Sept vérités sur les Haïtiens en République dominicaine

26 avril 2017

Sept vérités sur les Haïtiens en République dominicaine

Des Haïtiens en République dominicaine © Osman
Des Haïtiens en République dominicaine © Osman

Malgré des rapports politiques et diplomatiques, semant parfois des doutes quant à une bonne harmonie sociale entre les deux peuples, la République dominicaine reste néanmoins une destination privilégiée pour bon nombres d’Haïtiens, en quête d’un mieux être à leur quotidien, trop longtemps livrés à la précarité d’une société, n’offrant pas assez d’opportunités à ses citoyens.

Par conséquent, en dépit de toutes les mauvaises nouvelles qui courent sur les conditions de vie des Haïtiens en République dominicaine, dont les sans-papiers notamment, le nombre d’arrivés ne diminue pas pour autant. Au contraire. Alors, du simple citoyen qui part à la recherche d’un certain équilibre économique, en passant par les étudiants soucieux d’une formation académique de qualité, jusqu’aux professionnels qui s’y établissent pour gagner leur vie, l’Haïtien de la terre voisine est identifiable par certaines étiquettes, qui sont quand même loin d’être de simples stéréotypes. Petit classement :

1-Conditions migratoires irrégulières 

Tous les moyens sont bons pour atteindre la République dominicaine ; la terre promise pour certains. En effet, en dehors du processus légal qui exige un passeport valide muni d’un visa dominicain, des milliers d’immigrants haïtiens ont emprunté la voie illégale pour traverser les frontières dominicaines. Certains ont même passé des jours dans les bois, exposés leur vie à des animaux sauvages, et à la brutalité des soldats dominicains pour atteindre leur rêve ; celui de résider en territoire voisin.

2-Une bonne force de travail 

La destination une fois atteinte, les Haïtiens qui sont venus évidemment pour travailler se débarrassent de toute complexité. Sur les chantiers des constructions, sur le volant des taxis ou des véhicules du transport en commun, dans la rue avec des brouettes, devant leurs tables dans les marchés publics, dans les salles climatisées des entreprises et des complexes touristiques, […], les Haïtiens s’adonnent presqu’à toutes les activités. Pourvu qu’ils puissent répondre à leurs besoins, et à ceux de leurs familles en Haïti qui, souvent ne dépendent de ce qu’ils font ici.

D’ailleurs, contrairement à certains fils de la terre d’accueil, parfois reprochés d’une certaine paresse remarquable, l’Haïtien est plutôt connu ici comme un rude travailleur, une espèce humaine dont la force pour le travail ne s’épuise jamais. Quand il est question de gagner quelques pesos dominicains, l’immigrant haïtien ne ménage point ses énergies. Et ceci, peu importe les conditions météorologiques, peu importe les conditions de travail ; l’essentiel pour beaucoup est de pouvoir gagner quelque chose, dont le pain quotidien notamment.

3-D’excellents étudiants 

Ici, la croyance populaire porte à croire que le système éducatif haïtien est supérieur à celui de la République dominicaine. Loin de m’extasier de cette comparaison plutôt flatteuse, je peux tout de même vous confirmer que l’étudiant haïtien a la réputation de l’excellence au niveau des universités dominicaines. Les mentions honorifiques avec lesquelles ils décrochent leurs licences et leurs diplômes peuvent donc en témoigner.

4-Ressembler aux Dominicains 

Au regard des relations sociales pas toujours harmonieuses entre les deux peuples, certains Haïtiens en République dominicaine se voient parfois obliger de se faire passer pour des Dominicains, par peur de ne pas être victimes de certains jugements racistes, dont le célèbre « Maldito haitiano ». Ainsi, tu rencontres d’une part des Haïtiennes qui se livrent à des pratiques dangereuses de dépigmentation, porter des mèches dites 100 % 100 humaines, ne vouloir plus s’exprimer en créole […], rien que pour se faire prendre pour des Dominicaines.

D’autre part, tu peux rencontrer des jeunes Haïtiens, utilisant des produits capillaires pour donner une texture beaucoup plus lisse à leurs cheveux. Ils cherchent  à se faire ressembler aux Dominicains. Une apparente crise d’identité qui affecte notamment le niveau d’estime de soi de ceux qui se donnent à ces pratiques.

5-Des mauvais locataires 

Partager le même bâtiment que certains immigrants Haïtiens peut devenir parfois un véritable enfer sur terre. L’impolitesse, l’irrespect […], tout un package de manque d’éducation,  nuisible à la bonne connivence sociale. Des colocataires haïtiens sont plutôt taxés de faiseurs de scandale, nuisant parfois à la tranquillité de tout un immeuble. Et croyez-moi, je sais de quoi je vous parle hein.

6-Jouer au football sur des terrains de base-ball 

Contrairement en Haïti où le football est censé une religion, ici en République dominicaine, le sport roi est plutôt le base-ball. Par conséquent, des terrains pour la pratique de cette discipline sportive est partout. Peu d’espaces pour le ballon rond. Ainsi, pour satisfaire leur désir de jouer au football, les Haïtiens n’hésitent point à faire usage des terrains de base-ball. À Puerto Plata par exemple, ils y organisent même des tournois et des matches amicaux entre des communautés haïtiennes éparpillées un peu partout dans la région.

7-Entretenir des relations conjugales avec des Dominicaines et Dominicains

 L’amour n’est pas raciste. D’ailleurs, il n’a point de race. En tout cas, si les dirigeants des deux pays voisins ne peuvent pas toujours s’entendre sur certaines questions politiques et diplomatiques, sur le terrain de l’amour, Haïtiens et Dominicains s’accordent à partager leurs vies amoureuses, sans se soucier parfois de ce qui se passe sur les frontières. Une Haïtienne dans les bras d’un Dominicain, une Dominicaine dans les bras d’un Haïtien […], une image qui devrait inspirer une relation cordiale entre Port-au-Prince et Saint-Domingue.

Vous vivez en République dominicaine ? Savez-vous quelque chose sur les Haïtiens en République ? Laissez-les dans un commentaire.

Osman Jérôme

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