes vers ces deux matchs au sommet de la C1.

Episode I: Barcelone vs Chelsae

Mardi, 24 avril. 2h45, heure locale. Certaines rues sont désertées à Port-au-Prince, non pas pour un couvre-feu en plein jour, mais pour un match de foot, que personne ne veut pas manquer. A la maison, au bureau, dans un bar, dans un resto, au bord de la rue, tout le monde s’arrange à ne pas perdre même une de ces 90 minutes de ce jeu, que vont livrer espagnols et anglais dans un duel sans merci. Surtout que les Blues, ont encore en mémoire leur déroute en 2009 face à cette même équipe barcelonaise, à ce même stade de la compétion.

Vaincus à l’aller, en Angleterre, les poulains de Pep ont été condamnés à gagner cette partie, avec au moins un but d’écart, pour espérer jouer deux finales consécutives de la C1. Ce, qui reste jusqu’à date un record historique détenu par l’AC Milan, ayant été sacré champion deux fois de suite à cette épreuve, en 1988 et 1989.

Pourtant, rien ne parait impossible à cette machine barcelonaise, intraitable sur la scène européenne depuis ces dernières saisons. Mais le coup de sifflet final de cette partie, semble donner raison à certains observateurs affûtés, qui annoncent déjà, que le dieu du foot aurait commencé à tourner le dos aux Barcelonais, ayant pratiquement fait une croix cette saison sur la liga, après leur humiliation samedi dernier dans leur antre au Camp Nou, face au Real Madrid, actuel leader, avec 7 longueurs d’avance sur son grand rival de tous les temps.

Point n’est besoin de retourner sur le match Barca vs Chelsea, on connait déjà le résultat. Un 2-2, synonyme de qualification pour les Blues et élimination pour Lionel Messi et ses coéquipiers, qui, probablement vont se concentrer sur la suite de la Coupe du Roi, s’ils ne veulent pas terminer cette saison sans rien moissonner.

Berça éliminé. Pendant que les supporters du club s’en navrent, ceux du Real jubilent cette défaite du voisin, sans même penser à ce qui pourrait bien se passer dans 24h à Bernabeu où l’équipe locale accueille son homologue allemand de Munich, le Bayern, dans une rencontre de haute tension.

Les antennes des stations de radio, les réseaux sociaux (Facebook, Twitter), tous les moyens de communication sont utilisés pour faire circuler des messages de pique, se moquer les uns des autres. ″kote y’ap plimen kodenn, poul pa ri″ (On ne rit pas du malheur des autres), a posté un supporter du Berça sur le mur de sa page Facebook.

Episode II: Real vs Bayern

Mercredi, 25 avril. On est réveillé avec  ce refrain du Real-Bayern, s’affrontant pour s’emparer de l’autre ticket disponible pour cette finale de la Ligue des Champions, qui se joue le 19 mai prochain à Allianz Arena, à Munich, en Allemagne.

Comme 24h avant, aux heures indiquées de la rencontre, presque tous les médias du pays se sont mobilisés pour la retransmission de cette 19e confrontation entre les Bavarois et les Madrilènes. Et les amants du ballon rond ne font que, être de tout œil et de toute oreille pour vivre les minutes les plus palpitantes de ce duel au sommet.

Comme hier, pour les Barcelonais, les Madrilènes ont eu droit à savourer à quelques minutes de bonheur, avec leur petit avantage au début de la partie. Mais, ce n’est qu’une goutte de joie éphémère pour les espagnols. 2-1 dans les temps réglementaires, 3-1 dans les séances palpitantes des tirs au but. Et on connait la suite.

Déceptions?

Le rêve d’assister à une finale entre les deux plus grands clubs espagnols de tous les temps, se fond comme du beurre au soleil. Des déceptions à Barcelone, des larmes  à Madrid, il y en a eu bien aussi à Port-au-Prince, où les supporters de Messi et de Ronaldo avaient du mal à digérer ces éliminations. Ils ne mâchent pas leurs mots pour accuser x ou z, complice de près ou de loin dans telle ou telle défaite. La consternation est grande. Mais le mal est déjà fait.

