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Récit d’une grossesse précoce annoncée

Crédit ©Paola Grau-l’Autre Haïti
Crédit ©Paola Grau-l’Autre Haïti

Derrière chaque récit recèle un message, dont le sens est parfois difficile à saisir. Certaines histoires sont faites pour être racontées. Non parce qu’elles sont séduisantes. Mais juste pour servir de témoignage. Ainsi, l’anecdote qui suit n’est pas du genre de billet que vous allez siroter avec grand élan de joie et d’humour. Au contraire. Malgré tout, je tiens tout de même à en parler. Car les pierres ne le feront jamais à ma place.

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Des veillées de prière, pas trop spirituelles

J’imagine déjà que les avis peuvent se partager, quant au titre de ce billet qui, peut paraître un peu provocateur pour certains, et très humoristique pour d’autres. S’il en est ainsi vraiment, je dois m’en réjouir, puisque, en produisant ce texte j’ai nullement l’intention de plaire à un groupe et d’insulter à un autre.

À l’instar de certaines activités mondaines, jugées dévergondées par leur contenu, des « veillées de nuit » et « services de prière nocturne » ne jouissent pas d’une bonne réputation à Saint-Marc, voire en Haïti. Certaines sont souvent étiquetées de désordre organisé. Les mauvaises langues parlent même des rendez-vous entre amoureux. C’est  sans nul doute la raison pour laquelle certains parents y interdisent  l’accès à leurs jeunes filles.

Il y a de ces scènes, dont il fallait être témoins pour mieux en comprendre les faits. Certaines histoires méritent d’être vécues, non être tout le temps racontées. Surtout qu’ici on a une spécialité dans l’art de faire courir les rumeurs.

En effet, c’est en participant à une veillée de prière que l’opportunité m’a été donnée de confirmer cette information, déjà très répandue sur la ville. Josaphat Petit-homme, un bon ami à moi m’a demandé de participer avec lui dans une habituelle veillée de prière qui se tenait à son Eglise. Je me garde le droit de ne pas dire quelle Eglise, mais c’est un temple très connu, très fréquenté d’ailleurs tous les dimanches par les jeunes.

Après maintes réflexions, j’ai accepté l’invitation, sous prétexte de ne pas décevoir à cet ami, long temps plus âgé que moi. Et d’ailleurs, pourquoi ne pas y aller, c’est l’Eglise, et j’ai déjà pris part à plusieurs activités similaires. Tout compte fait, on se rend au programme qui débute à 9h PM et se termine à 5h AM.

A l’église…

Des mots de bienvenue d’une jolie sœur qui, par sa tenue horripilante a fait beaucoup plus d’impact sur l’assemblée, que par sa voix captivante. Elle portait un corsage, ayant laissé facilement deviner la forme modérée de sa poitrine ensorcelante. Une jupe, qui a épousé avec agressivité les courbes généreuses de ses fesses. Oh…, mon Dieu, une autre de plus pour nous induire à la tentation !

Un chant, une prière d’ouverture et tout a bien démarré sous les cris assourdissants et incessants des « alléluias« , « Bénit soit l’Eternel, « Gloire à Dieu« …Au tant que les minutes s’égrènent, l’ambiance augmente en intensité et les frères et sœurs ne se font pas prier pour se donner corps, cœur et âme dans cette pure et folle ambiance, concoctée de chants de louanges sous une orchestration magistrale de certains jeunes musiciens de l’Eglise. Habitué, mon ami ne restait pas indifférent. Il bougeait à tue-têteau rythme de l’animation. Moi j’étais plutôt observateur. Et mon indifférence était tellement évidente ,qu’une sœur m’a touché à l’épaule droite, en me m’invitant à rentrer dans l’ambiance. Des chants, des prières, des méditations, des témoignages, oh…on ressent une parfaite communion entre le peuple et le ciel.

Et ma surprise…

Il était déjà minuit, quand j’ai demandé à mon ami, membre permanent de la dite Eglise de m’indiquer vers les toilettes en vue de décharger ma vessie, presque trop pleine. « Tu prends le couloir, et au fond tu tournes à gauche« , m’a-t-il bien expliqué. Et c’est en prenant ce vaste long couloir qui mène aux toilettes, que j’allais tomber sur un autre spectacle, pas trop spirituel, à moins que selon mon avis, dont prennent part certains jeunes du temple. Dans cet espace, faiblement éclairé, des jeunes couples s’entre-brassent, s’entre-lassent langoureusement. Et cela, sans le moindre souci d’être surpris, encore moins  de respect pour le  grand Architecte de l’univers, lui qui voit tout.

Pendant qu’à l’intérieur, certains cherchent à combler leurs besoins spirituels, tandis qu’au couloir, d’autres s’empressent parallèlement à combler leurs besoins corporels. Suffoqué d’étonnement, j’ai failli même faire pipi sur moi.

5h du mat’, fin de cérémonie. Tout le monde repart bénit, spirituellement ou corporellement. A mercredi prochain sœur Natacha, frère Pierre. Le rendez-vous est à la même heure, au même endroit. A l’intérieur ou dans le couloir ? Qui sait !

Osman Jérôme