Après la pluie, c’est le mauvais temps

19 février 2013

Après la pluie, c’est le mauvais temps

 » Après la pluie, c’est le beau temps « . Nous l’avons appris, et c’est ancré dans l’inconscient collectif. En effet, je n’ai pas la moindre intention de porter un démenti formel à ce dicton, vieux comme l’histoire de la mer rouge. Cependant, comme le voudrait bien l’Empirisme, il fallait au moins faire certaines expériences. Et cela aidera à comprendre que, bon nombre des adages, sont loin de coller à la réalité. La réalité « réelle », si vous me permettez cette expression. A moins que, ce soit l’exception qui confirme toujours la règle.

Saint-Marc, comme la plupart de certaines autres villes d’Haïti, fait face à un manque d’infrastructures criantes : des tas d’immondices servant de décor à certaines rues, la poussière qui vous bascule le nez, la non-irrigation des canaux.  Donc, un décor architecturel qui mérite d’être revu. Bon, heureusement que la ville est en chantier depuis quelque temps.

Par contre, n’était-ce pas ce problème, celui qui l’a déjà visitée, vous dirait tout simplement que, Saint-Marc est une ville pittoresque, aux allures exotiques et charmantes.  Mais, malheureusement, comme le pays lui-même, les défis d’ordre infrastructurel de la cité Nissage Saget sont énormes.

Il y a de cela, deux mois, depuis que j’ai rendu visite à une amie que je n’ai pas vue, ça fait un bail.  Malgré la nébulosité du temps, annonçant une forte pluie, je suis décidé de ne pas faire marche arrière. Surtout que c’était la dernière occasion de revoir cette ancienne camarade de classe, avant qu’elle ne reparte pour Québec, où elle réside depuis quelques années. Elle séjourne à Pont Tambour, un quartier résidentiel situé à l’Est de la ville.

Chemise Lacoste noire, manches longues, mais retroussées, un jeans Diesel délavé bleu et une paire de Converse noire : je suis tiré à quatre épingles (rires).  Donc,  prêt  à  laisser Frécyneau, mon quartier,  pour cette galante aventure, qui s’est malheureusement terminée sur une note pas trop intéressante.

Arrivé, j’ai été fastueusement reçu comme un roi, ayant retrouvé son trône après une longue absence. Vous vous attendez sans doute à ce que je vous raconte le film de la rencontre pièce par pièce ? Désolé de ne pas pouvoir combler vos attentes sur ce point. Secret de Dieu ! Qui sait.

Il se faisait tard, puisqu’il il était déjà 10h PM, quand je m’apprêtais à laisser le domicile de l’amie, après que de fortes pluies viennent de s’abattre sur la ville. La barrière, une fois franchie, le calvaire a commencé.  Il faisait très noir, vu qu’il n’y avait pas d’électricité dans  la zone. Et, malheureusement, la luminosité de mon Alcatel A780 ne pouvait pas me venir au secours. A chaque pas, je me suis enfoncé dans une boue si profonde, que je pouvais à peine avancer. Pas de voiture, encore moins une motocyclette, sinon que mes deux pieds pour faire la route. Qui pis est, dans ces chiantes situations où la ville est sous les eaux, les taxi-motos ne fonctionnent presque pas.  Et, je dois rentrer chez moi.

Face à cette situation, en un rien de temps, j’ai dû enlever mes chaussures, retrousser mon jeans pour affronter la dure réalité de la route qui mène chez  moi. Un trajet qui me paraissait long. Interminable. On dirait un chemin de croix.

Je me garde de ne pas raconter les péripéties que j’ai endurées  jusqu’à ma demeure. Car je doute fort, qu’en lisant seulement le billet, vous puissiez comprendre ma calamiteuse mésaventure.

Osman Jérôme

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Commentaires

Nelson
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mache chache pa janm dómi san soupe. veux-tu bien me traduire ce beau proverbe haïtien.
heureusement, tu me laisses croire que t'avais trouvé ld beau temps avant la pluie.

MAB
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Félicitation mon vieux !!

En passant, si j'étais à ta place, j'aurais couché à la résidence de cette ancienne collègue. Peut-être que tu aurais en discuter davantage les «secret de Dieu»? qui sait. mmmh

Osman
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Merci tout de meme pour le conseil, mais c'était pas évident.