Une fois de plus, le peuple haïtien a manifesté vivement sa passion démesurée pour le foot, d’ailleurs sport roi du pays. Cependant, il arrive des fois, que certaines émotions deviennent incontrôlables. Tel qu’il s’était présenté, malheureusement avant-hier, puis hier, après les échecs respectifs du Berça et du Real, où plusieurs fanatiques ont failli même venir aux mains, pour des ironies, dépassant les limites du respect mutuel.

Cependant, même si, ce n’est pas avec le même engouement, déjà on a tous les yeux rivés sur Munich, où Allianz Arena, le 19 mai prochain, sera le théâtre de cette finale de la C1, déviant toutes analyses, en plaçant en finale le club local face aux Blues de Chelsea. Finale inattendue, mais qui se promet d’être très tendue entre deux équipes, aux rigueurs défensives, quasi similaires. Que le meilleur gagne.

Que vive Haïti ! Que vive le foot !

Osman Jérôme


Transport en commun : le calvaire haïtien

Transport en commun en Haïti- © Osman Jérôme
Transport en commun en Haïti- © Osman Jérôme

Le transport en Haïti, comme dans la plupart des pays du monde, s’effectue sur trois voies : terrestre, maritime et aérienne. Cependant, pour le transport en commun, contrairement aux deux autres, la voie terrestre est la plus utilisée.

Circuler en privé dans un pays comme Haiti, où le pouvoir d’achat est un défi, est un luxe réservé aux gens plus ou moins aisés de la société. Donc, pour vaquer à leurs occupations quotidiennes, des citoyens ont recourt au transport en commun, organisé dans de mauvaises conditions : passagers  entassés comme des sardines, le piteux état des routes, des autobus comme des carcasses roulantes, l’incompétence des chauffeurs entre autres.… Les risques sont énormes.Voyager dans le transport public en Haïti exige une énergie, qui surpasse, parfois, la capacité naturelle humaine. Certains vous diraient tout simplement « Fò’w gen fyèl » (Il vous faut du courage).

Cap-Haïtien/Port-au-Prince, Gonaïves/Port-au-Prince, Jérémie/Port-au-Prince, Jacmel/Port-au-Prince, Mirebalais/Port-au-Prince, Cayes/Port-au-Prince, Port de Paix/Port-au-Prince, Saint-Marc/Port-au-Prince sont entre autres les  longs circuits les plus connus et les plus fréquentés du pays. Pourquoi ? Parce que les rapports financiers, économiques et politiques de ces grandes villes ont  des impacts positifs directement avec Port-au-Prince, la capitale du pays.

À la gare

Une portion de terre, des autobus, des camions, des taxis, un petit marché informel toujours dans les parages, et c’est tout.  Et souvent  sur cet espace, des lots d’ordures empilés.  De fait, une odeur pestilentielle envahit la « gare ». En clair, pas un seul petit endroit structuré avec des conditions d’hygiène.Et puisqu’il n’y a pas de toilettes, encore moins des douches,  satisfaire certains besoins physiologiques dans un endroit salubre, est un impossible. Situation oblige, on se tourne des coins de rues, où l’on peut être facilement remarqué. Personne ne vous dit rien, pas même les agents de la police nationale en poste ou de passage dans la zone.  Donc, aucun soucis : « Moun pa wè moun ».

Et la route ?

De nos plus grands tronçons, communément appelés routes nationales, jusqu’aux circuits des zones urbaines et rurales, à l’heure actuelle, le réseau routier haïtien n’est pas en mesure de répondre de manière satisfaisante à ses obligations élémentaires. Mis à part certains aménagements constatés, la majorité de nos routes se trouve en état de déterioration avancée. Les travaux d’infrastructures sont réalisés  de moins en moins. Conséquences : les accidents de la route se multiplient tous les jours. Le dernier en date, est ce drame survenu samedi dernier sur la route nationale # 2, à hauteur de Petit-Goâve, précisement à Morne Tapion, où une vintaine de passagers auraient été tués sur place. Et malgré tout, le trafic se poursuit comme si tout est bien.

