Haïti : telle société, telle jeunesse (Suite et fin)

Le parlement Jeunesse d'Haïti. Crédit photo : http://espacinsular.org

Le parlement Jeunesse d’Haïti. Crédit photo : http://espacinsular.org

Une jeunesse éduquée, formée, encadrée, est comme une valeur suprême de toute société progressiste. Car elle assure non seulement la construction démocratique et participative de la société, mais aussi sa productivité et son bien-être collectif.

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Lettre à une Haïtienne qui veut étudier en République Dominicaine

 

Crédit image : http://www.lasourisblanche.com/Images/enveloppe.jpg

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Chère Pauline,

Je sais que la température de ta patience a grandement chuté. Cette lettre arrive avec un peu de retard. Ce n’était pas voulu en tout cas. Je me suis donné plutôt de la peine de trouver toutes les informations nécessaires relatives à tes démarches.

En effet, lors de mon récent séjour en Haïti, comme beaucoup d’autres amis, tu m’as parlé de ton ambition d’abandonner le pays pour aller étudier quelque part. Après l’échec de ton projet pour le Brésil, tu tournes vers la République Dominicaine. Bon, vu que tu as déjà échoué à deux reprises aux concours de la Faculté de Médecine de l’Université d’État d’Haïti (UEH), dont la capacité d’accueil est loin, très loin de répondre à la demande, je pense que ce n’est pas du tout mal comme perspective.  Voir que certains racontars feraient croire que, les universités privées dominicaines payent moins chères que celles d’Haïti.

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A quoi servent les études en Haïti?

Via hpnhaiti

Via hpnhaiti

De près ou de loin, Haïti est à des années de lumière d’être une société constituée. Un Etat où les dirigeants ont des projets concrets pour alphabétiser la population, former des jeunes professionnels. Cependant, malgré cet état de fait, tous les parents haïtiens responsables (riches ou pauvres, noirs ou mulâtres), rêvent tous d’une bonne éducation pour leurs enfants. Et ce, par peu importe le moyen. Car ils sont tous convaincus que, la réussite de leurs progénitures ne passent nulle part ailleurs, sinon que sur les bancs de l’école et les sièges de l’université. 

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Le prix d’être étudiant haïtien en République Dominicaine !

UASD de Puerto Plata-Crédit photo : Osman Jérôme

UASD de Puerto Plata-Crédit photo : Osman Jérôme

République d’Haïti, République Dominicaine. Deux pays. Un bout de terre séparé par des frontières, mais deux situations socio-économiques différentes. Les deux nations doivent leur passé historique à la féroce colonisation des européens (français et espagnols). Bien que partagés l’Ile Hispaniola à deux, pourtant les relations ne sont pas toujours très bonnes entre Port-au-Prince et Saint-Domingue. Il y a toujours des contentieux qui créent des troubles entre les deux peuples.

Ils ont pris officiellement leur indépendance nationale le 27 février 1844 entre les mains des Haïtiens. Ces derniers qui les ont dirigés pendant une vingtaine d’années sous la longue présidence de Jean-Pierre Boyer. Depuis, autant que je le sache et que je l’apprenne, les Dominicains ne voient jamais leurs voisins haïtiens de bon œil. Particulièrement ceux qui, par la force des choses se sont obligés à installer chez eux.

Le flux migratoire des étudiants haïtiens ne cesse de s’accroître. Et le nombre est de jour en jour imposant. La crise socio-économique qui persiste et la faillite du système éducatif haïtien sont entre autres certaines causes de cette migration massive de ces jeunes haïtiens sur le sol dominicain.

Aujourd’hui, ils sont plusieurs milliers d’étudiants haïtiens  à être éparpillés dans plusieurs Universités et centres de formation supérieure à travers tout le territoire dominicain. UTESA, UASD, PUCMM, UFHEC, APEC, INFOTEP, O & M sont les écoles et universités les plus fréquentées par ces jeunes immigrants, venant pour la plupart des grandes villes haïtiennes dont Port-au-Prince, Cap-Haitien, Gonaïves, Saint-Marc, Jacmel, les Cayes, Port-de-Paix…

Ils rêvent de faire carrière en Médecine,  Agronomie, Psychologie, Génie civil, Génie industriel, Gestion des Affaires, etc.…Ces futurs professionnels sont très souvent livrés à eux-mêmes sur cette terre étrangère où la représentation diplomatique haïtienne est presque fantomatique. Sinon qu’on a des représentants qui s’expriment quand des Haïtiens sont lynchés ou tués par des Dominicains. Et dans ces cas, c’est toujours le même refrain ; on déplore ce qui est passé, que le gouvernement dominicain prenne ses responsabilités.

Le prix à payer !

Discrimination, humiliation, haine, abus…le quotidien de certains étudiants haïtiens en République Dominicaine est un véritable cauchemar. Etre étudiant haïtien en RD exige une forte maîtrise de soi, une fouge inébranlable, un courage de fer.

Etre étudiant haïtien en RD, c’est être victime de la méchanceté, de l’ignorance et de la barbarie de certains policiers dominicains qui ne se font pas prier pour vous traiter avec tant d’humiliation.

Etre étudiant haïtien en RD, c’est accepter de vous asseoir chaque jour aux côtés du Dominicain qui vous prend très souvent comme son inférieur. Le Dominicain qui vous balance méchamment certains propos racistes qui transpercent votre cœur d’haïtien comme une épée tranchante.

Etre étudiant haïtien en RD, c’est accepter d’être tout le temps ironisé par le Dominicain quand vous ne maîtrisez pas trop bien certains mots espagnols.

Et enfin, le dernier scandale, la dernière connerie révoltante, est-ce que, dorénavant être étudiant haïtien en RD c’est accepter  de rentrer tous les mois en Haïti sous peine de ne pas être rançonné par les agents de l’Immigration dominicaine. On a pas le droit passer plus qu’un mois sur le sol dominicain sans rentrer en Haiti. Sinon, on sera pénalisé. De 1 à 3 mois on paie 800 pesos. Tant que le séjour s’allonge, le montant que  à verser à la frontière quand on rentre en Haïti sera multiplié.

Récemment, le passeport de mademoiselle Mimose Paulmé, étudiante en Médecine à Universidad Tecnológica de Santiago (UTESA) a été confisqué à la frontière de Jimani. Elle a dû payer 5000 pesos dominicains avant de retrouver son document de voyage, pour avoir passé un an et quelques mois sans rentrer en Haïti.

Personnellement, quelques jours de cela, j’ai été victime de cette mesure discriminatoire. En allant en Haïti, j’ai été obligé à payer 800 pesos dominicains à la frontière de Dajabón pour ne pas partir sans mon passeport.

˝C’est un abus, c’est inacceptable˝, ont amèrement lâché plusieurs étudiants interrogés sur ces dernières mesures mises en vigueur par l’Immigration dominicaine, visant à les indemniser. Pour eux, ce n’est que de l’absurdité.

Rappelons qu’une session d’Université dure au moins 4 mois en République Dominicaine. Absurdité, vol, humiliation ? Les autorités haïtiennes restent toujours muettes dans cette affaire scandaleuse.

Voilà en gros, en quoi se résume la vie d’un étudiant haïtien RD, même si dans quelques cas isolés, certains profs et étudiants dominicains se font de bons amis de quelques étudiants haïtiens.

Retrouvez ce billet sur: www.haitipublicnews.com

Osman Jérôme