Les sept péchés capitaux de l’électeur haïtien

Campagne électorale en Haïti- (c) Osman Jérôme
Campagne électorale en Haïti- (c) Osman Jérôme

Sauf inconvénients de dernières minutes, le premier tour des élections législatives aura lieu ce dimanche 9 août en Haïti. Entre-temps, à quelques heures du scrutin, on observe une sorte de passivité chez certains potentiels électeurs, toujours indécis quant à la question de savoir s’ils se rendront aux urnes, remplissant leur devoir civique.

En effet, par tradition ou par ignorance, certains Haïtiens en âge de voter n’ont pas la culture d’accomplir leur devoir civique, remplissant un bulletin de vote en faveur d’un candidat. Toutefois, peu importe les résultats des élections, il faut donc s’attendre qu’ils soient les premiers à se plaindre du choix de ceux qui ont voté.

Voyons rapidement, les sept maux, dont souffriraient certains citoyens haïtiens en âge de voter :

  • Analphabète

Les analphabètes, disait un ami-professeur, représentent un handicap majeur pour le bon déroulement du processus électoral en Haïti. Pour cet ancien professeur de philosophie, aujourd’hui candidat à la députation, quelqu’un qui ne sait ni lire ni écrire, comprendra peu l’importance d’un bulletin de vote, encore moins sa participation citoyenne aux élections, dans un pays qui se cherche encore et toujours sur la carte de la démocratie. Avait-il raison ?

  • Amnésique

 L’Haïtien a la mémoire courte, surtout quand il s’agit de la politique. Et aujourd’hui, à la limite de l’inquiétude, c’est une amnésie collective qui s’empare désormais de la République. Ainsi, cette société bafouée qui cherche encore un mieux-être dans son quotidien se voit souvent obligée de refaire confiance à des hommes politiques ayant déjà manqué à leurs missions dans le passé.

  • Sentimental

Plus on est sentimental, moins on est rationnel, dit-on. En effet, voilà de quoi souffre une bonne partie de l’électorat haïtien, visiblement anémié d’objectivité. Car même en 2015, vous rencontrez des Haïtiens dits « intellectuels », qui ne votent point par raison, mais plutôt par attachement affectif à un candidat ou une à plateforme politique.

  • Spectateur

Perdant le sens du devoir civique, l’Haïtien de ma génération aime plutôt laisser les autres décider à sa place. Ici, au pays des crises, on adore le spectacle. Et c’est beaucoup mieux d’en jouir quand vous êtes spectateurs. Ainsi, depuis quelques années, rares sont les citoyens haïtiens qui assument leur rôle d’acteur dans le processus électoral avec leurs bulletins de vote. Quelle irresponsabilité !

  • Nécessiteux

En Haïti, le bulletin de vote a son prix. Peut-être que je vous en parlerai plus longuement dans une prochaine publication. En attendant, sachez que dans certains cas, l’électeur haïtien, en proie à toutes sortes de problèmes socio-économiques, ne vote plus par conscience patriotique, mais en échange de quelque chose, dont notamment le fameux billet 1000 GHT, affectueusement appelé « Hyppolite » ou « Shalom ».

  • Indécis

À quelques heures du déroulement des votes, nombreux sont les électeurs qui l’avouent clairement ; ils ne savent toujours pas pour qui voter. Les échanges sur les réseaux sociaux et les discussions amicales en disent long. Le problème est que, les candidats, pour la grande majorité ne sont pas dignes de confiance. Et dans ces instants d’incertitude, c’est toujours le pays qui paiera les conséquences.

  • Manipulable

Analphabète, amnésique, sentimental, passif, nécessiteux, indécis, toutes les conditions sont censées réunies pour que l’électeur haïtien soit un petit jeu politique, au profit des candidats avides des bienfaits du pouvoir. Le citoyen haïtien devient trop manipulable.

En effet, souvent entachées d’irrégularités, les élections en Haïti laissent peu de bons souvenirs dans la mémoire des observateurs, dont les électeurs en particulier. Néanmoins, comme ceci n’empêche pas cela, ce n’est pas une justification pour que cela persiste. Par conséquent, désormais, à l’électeur haïtien d’assumer pleinement sa responsabilité citoyenne ; allant aux urnes, accomplissant son devoir civique, surtout avec objectivité.

Osman Jérôme

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Osman
Licencié en Psychologie, diplômé en communication sociale. Passionné des médias, durant plusieurs années, j’ai collaboré avec plusieurs radios et télévisions en Haïti. Amoureux des lettres, je fais du blogging tout d'abord par passion à l’écriture.

2 réflexions au sujet de « Les sept péchés capitaux de l’électeur haïtien »

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