Les conducteurs

Dans un contexte où l’haïtien pense posséder la science infuse, à pouvoir tout faire par la routine, la vie des passagers est souvent livrée entre les mains  d’un individu qui, hier recevait les frais de transport des passagers (contrôleur), aujourd’hui conducteur.  Et cela, sans avoir pour le moins un minimum de connaissance de code de la route, voire les règles de la circulation. Parfois ils fonctionnent sans même munis d’un permis de conduit délivré par le Service de la Circulation du pays, qui n’existe que de nom. Ces individus, dans la grande majorité des cas, n’ont jamais suivi des cours de conduite de véhicule. Ils fonctionnent sans la moindre peur d’être sanctionnés par des agents de la police routière, absents sur le terrain.Face à cette situation révoltante de « laisser faire », de « laisser aller », propre à l’haïtien, malheureusement, il est plus qu’évident, selon des gens, qu’on continue à compter des morts et des blessés.

A l’image de nos prisons

Dans les autobus, où le système de climatisation ne marche pas, le nombre de passagers, prévu  initialement par le concepteur du véhicule, est doublé. Triplé même,  par une formule que seuls les chauffeurs Haïtiens en connaissent le secret et la raison.  L’ambiance, certaines fois, est plutôt rigolante entre certains, pendant que d’autres gémissent, entassés  dans un tout petit espace. Un véritable « Serrer-Coller ». Ils se donnent des blagues, ils rient, peut-être pour oublier la chaleur et leur situation calamiteuses de voyage.  Et Malgré ces conditions infrahumaines dans lesquelles se trouvent les passagers,  il règne souvent une ambiance de bonne humeur dans les autobus.  Et ils discutent  de tout : La politique, le foot, l’amour, la religion, etc.…

Autobus ou marché ?

Face à la précarité croissante de la situation économique, certains, voulant échapper à ce chômage croissant de jour en jour, s’adonnent à toutes sortes d’activités imaginables et inimaginables : « Il n’y a pas de sot métier ». Outre tout ça, se nourrir, éduquer les enfants, payer le loyer, bref situation oblige.Dans les circuits les plus longs du transport en commun, il est rare que les passagers, montés à bord d’un autobus, ne se retrouvent pas en face d’un quelconque marchand ambulant, ou un « agent marketing » comme ils s’appellent, qui offrent des produits naturels, cosmétiques, pharmaceutiques et autres accessoires.Vendant ces produits à un prix abordable que celui du marché commun, ces vendeurs sont très appréciés par certains. D’autres voient ces « agents marketing » d’un mauvais œil. Pourquoi ? Ils sentent perturbés à l’idée qu’ils auraient bien pu profiter de leur voyage pour entammer une quelconque conversation avec un autre passager. D’autres pour dormir un peu.  En tout cas… « A chacun, sa façon de gagner son pain et gagner sa vie » et  « à chacun sa frustration »  Quoiqu’il en soit, ces marchands ambulants font souvent bonne recette, puisque  leurs produits, souvent réputés de bonne qualité, sont vendus avec engouement, et  parfois même jusqu’à l’épuisement du stock. C’est incroyable : certains autobus du transport public devenus marché public.

Et la limite et le prix du circuit ?

Dans un pays, où l’absence de l’Etat est un constat flagrant dans presque tous les domaines, les gens mènent leur vie comme bon leur semble, et gèrent leurs activités au gré de leur humeur. En dépit de la publication des notes par les responsables du Ministère des Affaires Sociales et du Travail pour fixer les prix des circuits, les chauffeurs s’en fichent royalement, et fixent eux-mêmes le prix des circuits. Cette pratique, il faut le dire, est plus courant dans le milieu urbain, où le passager se voit obligé de payer une demi-course le montant d’une course normale. Ce qui entraine parfois, en toute logique, des bagarres regrettables entre passagers et chauffeurs.  Les citoyens qui vivent dans la capitale haïtienne peuvent mieux en témoingner. Deux, trois, cinq gourdes de différence entrainent des disputes, où les histoires finissent parfois devant la justice.  A qui la faute ?

