Archives du mot-clé Jean-Claude Duvalier

Haïti: le décès de Jean-Claude Duvalier agite les réseaux sociaux

Jean-Claude Duvalier © Le Nouvelliste
Jean-Claude Duvalier © Le Nouvelliste

Définitivement, les réseaux sociaux sont des thermomètres pour mesurer la température d’un événement. Tel qu’il soit. Du social à la politique, rien n’échappe au matraquage publicitaire des réseaux sur Internet.

Continuer la lecture de Haïti: le décès de Jean-Claude Duvalier agite les réseaux sociaux 

Haïti, l’échantillon d’une transition démocratique en perdition

Michel Martelly et Jean-Claude Duvalier/Crédit photo : www.haitilibre.com
Michel Martelly et Jean-Claude Duvalier/Crédit photo : www.haitilibre.com

Les sociétés démocratiques ne sont pas tombées du ciel. Elles y parviennent au prix de longues luttes. L’apprentissage démocratique est un processus complexe et fragile. Il exige des sacrifices énormes.

Le début des années 80 marque un tournant historique dans la vie politique en Haïti. Après 27 ans d’une dictature impitoyable, sanglante…, des mobilisations musclées ont fini par mettre fin au long pouvoir corrosif des Duvalier (père et fils).

Dans cette euphorie populaire qui accapara le pays, ce fut la rentrée triomphale d’Haïti dans une transition, dite DÉMOCRATIQUE, disait-on. Mais, le pays, a-t-il profité de ce revirement politique ?

Continuer la lecture de Haïti, l’échantillon d’une transition démocratique en perdition 

« Qu’avez-vous fait de mon pays ? »

Jean-Claude Duvalier via noticiassin
Jean-Claude Duvalier via noticiassin

Port-au-Prince, Haïti. Jeudi 28 février 2013. Loin de ce qui se passait au Vatican, où pape Benoit XVI doit officiellement démissionner de ses fonctions à la tête (malade) de l’église catholique, tout un pays est en alerte. Quelque chose de spécial va se passer : Jean-Claude Duvalier va enfin comparaître par devant un tribunal en Haïti. Ce, après trois convocations manquées depuis son retour au pays. L’ex-dictateur a décidé de répondre aux questions de la justice de son pays pour diverses plaintes déposées contre sa personne.

 Victimes, sympathisants, journalistes nationaux et internationaux, simples curieux observateurs, les périmètres de la Cour d’appel de Port-au-Prince étaient bondés de gens ce jeudi matin. L’évènement en valait bien la peine. Il ne s’agit pas d’une petite bête sans poils, c’est une bête à cornes. Une bête à nom. Un nom fort, puissant. C’est un nom à sensation, et qui donne frisson. Madame, monsieur je ne vous invente absolument rien. D’ailleurs, la jeunesse de mon âge ne me le permettrait pas non plus. Bref.

Mr. Jean-Claude est de retour au pays en janvier 2011, soit après 25 ans d’exil en France. Et depuis, sa présence n’a cessé d’alimenter les débats dans la société haïtienne, dont certains membres gardent encore des souvenirs cauchemardesques de son régime. Entre temps, des organisations des Droits de l’Homme en Haïti comme à l’étranger n’ont cessé de faire pression sur les autorités haïtiennes d’entamer des actions en justice contre l’ancien tyran de 61 ans. Ce dernier, reproché entre autres pour la violation des droits humains, des crimes contre l’humanité,  des exécutions sommaires, des détournements de fonds, ayant caractérisé son long gouvernement dictatorial, de «kanson fè».

Diplomaties. Démagogies. Va-et-vient.  Enfin, l’ancien chef des «tontons macoutes» a été auditionné le 28 février dernier  par des juges de la Cour d’appel de Port-au-Prince. Ce, en raison à des multiples plaintes déposées par plusieurs victimes de son règne  (1971 à 1986). En effet, comme pour se défendre face à ses accusés, l’ex-chef de l’Etat à vie nie toute responsabilité dans des actes de torture, d’exécution d’opposants politiques, de violation des droits humains imputés à son régime de 15 ans.

« Qu’avez-vous fait de mon pays ?», a exclamé Baby Doc en pleine séance d’audition. «Le pays s’est effondré à mon retour, je retrouve un pays ruiné, une corruption sans borne qui freine le développement de ce pays», a pesté  l’ancien homme fort de Port-au-Prince. Donc, il veut bien des explications ? A défaut d’en pleurer, certains ont en plutôt rit. Comme si ce fut une blague, une plaisanterie à la Jesifra, notre comédien # 1.

« Qu’avez-vous fait de mon pays ?». Provocation, défense, offense, vérité, cette question a eu l’effet d’une bombe. Et en si peu de temps, les réponses et les réactions n’ont pas tardé à venir. Entre pour ou contre, les discussions sont animées. Entre temps, à la huitaine, l’ex-premier citoyen de la nation est attendu une fois de plus au même en droit pour les suites de ce dossier, dont la fin semble n’est pas pour demain. Spectateurs, observateurs, soyez de tous yeux et de toutes oreilles, le spectacle s’annonce encore plus excité. Conservez bien vos tickets. A suivre.

Osman Jérôme