Embargo électrique

Ligne électrique (C) pixabay.com
Ligne électrique (C) pixabay.com

Sans trop grand risque de se tromper, BlackBerry et Black-out seraient les deux Blacks les plus populaires actuellement en Haïti. S’il vous plait, ne me demandez pas lequel le plus apprécié des deux ? En effet, pour le meilleur et/ou pour le pire, ces deux blacks s’installent confortablement dans les intimes salons d’une bonne tranche de la famille haïtienne.

Dans ce nouveau billet, on ne va pas revenir sur le phénomène BBM. On s’attardera plutôt sur ce rationnement d’énergie électrique, trop courant en Haïti. Situation qui, semblerait-il n’est pas sur le point d’être améliorée. Et ce, en dépit de diverses promesses de l’actuel gouvernement.

En Haïti, comme dans tous les pays du monde, il y a une instance qui s’occupe de la gestion et de la distribution de l’énergie électrique. Ici, elle porte le nom de l’EDH, définit comme Électricité d’Haïti. Cependant, ironiquement, l’institution se fait changer de nom par la population qui la qualifie de BD’H (Black-out d’Haïti). Donc, comprenez bien que, cette boite publique, comme beaucoup d’autres d’ailleurs, a failli à sa mission.

En ville comme à la campagne, à Port-au-Prince comme en provinces, la popularité du phénomène black-out  n’a rien à envier au tube planétaire Gangnam Style. L’Electricité d’Haïti (EDH) ne répond vraiment pas à ses tâches. Et quand, entre l’EDH et les membres de la population, le courant ne passe pas, ça donne tout bonnement des manifs. Parfois de haute tension, suivant l’intensité des mécontentements.

A l’instar d’une bonne partie du territoire national, la ville de Saint-Marc n’est pas exempte de cette pénible situation. Certains quartiers de la ville restent parfois une semaine sans qu’une ampoule électrique soit allumée dans la maison des abonnés de l’ED’H. Ces derniers qui, malgré cet état de fait, doivent continuer à payer pour ce service, auquel ils bénéficient pas.

La situation est critique. La sortie de l’impasse parait un défi de grande taille. En effet, pour vivre dans cet embargo électrique, la population, selon le niveau économique des gens, court à d’autres moyens : groupe électrogène, panneaux solaires pour les plus capables. Lampes à kérosène, bougies pour les plus faibles. L’Haïtien aime vivre. Mais dans la lumière.

Électricité 24/24, tel a été le miracle promis récemment par l’actuelle équipe gouvernementale. Comme si le peuple n’en a pas assez de ces promesses. Heureusement que la population commence par avoir les yeux ouverts. Donc, ne se laisse plus duper par des paroles tafia des responsables-irresponsables.

Au fait, loin de demander à ED’H de se rappeler de son devoir, mais je pense que, le problème de l’énergie électrique est trop courant en Haïti.

Osman Jérôme 

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Osman
Licencié en Psychologie, diplômé en communication sociale. Passionné des médias, durant plusieurs années, j’ai collaboré avec plusieurs radios et télévisions en Haïti. Amoureux des lettres, je fais du blogging tout d'abord par passion à l’écriture. Il est aussi important de signaler que je suis un photographe "amateur" qui veux tout immortaliser sur mon passage.
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10 réflexions au sujet de « Embargo électrique »

  1. Encore un billet fort intéressant de ta part. J’ai noté que beaucoup d’îles caribéennes se débattent avec ce problème d’alimentation en électricité, certaines ayant trouvé des solutions (géothermie, éoliennes, etc.) , d’autres en cherchent encore, malheureusement.

  2. Billet est fort! Je pense que la Guinée et le Haiti partagent malheureusement ce problème d’électricité. J’ai appris ici: « Tafia ». Mais ça me fait rire puisque dans ma langue maternelle, ça veut dire éventail.

  3. Eh Osman, chez toi elle s’appelle EDH alors qu’en réalité c’est ODH. En Guinée, tout le monde connait son nom : EDG (Electricité De Guinée ou Ennemi De Guinée?), on sait pas trop. Sinon qu’on a accès à l’électricité que 4 à 7 heures par jour. Ton billet me rappelle de celui-ci http://cireass.mondoblog.org/?p=85 que j’ai publié l’année dernière.

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