Et quand le passager exige qu’il soit déposé là où il veut ?

Souvent, un manque d’éducation ou de formation se confond à une sorte de culture, peut-être inventée pour cacher une plaie, un défaut, un mal qu’il faut en éradiquer. Culture ou manque d’éducation, le passager haïtien, qui monte à bord d’un autobus (dans le cas d’un long circuit), d’un « Tap Tap » (pour un circuit plus ou moins court) exige souvent qu’il soit déposé chez  lui ou pas trop loin,  s’il habite la route du trajet en question. Sitôt tappé à la sonnette, ou en exprimant son habituel « Merci chauffeur », l’individu s’attend à ce que le conducteur stationne d’un coup le « Tap Tap ». Dans le cas contraire, les mots ne manquent pas pour injurier le chauffeur.  Et dans certains des cas, ce dernier rend à ces passagers la monnaie de leur pièce.

Les gares, la routes, le comportement irresponsable des chauffeurs, tout menace  la vie du passage haïtien, habitué du transport en commun.  Et Malgré les cas d’accidents de circulation, enregistrés presque tous les jours, les vrais travaux d’aménagement et de réhabilitation de nos routes tardent encore à être effectifs. A rappeler que selon certaines recherches, l’insécurité routière est l’une des premières causes de mortalité en Haïti. Hélas.

Osman Jérôme


Saint-Marc, la ville sans sommeil

Vie nocturne à Saint-Marc, Haïti (c) Osman
Vie nocturne à Saint-Marc, Haïti (c) Osman

Haïti, Artibonite, Saint-Marc. Un pays, un département, une ville. Située à une centaine km de Port-au-Prince (la Capitale d’Haïti), Saint-Marc, dont la population est estimée à plus de  242 485 âmes selon les derniers recensements, réalisés en 2009, est le « Nomber One »  en matière de spectacles socio-culturels.

Ville historique, ville coloniale, ville d’affaires, Saint-Marc, communément appelée « Cité Nissage Saget », est sans conteste l’un des sites du pays les plus convoités, en matière de loisirs et d’ambiance. Promoteurs de spectacles, organisateurs de soirées dansantes, sans grands efforts, peuvent en témoigner longuement.

« Ti sourit », « Ti kan », « Plezi kanpe », « Reggae Night », « Chou pouri », les bougies des activités nocturnes ne sont jamais éteintes dans la ville. Les bambocheurs répondent toujours présents : plaisir à l’infini.

K-foun, K-Pè Yoyo, Club 2000, La Brise, Le Pic vert, G & C complexe sportif, Stadium Levelt, Corsaire Nigth club, Grosse Roche Beach, Amani-i Beach, Sony’s Ciné, sont en autres les espaces de divertissement offrant régulièrement des affiches qui attirent la grande foule, toujours enquête du plaisir.

Hormis le phénomène du « black Out » et l’insalubrité, ayant presque gain de cause de presque toutes les rues, la ville aurait presque tout en matière de défoulement pour attirer les regards des visiteurs.

Seul, entre familles,  amis; au resto, dans une discothèque, les rendez-vous nocturnes sont toujours fréquentés par les jeunes, friands du plaisir.  Voilà qui  justifie  les bonnes recettes  des activités tant en semaine qu’en week-end.

Traversée du Sud au Nord par une des plus importantes routes du pays, la Route Nationale 1, Saint-Marc sert fréquemment d’hébergement aux commerçants du secteur informel,  et aux conducteurs  de poids lourds  en particulier, qui traversent la ville aux heures tardives de la nuit.  Principal point de repère : Portail des Guêpes, situé à l’entrée Nord de la ville. Là, des bars et des boites de nuit offrent leurs services jusqu’à l’aube.  L’insomnie  est dominante chez  certains habitants  de Portail des Guêpes, des excellents buveurs.

Entre la musique « hot » des DJ, les « fritay » à une forte dose de piment, et de la bière, les heures passent comme les secondes.  On se plonge tellement dans l’ambiance, qu’on ne se rend même pas compte quand le soleil se pointe à l’horizon.

