Archives du mot-clé Bande FM.

Quand la bande FM est saturée à Saint-Marc

Image: .igeneration.fr

Nous sommes à une époque où tout est campé sur les Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication, les TICs pour les plus branchés. Un monde où les gens restent toujours sur la soif de se communiquer, de se former et de s’informer. En fait, s’informer devient tout bonnement une seconde nature pour l’Homme constitué. Internet, radiodiffusion, télédiffusion, magazines, journaux, etc. Les moyens ne manquent surtout pas.

Malgré certains retards accumulés par rapport à ce qui fait dans les grandes sociétés, la communication via les médias de masse connaît depuis quelque temps des progrès considérables en Haïti. En dépit de certaines lacunes très à l’haïtienne, certaines de nos grandes chaines médiatiques gardent un niveau très professionnel.

En Haïti, la lecture des journaux imprimés n’est pas trop populaire  comme le phénomène «zokiki» l’est aujourd’hui, à moins que ce soit l’affaire d’une minorité «zwit».

Donc, il est évident que la radio comme médium d’information, de formation et de distraction soit très prisée. A défaut de ne pas pouvoir ou de ne pas vouloir se procurer d’un numéro de Le Nouvelliste ou de Le Matin (les deux principaux quotidiens du pays). Pour s’informer de l’actualité, estimer la température sociopolitique du pays et celle du monde entier, , les gens ont le plus souvent recours à leur récepteur radiophonique. En ville ou à la campagne, presque tout le monde aime être à l’écoute de la radio pour s’informer des derniers «zen».

Surtout que certains Haïtiens ont toujours tendance à faire foi évangélique à ce qui est dit à la radio qu’ailleurs. « C’est à la radio oui, que j’ai entendu cette info ». Comme quoi, tout ce qui est dit à la radio est biblique. Ce qui n’est jamais le cas, en tout cas.

Saint-Marc, c’est la deuxième ville du département de l’Artibonite. Certaines informations feraient croire que c’est la première ville de province haïtienne en matière de radiotélédiffusion. Si cette flatteuse approche reste à prouver par des investigations objectives, la Cité de Nissage Saget peut-être fière d’avoir produit plusieurs voix, très appréciées dans le paysage médiatique en Haiti. Je me garde le droit de ne pas citer des noms qui me viennent à l’esprit pour ne pas susciter de la jalousie.

Pour une population estimée en 2009 à 242 485 habitants, la ville compte environ une quarantaine de fréquences radiophoniques dont certaines sont plus écoutées que les autres.

Si par hasard un jour, vous serez de passage sur  la ville, je vous laisse cette liste de fréquences, qui vous permettra d’identifier plus facilement la radio dont vous êtes à l’écoute : Radios : Shékina 92.7, Jérusalem 91.7, Apocalypse 91.1, Notre-Dame, Réalité 105.3, News 94.3, Caravelle 102.1, Gémini 101.3, Delta 105.7, Tête à Tête 102.9, Atlantic 97.1, Dynamic 93.7, LJS 100.5, RCH 96.7, Max 104.5, Option Plus 94.7, Mise Star 97.5, Mégalaxy 106.9, Triomphe 92.1, Lakay 99.3, Milenium3 99.9, Dynastie 107.7, Sensation 89.7, l’Union 97.9, Zénith 102.7, Saint-Marc 104.9, Alpha 106.1, Continental 107.3, Amazone 98.5, Vérité 97.1, Evolution Inter, Voix du Salut 102.3, Mélomane, Sisco 88.1, Régional 106.7, Compétence 2000 90.3, Vision 95.5, Dolgui P International 103.3, Sonic 96.3, Freedom 90.7, Carida fm 88.5

A l’antenne !

Parler de ce qu’on écoute et de ce qui est diffusé sur les ondes de la majorité de ces radios (si je me permets d’utiliser le concept), renvoie tout bonnement à la grivoiserie complète. De l’expression la plus obscène à la musique la plus vile, nos opérateurs et nos animateurs ne nous épargnent de rien. C’est la médiocrité mise à l’antenne. Et croyez-moi bien si vous voulez, le contraire serait étonnant, car le concept radio dont je vous parle ici ne se définit bien souvent qu’à une chambrette mal aérée, une console, un ou plusieurs microphones. Point final.

Et bien souvent, à l’exception d’une dizaine (si je ne fais pas trop de pitié), ce sont des émetteurs qui sont allumés au gré de leur propriétaire et suivant la distribution du courant sur la ville. Donc, aucune programmation, aucune norme, aucune structure. Tout se fait dans l’amateurisme le plus avilissant.

Par ailleurs, combien de ces stations de radio sont reconnues par le CONATEL (Conseil National des Télécommunications)?, étant l’instance de l’Etat, responsable d’attribuer des fréquences selon des normes. Si cette interrogation demeure pendante, cependant légale ou illégale, chacune de ces boites à musiques ont leurs auditeurs.

En effet, en dépit de beaucoup d’efforts consentis par certains patrons de ces radios, qui se sacrifient pour garder le niveau, mais on dirait que la force de la médiocrité des autres est beaucoup plus puissante. Donc, on ne peut pas s’empêcher d’être inquiet quant au demain de la radiodiffusion  à Saint-Marc.

D’ailleurs, pendant qu’on assiste à cette bousculade de fréquences sur la FM (fréquence modulée), d’autres noms sont annoncés dans les coulisses: Explosion FM, Romance FM, Kolezepòl, Magnum FM etc…

Souhaitons de tout cœur que ce ne sera pas pour aggraver cette plaie déjà trop béante, mais améliorer cette situation, qui dure trop. Car la radio peut-être toujours bénéfique pour la population, autant qu’elle reste fidèle à sa mission d’informer, de former et distraire, sinon elle risque de déformer la pensée des individus quand on lui attribue autres définitions.

Osman Jérôme