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Haïti : beaucoup de malades, mais peu de soins

 Hôpital Universitaire de Mirebalais-© Osman Jérôme

         Hôpital universitaire de Mirebalais-© Osman Jérôme

Les temps ont changé. Les mentalités aussi. L’époque où l’Haïtien attend son dernier gémissement avant d’aller consulter un médecin est révolue. Ainsi, la clientèle des centres hospitaliers s’agrandit au rythme de la propagation des maladies et des virus. Toutefois, se faire soigner reste encore un combat. 

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Mon Pied, mon Cauchemar !

Que servira-t-il à un homme de posséder toute la terre s’il arrive à perdre sa santé? N’a-t-on pas toujours dit que la santé vaut mieux que la richesse. En effet, beauté, longévité, prospérité, « dollarité »…, notre vie, ne se mesure-t-elle pas à l’état de notre santé?

Traditionnellement, la santé se définit comme une absence de maladie qui, pour sa part est associée à des sensations de malaise, de douleur, de fièvre, etc. Ces symptômes qui ont une influence directe sur l’organisme, déterminent la capacité fonctionnelle de l’individu. Cependant, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) va plus loin que cette courante approche, en associant au concept  santé « l’état absolu du bien être physique, mental y social du sujet, et non la seule absence de maladie ». Donc, la santé, dans le sens global du mot, exige un bon équilibre de notre état physique et de notre état psychologique. Les deux forment un cercle, duquel dépend la bonne ou la mauvaise qualité de notre santé.

En fait, tenant compte de ce qui est dit plus haut, je vis depuis quelques années, loin d’une santé robuste. Tout a commencé en 2005, quand un petit quelque chose, apparemment identifié comme un kyste, se pointait lentement sous la cheville de mon pied gauche. A la même année, je m’en suis fait opérer.

Suite à cette petite intervention chirurgicale, tout semblait aller pour le mieux, car peu de temps après, je reprends avec mes activités scolaires, sportives, le foot en particulier.

Cependant, contrairement à ce que spéculaient les gens, spécialement mes proches, il ne s’agissait pas d’un simple kyste, mais plutôt  d’un fibrome dermique, dû à une blessure mal soignée. Oui !, même si cela remonte un peu loin dans mon enfance, mais je m’en souviens encore comme si c’était hier, quand j’ai été estropié ce matin-là par le clou d’une toupie avec laquelle je jouais. Je me rappelle avoir versé du sang comme un porc, égorgé vif à l’abattoir.

Comme un coup de tonnerre dans unn ciel serein, un an et demi après l’opération, je ressens une forte douleur au pied, qui laisse pressentir que le fibrome dermique qu’on m’a enlevé est sur le point de récidiver. J’ai été rapidement revoir le médecin traitant. Cependant, au grand dam de mes attentes, il m’a tristement annoncé que ce cas dépasse ses compétences, tout en me conseillant d’aller voir ailleurs pour me faire soigner.

Nouvelle accablante, situation frissonnante, mais il n’y a pas mieux à faire : une nouvelle expérience avec les bistouris.

Nous sommes au début du mois de juin de 2008, ville des Gonaïves, hôpital La Providence, je suis soumis à une deuxième intervention chirurgicale, en guise d’être disponible pour préparer mon entrée à la fac, après avoir bouclé mes études classiques, en 2007.

Alité pendant quelques mois, je me récupère lentement jusqu’à être sur mes pieds, en  reprenant mes activités quotidiennes. Je suis rentré à l’université, j’ai repris mes émissions de radio et de télé, etc. Cependant, vu l’ampleur de la cicatrice, devenue très boursouflée, je ne pouvais plus toucher au ballon.

En 2009, après avoir passé une année à la faculté d’Ethnologie de l’Université d’Etat d’Haïti (UEH), j’ai été obligé de laisser le pays à destination de la République Dominicaine en vue de continuer avec mes études en Psychologie.

Cependant, peu de temps après avoir déposé mes valises sur le sol voisin, la douleur me revient timidement au pied, et comme l’a malheureusement prévu mon dernier médecin traitant, la cicatrice commence à s’élargir jusqu’à me rendre inactif dans mes activités scolaires, objectif principal de ma présence ici.

J’ai été à plusieurs hôpitaux de la région Nord du pays, mais toutes les tentatives demeuraient sans succès. Biopsie, analyse aux laboratoires, rien n’a prouvé que les médecins contactés fussent capables de s’occuper de mon cas, qui se dégénère après chaque nouveau soleil. Ce n’est qu’en juillet 2010, que l’un des médecins m’a référé à l’un des  plus grands centres dermatologiques du pays.

Comme on pouvait s’y attendre, une fois arrivé à l’ «Instituto Dermatológico y Cirugía del Piel » (Institut Dermatologique et de Chirurgie de la Peau », on m’a vitement proposé à une nouvelle intervention chirurgicale, pour ensuite me soumettre à un traitement, en vue de me trouver une solution à ce problème, qui dure déjà trop.

Aux premières heures de ce lundi 3 août 2010, les bistouris étaient  encore au rendez-vous sous la cheville de mon pied gauche, devenue enlaidie sous les effets insupportables de ces interventions répétées.

Des pilules, des injections, des crèmes, des médicaments, je me récupère petit à petit jusqu’à être prêt pour reprendre le chemin de la « Universidad Tecnológica de Santiago » (UTESA), où j’étudie la Psychologie.

Vu les frontières de différences, existant entre les deux premières interventions, que j’ai subies en Haïti et celle réalisée en République Dominicaine, je méditais déjà une guérison définitive. Mais c’était loin de la réalité, puisque prochainement ton blogueur est attendu à un centre hospitalier pour une nouvelle intervention chirurgicale, sans doute la dernière, pour finir avec cette situation trop critique, qui me barre la route à l’accomplissement de mes projets.

Un fait nouveau. Maintenant, il ne s’agit ni de kyste, ni de fibromme dermique, mais d’une cicatrice CHELOIDE.Une cicatrice chéloïde est bénigne, non contagieuse et généralement accompagnée de fortes démangeaisons, voire de douleurs vives ; sa texture évolue dans le temps. Dans les cas les plus graves, elle peut affecter le mouvement de la peau. (Wikipédia)

Quoiqu’il en soit, ne t’inquiètes pas pour moi, le corps, très chétif, peut ne pas être en mesure à faire face à cette nouvelle expérience sur une table chirurgicale, mais crois-moi le mental est bien disposé. Et je crois que tout se passera bien au nom de Dieu.

NB : si vous connaissez certains médicaments anti-chéloïdes, n’hésitent même pas à m’en informer, si cela vous plait.

Osman Jérôme