Soirées dansantes, festivals de musique, spectacles de tous genres, jeux sportifs de toutes disciplines, un week-end se passe rarement sans que la ville ne soit pas chauffée sous les flammes d’une quelconque ambiance.

Supportée économiquement par son port, d’ailleurs très courtisé par des hommes d’affaires, la Cité du Lion, ayant pour dévise « Qui s’y frotte, s’y pique », est largement ouverte aux commerces.  Ce qui entraine une sorte de va-et-vient en permanence dans la ville.

Spectacles, jeux récréatifs, loisirs, ambiance, la ville n’en manque jamais. A quand, pensez-vous y visiter ? Bienvenue, déjà !

Osman Jérôme

 


Manger en pleine rue, une nécessité en Haïti

 

Des restaurants en pleine rue à Port-au-Prince © Osman Jérôme
Des restaurants en pleine rue à Port-au-Prince © Osman Jérôme

« Ventre affamé n’a point d’oreilles », pour reprendre le vieil adage. Se nourrir est un besoin physiologique, dont l’homme ne peut se passer pour son bien-être physique. Même si, nombreux sont ceux qui n’ont pas accès à ce droit fondamental. Surtout dans des pays comme Haïti, où le pouvoir d’achat reste la faveur d’une minorité sociale.

En effet, se payer le « luxe » de déjeuner, dîner ou souper dans un restaurant digne de ce nom, ne revient pas à tous. Ainsi, pour gérer leur panse, certains préfèrent se tourner sous ces tentes, où des cuisinières, réputées souvent, de cordons bleus, accueillent des petites bourses.

Des restaurants en pleine rue à Port-au-Prince © Osman Jérôme

Toitures en tôles ou en nattes, rares sont les rues de la ville de Saint-Marc, à ne pas être décorées par ces petites maisonnettes et tentes, apartenues à ces cuisinières, qui servent une clientèle, de jour en jour plus nombreuse. Et, cette pratique reflète la même réalité sur tout le territoire national.

Dans la plupart du temps, ces « Machann manje » (marchandes de nourritures), s’installent au bord de la route ou dans des endroits très fréquentés : les marchés, les places publiques, les garres routières, etc.

Là, entre les tats d’immondices et les polluants de l’air, provenant des automobiles, les plats se vendent avec une rapidité telle qu’on se croirait en train de rêver les yeux ouverts. Entre le sourire de la serveuse et la résignation des consommateurs, les commandes sont livreés, dégusteés, et parfois même emportées avec un engouement sans mesure.

« Aleken », « chen janbe », « bann a pye », telles sont entre autres quelques expressions, par lesquelles on qualifie familièrement ou ironiquement ces plats, livrés parfois en dehors des normes d’hygiène. Grignoter quelque chose dans de telles situations, est préjudiciable à la santé, mais, hélas, les consommateurs n’ont pas d’autres alternatives, s’ils ne veulent pas mourir de faim.

Sur cette table, parfois très longue, on identifie : profs, étudiants, porteurs, cireurs de bottes, marchands ambulants, etc, tous pour un même but : apaiser leur faim selon leur compte.

Emprisonnés par le chômage, les gens ont souvent du mal à se nourrir comme cela devrait être. « Quand on ne mange pas ce qu’on aime, on aime ce qu’on mange », avouent certains d’entr’eux. A défaut de pouvoir feuilleter le riche menu d’un restaurant approprié, on se rabbat sans complexe aux coins (du marché ou de la place), là où les chaudrons sont campés pour les petites poches. « Le crocodile affamé ne choisit pas sa proie », dirait le proverbe.

Il fallait au moins 200 à 250 gourdes pour commander un plat dans l’un des restaurants où les normes d’hygiène sont plus ou moins respectées. Alors qu’avec 25 ou 50 gourdes on consomme son « aleken, chen janbe, bann a pye ». La différence est grande. Voire dans la plupart des cas, la sapidité des plats n’intéresse guère le consommateur, cherchant à tout prix à se débarasser de cette faim, qui lui monte une saveur de fiel aux lèvres.

Le prix des produits de première nécessité, qui ne cesse de prendre des échelons, et le chômage, qui gagne constemment du terrain dans le jeu socio-économique du pays, sont entre autres des principaux facteurs, favorisant cette pratique ( de manger n’importe où et n’importe comment), avec laquelle qu’on s’acommode de jour en jour, sans même s’en rendre compte.

Plus que le prix des produits est en hausse, plus  le pouvoir d’achat des gens est en baisse, voire disparait. Or, il faut manger. Mais quoi ?, comment ? La vente des nourritures en pleine rue est une forme de réponse à ces interrogations. C’est une pratique, qui se s’étend de jour en jour sur nos villes, répond à un besoin pressant de la population, ayant déjà fait récemment la dure expérience de « Grangou kloròks » (faim aigüe).

Comme dirait l’Haïtien lui-même : « Bouch tout moun fann pou manje » (on doit manger à sa faim), et « Sak vid pa kanpe » (ventre affamé n’a point d’oreilles). Donc, on s’attend à l’amélioration de la condition de vie des gens, pour que la nourriture ne soit plus un produit de luxe, surtout quand on sait que la faim est mauvaise conseillère et « Un homme qui a faim n’est pas un homme libre», conclurait Adlaï Stevenson.

Osman Jérome


Le député superstar

 

Garcia Delva. Un nom, un personnage, un artiste, un modèle, voire  même une marque. Enfin un parlementaire. Originaire de Marchand Dessalines, l’ancien lead vocal de Zenglen est considéré par plus d’un, comme une légende vivante dans l’industrie de la musique haïtienne. Il a eu des exploits qui lui ont valu la reconnaissance gratuite de tout un peuple.

Pontifiant, extravagant de nature, sa présence attire toujours  la grande foule. Icône de toute une jeunesse, qui se laisse toujours craquer sous ses charmes, imitant ses moindres styles, ses tenues, parfois osées. Qui n’aurait pas aimé de se faire ressembler à Garcia Delva ?

Début dans la musique

Sa longue histoire avec la scène artistique remonte un peu plus loin dans sa jeunesse, où il faisait du théâtre à la paroisse catholique de sa ville d’origine. L’artiste se rappelle avoir commencé à faire de la musique au sein du groupe Géro-Star, qu’il abandonnera un peu plus tard pour rejoindre Djakout Mizik.

Jusqu’ici, il était inconnu du grand public. Et  ce n’est qu’avec le groupe Zenglen que tout le monde allait tomber sous le charisme et le charme de cette bête de scène, dont interprète de « Our love is for ever » a toujours fait preuve.

L’expérience de Zenglen

Pochette de l’album Do It Right (Nou pèdi fren)
Pochette de l’album Do It Right (Nou pèdi fren)

Nous sommes en 1995.  Pour cicatriser la vive plaie, laissée par le départ fracassant du chanteur Garry Didier Perez au sein de  Zenglen, Garcia, l’homme qu’on reconnait facilement par son large sourire, a été vitement contacté et laissé Haïti. Destitaion : Les Etats-Unis d’Amérique, précisément à Miami où il allait habiter le building 5 étioles de l’orchestre Zenglen, groupe phare de la nouvelle génération du Konpa Direct. Une fructueuse expérience musicale qui, a sans doute fait de lui ce qu’il est aujourd’hui : Gracia Delva, The Living Legend, dixit son compère Richie, Aya.

Quatre (4) albums studios, des tournées réussies un peu partout à travers le monde, celui qu’on qualifie de « Ti bat kò » s’est converti en un véritable phénomène. De succès en succès, chaque prestation de Zenglen avec l’artiste est un gain. Les fans se déchaînaient de passion pour le type au style contagieux.

En 2002, en pleine jouissance du succès de Do It Right (Nou pèdi fren),  le titre du dernier album enregistré avec son band, au zénith de sa gloire incontestable, un malheur est survenu en cours de route. Ce qui a ralenti l’élan que prenait la carrière de l’artiste.

Après une belle tournée en Haïti, au cours des grandes vacances estivales de cette même année, les autorités américaines ont interdit au chanteur l’accès au sol de l’Oncle Sam. La nouvelle est tombée comme un coup de massue. Elle a fait éternuer l’industrie de la musique nationale.

L’avenir de « Ti Boutèy Malta »

Que  fera  Garcia ?  Abandonnera-t-il la musique ? Trouvera-t-il de l’énergie suffisante pour résister après ce coup ? Telles ont été, entre autres, les diverses interrogations des annalistes et admirateurs qui adorent l’enfant terrible de la musique haïtienne, comme on l’appelle souvent.

Comme certains pouvaient s’y attendre, en 2003,  l’homme lance son projet Mass konpa avec des têtes inconnues de la scène musicale. Beaucoup de doutes planaient sur l’avenir de cette équipe, qui n’avait que son capitaine comme vedette. Cependant, malgré certaines trépidations, les musiciens ont fait face à tous les obstacles pour réaliser leur 1e album, édité sous la couverture de « kwa pa’m » (Ma croix). Malheureusement ce produit n’a pas fait bonne recette sur un marché musical, où les consommateurs deviennent de plus en plus exigeants.

Parallèlement aux activités de son orchestre, le remuant chanteur, au timbre reconnaissable, mène également une carrière solo, qui lui a permis, entre autre,  de réaliser « Back to the future », conjointement avec Jean-Hérard Richie aka Richie, son ancien complice de Zenglen.

Cette intéressante collabo a  énergiquement apporté quelques kilos au poids musical de GD, visiblement amaigri par une forte carence de hits depuis sa séparation forcée avec Zenglen. Cet album avait une réussite totale  au profit des deux hommes, prouvant qu’ils peuvent faire grand’ chose, quand ils ne sont pas ennemis. De cette même carrière solo, « Graciamania » a vu le jour, mais n’a pas récolte autant de lauriers que « Back tho the future ».

Garcia, l’optimiste juré

Garcia, le député-source : belpolitik.com
Garcia, le député-source : belpolitik.com

Malgré un statut de star encensée sur sa terre natale, retourner aux Etats-Unis, considérés, d’ailleurs,  par le concerné lui-même comme JérUSAlem, a toujours été une préoccupation pour l’acteur du «Onzième Commandement ». Vivement animé par le désir de retourner à Miami, il a fait plusieurs tentatives, mais sans succès.

« L’optimisme est une forme de courage qui donne confiance aux autres et mène au succès », a dit Baden-Powell.  La persévérance, la persistance, la ténacité et le courage de cet incomparable one man show allaient tout bonnement être payants.

Depuis son installation obligée en Haïti, après ses démêlés avec l’immigration étasunienne, conjointement à  ses activités artistiques, l’ancien chouchou de Miami s’est investi à fond dans le social.  D’où la création de « Fondation Garcia Delva », dont il est le proprio.

Lors des dernières élections  présidentielles et législatives Haïtiennes, il s’est intelligemment porté candidat à la députation pour la circonscription de Marchand Dessalines, sa ville natale. Sans surprise aucune, la star du Compas Direct a remporté ces compétitions électorales. Ce qui l’a conduit directement au parlement national en tant que député de la 49e législature haïtienne.

Et la musique alors?

En reconnaissance aux supports du public dans la réussite de sa carrière d’artiste, le chanteur, aujourd’hui parlementaire,  avait bien promis à ses fans, tout au long de sa campagne électorale, qu’il continuerait à chanter pour eux, même après son élection. Comme une promesse est faite pour être respectée, l’artiste qui s’est fait coupé les tresses, probablement à cause de ses obligations d’Etat, ne ratte jusqu’à date les grandes prestations de son  band Mass Konpa tant en Haïti qu’à l’étranger. Et le dernier défilé des trois jours gras haïtiens en est la preuve.  Le parlementaire s’est donné à tue-tête sur le char de sa formation musicale pour le plaisir de ses milliers de fans et supporteurs, présents sur le parcours du carnaval.

Retour aux Etats-Unis

JerusalemEtre chef en Haïti,  ouvre certaines portes qu’on penserait être verrouillées. Aidé par son statut de parlementaire, le président de la Commission Culture et Tourisme de la Chambre des députés, a eu en septembre dernier le privilège de fouler à nouveau le sol de Barack Obama,  pour des missions politiques.  Après neuf ans d’interdiction d’accès à JerUSAlem,  le premier come back du députe-chanteur aux Etats-Unis a pris une tournure événementielle.

La nouvelle a fait du buzz dans la communauté haïtienne de Miami, où les fans ont même fêté pour saluer ce retour, qualifié de victoire pour l’artiste, qui est un exemple de courage et de persévérance.

Chanteur du peuple, député du peuple, aujourd’hui Garcia Delva fait partie de ces personnages qu’on ne présente plus en Haïti. Son charisme, sa pétulance, sa détermination lui ont valu la gloire, les honneurs, les mérites,  et fait de lui ce qu’il est maintenant : un parlementaire, « un député super star ». Still yes Aya !

 Osman Jérôme


Des ˝Miss Univers˝ au carnaval haïtien

Quelques participantes de Miss Univers 2011 (Google/Images)

Le carnaval pour faire décoller Haïti. Le carnaval pour vendre les belles images du pays. Oui, Haïti se décolle, et huit (8) des craquantes demoiselles de la dernière édition de Miss Univers seront  à bord de la navette festive de ce décollage.

En fait, sous l’initiative d’Anadie Azael, la Miss Univers Haïti 2011 et la Reine des reines du carnaval de cette année, (8) huit des Miss Univers 2011 seront dans nos rues durant les manifestations carnavalesques, qui ont déjà bel et bien démarré sur les 27250 km2 du territoire national, depuis tantôt un mois, avec notamment les dimanches pré-carna.

Ces (8) huit jolies poulettes, qui s’étaient lancées l’année dernière à la conquête de la prestigieuse couronne de la plus belle demoiselle de l’Univers sont attendues à Port-au-Prince ce vendredi 10 février 2012. Cette délégation de beauté, qui est composée de : Vasuki Sunkavalli (Inde), Laura Gonçalves (Portugal), Ronnia Fornstedt (Suède), Sandra Amer (Danemark), Shakira Martin (Jamaïque), Aoife Hannon (Irelande), Chelsae Durocher (Canada) et Tashena Adderly (Turks and Caiscos) sera au pays pour un séjour qui prendra fin le 25 février prochain, soit quatre (4) jours après le défilé des trois (3) des jours gras, fixés du 19 au 21.

Ces miss, qui seront rentrées spécialement au pays pour le carnaval, prendront part tour à tout aux défilés du carnaval de Jacmel, des Cayes (ville hôte des festivités) et de Port-au-Prince. « Cette initiative rentre dans le cadre de mon projet, qui consiste à changer l’image d’Haïti à l’extérieur. En faisant rentrer ces genres de personnalités et en leur montrant les plus beaux sites du pays, le monde entier saura toutes les richesses dont regorgent Haïti », a fièrement  précisé Anedie Azael, qui depuis son retour du Brésil où elle participait à la 60e édition de Miss Univers, n’a jamais caché sa vision de voir une autre image de son pays.

Aucours de ce séjour spécial, ces miss, venant presque des quatre (4) coins du monde rendront également visite à certaines écoles et orphelinats du pays, dont celui que dirige Anedie sous la couverture de son organisation à but non lucratif dénommé « Peace Love International ». Un organisme aidant les enfants et les femmes à s’épanouir.

Après cette grande première, la Miss Univers Haïti 2011 annonce déjà la venue prochaine  d’un autre groupe de miss du monde qui viendra visiter son beau pays.

A rappeller que cette année, le carnaval local se déroule au tour du thème « Ayiti ap dekole, O kay pran devan » (Haiti décolle, les Cayes prend les devants). Et le rendez-vous de ce décollage est prévu pour les 19, 20 et 21 février prochain sur les macadams du boulevard quatre (4) chemins de la ville des Cayes, la 3e du pays.

Osman Jérôme